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La justice triomphe

Un tournant important pour les défusionnistes de L’Île-Bizard

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 16 mai 2008 à 17:01
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La justice triomphe
Christian Larocque, Normand Marinnaci et Tony Manzo se réjouissent du jugement de la Cour supérieur. (Photo: Marie-Claude Simard)
La justice triomphe
Un tournant important pour les défusionnistes de L’Île-Bizard
Les défusionnistes qui ont milité pour le «oui» en 2004 à L’île-Bizard ont toujours su que malgré la victoire du «non», ils avaient gagné le référendum. Quatre ans plus tard, ils se réjouissent que le résultat référendaire soit finalement déclaré nul et que justice triomphe.
Quelques autres villes ont tenté de faire annuler les résultats référendaires, mais sans succès. On se souvient que Roxboro a intenté un recours légal contre le Directeur général des élections, mais n’a pas obtenu gain de cause. Du côté de Masson-Angers dans la région de l’Outaouais, la cause est toujours en délibéré.

Rencontrés chez Christian Larocque à LÎle-Bizard, Normand Marinacci, Tony Manzo et le propriétaire de la demeure, trois fervents défusionnistes qui ont réussi à démontrer en Cour supérieure qu’il y avait eu injustice lors du référendum, se sont confiés à Cités Nouvelles mardi dernier.

«Nos adversaires ont essayé de comparer notre cause à celle de Roxboro, mais le juge a clairement expliqué comment nous étions différents, expliquent-ils. Comme nous, Roxboro a remarqué que la liste électorale était erronée, mais ils ont tenté de faire la révision une fois que le référendum était terminé. À l’Île-Bizard, les bénévoles du comité du «oui» ont soumis les irrégularités de la liste devant la Commission de révision qui s’est tenue quelque temps avant le vote officiel.» Ce sont justement les agissements de cette Commission qui ont été remis en cause dans l’affaire de l’Île-Bizard. «Ils ont tout fait pour nous bloquer. À partir du deuxième jour des audiences (il y en avait quatre), le président a refusé de nous écouter. Ils ont même essayé de nous intimider en nous menaçant d’amende. Ils exigeaient que l’on connaisse personnellement les gens qu’on voulait radier, ce que le juge a dénoncé.»

Après toutes ces années à rassembler des éléments de preuve, les trois bizardiens se réjouissent du jugement, bien qu’ils trouvent que le juge a manqué de courage.

«Il le dit lui-même qu’au moins 400 noms auraient dû être radiés, ce qui nous aurait donné le 35% nécessaire pour gagner. Il aurait dû déclarer qu’à la lueur des nouveaux chiffres, le «oui» était victorieux et que conséquemment L’Île-Bizard devrait être reconstituée».

Ce qui les réjouit le plus, c’est que leur travail et celui des nombreux autres bénévoles de l’époque ait été récompensé par ce jugement. Après tout le travail qu’on a effectué, on méritait de gagner, mais le référendum nous a été volé, c’est le juge lui-même qui le dit!

Les trois militants affirment s’être battus pour faire valoir leurs droits. Maître Marinaci va plus loin en disant que tous les Québécois devraient se réjouir, puisque ce jugement prouve que le système de justice sait protéger les droits des citoyens.

Mais au-delà des questions de principe, c’est toujours le même rêve de reconstitution qui motive ces résidants de L’Île-Bizard. «On a toujours voulu que L’Île-Bizard reste autonome, qu’elle garde son entité juridique. On y croyait lors du référendum, on y croit toujours.»

Cette étape victorieuse leur donne l’énergie nécessaire pour poursuite leur démarche qui risque d’être longue. «Le gouvernement peut décider d’aller en appel, puis si l’on gagne, il peut aller devant la Cour suprême. Peut-être qu’ils vont tenter de nous avoir à l’usure, mais nous, on continue. Le jugement de la semaine dernière, c’est comme si on nous avait donné une clef. Tout ce qu’il nous reste à faire, c.est de la tourner.»

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