Le personnel travaille fort au Lakeshore
Mais l’urgence se classe tout de même au dernier rang du palmarès
Le personnel travaille fort à l’urgence du Lakeshore, mais ses efforts se soldent encore une fois cette année par une note de cancre au palmarès des urgences de La Presse. Le constat est clair: l’Ouest-de-l’île a un besoin urgent…d’une nouvelle urgence.
Le journal La Presse publie depuis trois ans un palmarès annuel qui évalue les urgences de la province selon deux facteurs dominants: la durée moyenne du séjour sur civière et le pourcentage de gens qui doivent y séjourner pour 48 heures ou plus avant d’obtenir leur congé ou d’être hospitalisés. Avec un résultat de 25h12 au premier critère d’évaluation et de 16.5% au second, l’Hôpital général du Lakeshore obtient un E+, la pire note, ex aequo avec Maisonneuve – Rosemont.
Au CSSS de l’Ouest-de-l’Île, ce classement démoralise les troupes qui travaillent d’arrache-pied depuis longtemps pour trouver des solutions à des problèmes qu’elles connaissent trop bien: un manque de lits publics avec soins de longue durée pour l’hébergement des personnes âgées et la construction d’une nouvelle urgence qui répondrait à l’achalandage actuel de l’établissement.
Car les besoins de soins de santé ont beaucoup changé dans la région depuis la construction de l’Hôpital en 1965. Avec un territoire qui s’étend de Valleyfield à Lachine et une population de 220 000 habitants à desservir, l’urgence de cette institution est aujourd’hui la troisième plus achalandée sur l’île de Montréal. «L’urgence accueille près de 50 000 patients. Elle n’est pas conçue pour un tel roulement annuel», explique Louis-Pascal Cyr, adjoint à la directrice générale du Lakeshore.
Ce dernier précise que le palmarès ne remet pas en cause la qualité des soins que l’établissement administre à ses patients, mais le temps d’attente sur civière à l’urgence. D’ailleurs, au niveau des délais lors de chirurgies, le Lakeshore se classe en haut de liste. De plus, il est important de mentionner que les patients ambulatoires -c’est-à-dire ceux qui viennent pour blessures diverses, points de suture et autres-, ces derniers ne font pas partie de la catégorie évaluée et n’attendront certes pas 25 heures avant d’être vus.
De son côté, la présidente du conseil d’administration du CSSS de l’Ouest-de-l’Île, Sheila Laursen, considère que ce résultat au palmarès fait mal sur le coup, mais peut aider la région à faire valoir ses besoins auprès de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. «Si ça peut les convaincre qu’il y a de réels besoins dans l’Ouest-de-l’Île, c’est une bonne chose», affirme-t-elle.
Comme dans plusieurs autres hôpitaux, le vieillissement de la population se fait sentir. Mais dans l’Ouest-de-l’île, la situation est pire, puisque contrairement à bien d’autres endroits dans la métropole, il y a pénurie de lits publics pour personnes en perte d’autonomie. Seul le Centre Denis-Benjamin-Viger à L’Île-Bizard, avec ses 125 lits, accueille gratuitement ces personnes. «Il y a beaucoup de résidences privées très dispendieuses, mais en ce qui concerne les lits publics on estime qu’il nous en faudrait au moins113 de plus», explique Louis-Pascal Cyr.
L’Ouest-de-l’Île, avec sa réputation de milieu aisé semble avoir de la difficulté à attendrir l’Agence de santé de Montréal. Cependant, l’ouverture récente de 15 lits posthospitalisation dans un établissement adjacent à l’hôpital et un projet de partenariat avec une résidence privée qui devrait en ouvrir une trentaine d’autres d’ici la fin de l’été, porte à l’optimisme.
Pour ce qui est des projets plus significatifs, rien de précis ne pointe à l’horizon. «Nous avons déposé en février le plan de notre nouvelle urgence à l’Agence et au Ministère, dit M. Cyr. Je crois que nous avons fini d’essayer de les convaincre. Ils savent désormais que nous manquons réellement de ressources dans notre région».
L’urgence du Lakeshore roule occasionnellement à 200% de sa capacité. (Photo: Jacques Pharand)