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Le serpent qui mange sa propre queue

Article mis en ligne le 20 mars 2008 à 14:00
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Le serpent qui mange sa propre queue
Péages, PPP et utilisateur-payeur, voilà trois concepts avec lesquels je suis confronté depuis des années, sans me conformer!
Tous les trois peuvent être autonomes, mais dans le cadre actuel qui nous occupe, cette association est vraiment le pire choix de société qui nous est proposé.

Ses adeptes sont surtout ceux qui prévoient tirer de substantiels des profits annoncés, et du contrat à accorder par notre gouvernement durant les 20, 30 ou 40 années à venir.

Les autres, (supposément 59% des sondés), sont certainement ceux qui ne possèdent ou n’utilisent pas l’auto d’une façon régulière ou ont une image «floue et sans légende» sur l’information et d’exemples venant d’ailleurs sur le sujet.

Tarifer les 15 ponts de l’Île de Montréal, ce n’est pas atteindre seulement les banlieusards. C’est aussi emprisonner les Montréalais !

Même notre Maire Tremblay, dans son simplisme primaire est très emballé par cette perspective, trouvant ainsi la solution finale à l’engorgement de sa ville.

Or, Montréal ne peut rivaliser d’aucune façon avec Londres, Paris, N.Y. et bien d’autres, où le pôle central est resté important et indispensable.

Il n’y a pas trop de personnes se déversant dans la ville. Ce qu’il y a, c’est un monstrueux manque d’infrastructures convenables et de transports en commun, (qui datent d’une autre époque, avec des prix de demain) pour encourager et accommoder tous ces arrivants, soulageant ainsi la cohue existante.

C’est cela et le manque des voies de contournement de Montréal, ainsi que les différentes mesures créées à travers des années, avec des buts purement conçus pour enfler leurs coffres (tarifs des transports démesurés, stationnements et parcomètres de plus en plus payants dans les parcs et en ville le soir et le dimanche), qui constituent le vrai problème de l’entrée massive des véhicules à certains moments et la désertification à d’autres.

La notion de péage, sur routes, ponts ou viaducs, si exploitée directement par l’État, et si non abusive pourrait être défendable s’il y a une route parallèle gratuite alternative et ce, malgré son caractère inéquitable pour les moins fortunés. Il s'agirait d'une espèce de coopération entre citoyens et gouvernement, destinée à participer à son financement.

Le péage en soit, exige un surplus d’investissements, d’équipements et installations, salaires des différents préposés, administration et surveillance supplémentaires et un plus important service d’entretien, etc.

Ceci veut dire que sur 1 $ payé à la guérite ou au senseur électronique, au bout du compte, il ne restera que quelques misérables sous en solde positif. En résumé on peut dire que c'est le serpent qui mange sa propre queue.

Le problème s’aggrave cependant de manière exponentielle, quand on a recours aux politiques PPP.

Les entreprises privées n’accepteront que s’il y a un bon profit à faire, suffisant pour intéresser leurs investisseurs à long terme.

De là, la prévisible et certaine augmentation des prix d’utilisation sans commune mesure, que le gouvernement tentera de compenser peut-être, en payant, soit certaines installations et en offrant pour une longue période de temps, toute l’exploitation. Ce ne sera plus 1 $ que l'on déboursera à la guérite, mais bien le double, le triple ou même plus.

La notion d'utilisateur-payeur n’est qu’une «utopie», généralement utilisée lors de certaines occasions propices qui surviennent lorsqu’on a manqué à ses obligations.

Dans le cas présent qui nous occupe, depuis une quarantaine d’années, les milliards de dollars payés par les utilisateurs de véhicules de toute nature, en toute sorte de taxes et impositions, ont été détournés à d’autres fins, qu’à ceux qu’ils devraient être octroyés. De là le piteux état dont nous avons hérité.

L’utopie est située sur le principe lui-même. On est tous des utilisateurs de millions de choses les plus diverses, disponibles à tous gratuitement. C’est sur cela qu’est basé le principe d’une société. Qu’arriverait-il si à chaque fois que chacun de nous prenait une rue, un trottoir, un banc de jardin, un panorama, traversait une municipalité, un village, fréquentait un centre commercial sans acheter, une bibliothèque et mille et autres situations analogues, devait verser sa redevance ?

Elle est malheureusement déjà parmi nous, souvent de la façon la plus odieuse! On n’a qu’à penser à la situation d’un dialysé, obligé de débourser quotidiennement les 8 à 12$ de frais de stationnement d’un hôpital, pour pouvoir faire une de ses 104 visites obligatoires annuelles! Voilà un bel exemple d’utilisateur-payeur.

Bien vite, les impôts et taxes ainsi que l’État en soit, seraient grandement mis en doute.

Pourquoi alors telle ou telle route serait à péage et les autres qui ont aussi ses utilisateurs, ne le seraient pas? Est-ce cela que depuis déjà quelques années, on appelle (pour la Santé), une société à deux vitesses? Une pour les riches et l’autre pour les humains-urbains.

Raul de Almeida

Pierrefonds

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