Les hôpitaux bilingues comme celui du Lakeshore ne sont pas dans l’obligation de fournir en français le dossier complet du patient. (Photo: Jacques Pharand)
La loi 101 est-elle équitable ?
Soins de santé bilingues
Si vous êtes unilingue francophone et que vous tombez malade dans l’Ouest-de-l’Île, n’ayez crainte, vous serez tout de même bien reçu et compris. Mais il y a aussi des désavantages.
Selon la Charte de la langue française, plus familièrement connue sous le nom de la Loi 101, les établissements offrant des services de santé et de services sociaux sont obligés de rédiger les dossiers des patients en français.
Mais lorsqu’un établissement comme l’hôpital général du Lakeshore de Pointe-Claire est situé dans une zone où il fournit ses services à des personnes en majorité d'une langue autre que le français, les papiers peuvent être rédigés en français ou en anglais, à la convenance du rédacteur (médecin ou autre).
Si un patient veut obtenir son dossier en français, l’hôpital bilingue où il est traité est dans l’obligation de lui fournir un résumé de son dossier traduit en français, dans les plus brefs délais.
C’est à ce niveau que la loi est contestée par certaines personnes comme Michel Pilon, qui est président et porte-parole de la Coalition pour l’hôpital francophone de Lachine.
«Je ne veux pas enlever ou critiquer le droit aux anglophones de se faire servir en anglais, mais les hôpitaux qui sont dits bilingues ne le sont pas vraiment. Parce que cette réglementation fait en sorte que les services offerts aux francophones sont diminués et c’est une situation inacceptable.»
Ce dernier a avoué avoir dû être traité dernièrement à l’hôpital général du Lakeshore. Son dossier, épais de «deux pouces» était rédigé en anglais. Comme M. Pilon l’a demandé, son dossier a été traduit en français et un résumé de deux pages lui a été donné.
«La qualité des services est à revoir. Ça a pris tout près d’un bon mois pour qu’ils me fournissent ma traduction. Et comment est-ce que j’aurais pu être satisfait avec un petit résumé de deux pages? Ça donne quoi, on ne peut pas avoir tous les détails et bien comprendre la situation avec un simple résumé.»
Selon ce dernier, les francophones de l’Ouest-de-l’Île ont le droit d’être servie totalement en français.«Il y en a beaucoup qui vont ailleurs. 75% des gens qui vont à l’hôpital de Lachine qui viennent de l’Ouest-de-l‘Île. Pourquoi ne pourraient-ils pas se faire traiter plus près de chez eux?»
Il est à noter que le recensement de 2001 indique que dans l’Ouest-de-l’Île, 42% ds résidants sont anglophones (langue maternelle), 35 % francophones et 23% autres. Dans cette dernière catégorie, les langues officielles sont utilisées dans une proportion de 60% en faveur de l’anglais.
Un droit
Ce que le président de la Coalition pour l’hôpital francophone plaide en fait, c’est le droit d’obtenir la totalité des soins de santé en français.
«Habituellement, les employés qui t’accueillent parlent tous très bien français et sont bilingues. Mais c’est à l’arrière que ça se corse. Quand tu dois te faire opérer, les médecins peuvent seulement parler anglais et rédiger les dossiers en anglais. Au Québec, je trouve cela inacceptable. Nous avons des droits. Si un patient est anglophone, son dossier devrait être écrit en anglais et s’il est francophone en français. C’est aussi simple que cela», conclut M. Pilon.
Par ailleurs, ce dernier a confié avoir discuté de la possibilité d’apporter des modifications à la partie des soins de santé de la Loi 101 avec Pauline Marois et prochainement avec Mario Dumont.