Les différentes variétés de houblons sont à la fois plus chères, mais aussi plus difficiles à obtenir qu’auparavant, selon Anik Vigneault de la Cachette du Bootlegger. (Photo: Jacques Pharand)
La crise du houblon se fait sentir jusqu’ici
On en parle énormément depuis quelques semaines, une crise alimentaire commence lentement à se faire sentir. Dans cet ordre d’idées, la pénurie actuelle de houblon fait en sorte que les fabricants de bière artisanale doivent dorénavant débourser deux fois et demie plus qu’il y a un an pour acquérir la même quantité de houblon.
La Cachette du Bootlegger est une boutique spécialisée dans la vente de produits pour la vinification et le brassage domestique de bière. Situé à Baie-d’Urfé, le commerce se veut un lieu de vente pour plusieurs particuliers et le houblon compte parmi les nombreux ingrédients essentiels à la fabrication de bière qui y sont vendus.
«Le sachet de 25 g de houblon que l’on vendait 1,75$ l’année dernière est aujourd’hui à plus de 4$ et il ne s’agit que d’une variété en particulier. La hausse des prix n’est pas dramatique tant que cela, mais c’est surtout la difficulté à obtenir le houblon et des variétés spécifiques qui est plus importante», explique la propriétaire, Anik Vigneault.
Plusieurs raisons expliquent que le houblon est dorénavant beaucoup plus difficile à obtenir. Pendant une décennie, une offre excédentaire a contraint des fermiers à abandonner cette culture.
De plus, les prix de l'orge et du blé ont grimpé en flèche tandis que davantage de fermiers plantent désormais du maïs pour répondre à la demande croissante d'éthanol.
Ces facteurs, cumulés à une récolte décevante en 2007 font en sorte que le houblon et ses différentes variétés sont plus rares.
Ce sont les différentes sortes de houblon qui font varier le goût (l’amertume) de la bière. Les gros brasseurs, qui peuvent négocier de gros contrats ont donc l’avantage et la priorité dans le processus d’achat.
«Les brasseries puissantes ont un énorme pouvoir de négociation étant donné qu’ils ont besoin de grandes quantités de houblon. Ce sont eux qui passent avant et ils peuvent choisir leurs variétés avant les autres.
«Nous, on n’est pas tellement affecté. On achète d’un producteur des Etats-Unis situé dans l’état de Washington. Mais on est quand même obligé d’augmenter nos prix», pousuit Anik Vigneault.
Celle-ci croit toutefois que le prix du houblon a atteint son sommet et qu’il cessera d’augmenter. En voyant la pénurie, plusieurs producteurs agricoles se sont lancés cette année dans la culture de cette substance, mais la première année de culture n’est jamais très productive. L’année 2008 qui sera meilleure devrait donc permettre de stabiliser l’offre et la demande.
D’ici là, la fabrication artisanale de la bière coûtera plus cher qu’à l’habitude et il est possible que les prix en magasin soient eux aussi légèrement augmentés. Il faut environ 25g de houblon pour produire 65 bouteilles de bière.