Guy Carbonneau espère pouvoir mener les Canadiens de Montréal jusqu’au bout des éliminatoires.
(Photo: Martin Alarie)
Carbonneau est en mission
L’entraîneur du CH voit grand
L’entraîneur du Canadien de Montréal et résidant de l’Ouest-de-l’Île, Guy Carbonneau vit des émotions fortes ces temps-ci, et c’est le moins que l’on puisse dire.
L’année dernière, à sa toute première saison comme entraîneur-chef dans la Ligue nationale de hockey, Carbonneau n’avait pu mener le Tricolore dans les séries éliminatoires.
Cette année, la donne a complètement changé. Carbonneau a été le grand architecte d’une saison régulière extraordinaire qui s’est soldé par une fiche de 47-25-10 et un premier rang dans l’Association de l’Est, une première depuis la saison 1991-92.
De plus, l’organisation montréalaise détient la meilleure attaque de tout le circuit Bettman. Si la saison a été exceptionnelle à plusieurs égards et qu’elle permettra fort probablement à Guy Carbonneau d’être candidat pour l’obtention du trophée Jack Adams, remis au meilleur entraîneur de la ligue, elle ne fait que commencer pour le principal intéressé.
Au moment d’écrire ces lignes, Carbo et ses hommes menaient leur série quart-de-finale 3 à 2 contre les Bruins de Boston. Jeudi soir au Centre Bell, les Canadiens n’ont pas réussi à éliminer les Bostonnais (cuisante défaite de 5-1), mais ils pourront le faire dès samedi, ou encore mardi.
Grand objectif
Avant même que les séries s’entament, on pouvait voir que Carbonneau était en mission. Rappelons que lors de la dernière coupe Stanley du Canadien, l’ancien numéro 21 était le capitaine de la formation.
«Je n'ai pas l'intention de perdre. Je me prépare à disputer 28 matchs. À livrer quatre séries de sept parties. Il faut être capable de gagner ces parties serrées. Plus on avance dans les séries et plus il y aura ce genre de matchs âprement disputés. On a fait un bout de chemin, mais il reste un bon bout encore à faire.»
Même si le Canadien devait perdre avant de se rendre à la finale, on pourra dire mission accomplie pour Carbonneau, qui ne cesse de surprendre. Mais il n’a pas l’intention d’abandonner si facilement et la ferveur des partisans se fait ressentir. Avec une victoire possible contre les Bruins en première ronde, tout est amplifié.
«Durant les 45 minutes que je conduis pour me rendre au Centre Bell, je reçois 150 coups de klaxon de partisans qui veulent m'encourager. C'est plaisant, c'est normal, c'est la fièvre des séries.
«Mais il faut protéger nos joueurs. Il est important qu’ils gardent les pieds sur terre. Nos partisans sont enflammés, mais les matchs ne se jouent pas dans les gradins et bien sur la patinoire. Les Bruins ne nous donneront pas cette quatrième victoire...»
À Boston aussi, la série a pris des ampleurs incroyables. Les partisans de l’équipe de Guy Carbonneau s’y sont déplacés en masse lorsque les deux premiers matchs à l’étranger y ont été disputés et gageons que ce sera pareil samedi pour le sixième match.
«Je ne me rappelle pas avoir joué à Boston et avoir vu autant de chandails du Canadien. Nos fans n’avaient pas le courage de le mettre dans le vieux Garden!», s’est-il exclamé.
Pour ce qui est des possibles prochaines rondes, le coach est confiant et rappelle qu’il y a beaucoup d’expérience derrière le banc. Carbo a disputé à lui seul 241 matchs éliminatoires en tant que joueur, tandis que ses adjoints Kirk Muller (résidant de Beaconsfield) et Doug Jarvis en ont respectivement 127 et 105.
«J'ai probablement plus d'expérience en séries que tous les joueurs de l’équipe réunis. Et c'est bien sûr que je vais me servir de cette expérience. Je suis nerveux. Si je ne l'étais pas, ce ne serait pas normal. Et les joueurs le seront aussi. Il faudra juste préparer les gars à canaliser cette nervosité.»
(Photo: Martin Alarie)