Marielle et Marcel Proulx ont assisté avec peine à l’enquête préliminaire entourant le meurtre de leur fils Francis.
(Photo:Jacques Pharand)
Un triste anniversaire
Avec le support de l’AFPAD, les Proulx traversent l’épreuve
Près d’un an après l’assassinat de leur fils Francis, Marcel et Marielle Proulx ont dû revivre le drame, lors de l’enquête préliminaire qui s’est déroulée durant la dernière semaine de juin. Grâce au support quotidien de bénévoles de l’Association des Familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD), les Proulx ont pu passer à travers cette épreuve douloureuse.
«Il a fallu entendre le récit de ses souffrances, voir des images, c’était extrêmement pénible», explique la mère, atterrée. De plus, il a fallu voir le visage de l’accusé. Une chose est certaine, jamais, je ne lui pardonnerai.»
Pour ce couple d’origine gaspésienne résidant à L’Île-Bizard depuis de nombreuses années qui n’avait jamais mis les pieds dans un palais de justice auparavant, la présence à ses côtés d’accompagnateurs qui ont souffert le même calvaire a été d’un grand réconfort. «Il y a des limites à ce que ton entourage peut faire pour t’aider. Lorsqu’on s’est joint à l’AFPAD, quelques semaines après la mort de Francis, on a trouvé des gens à qui on pouvait parler de notre douleur sans craindre de les écraser», poursuit Marielle Proulx.
Le procureur de la couronne dans cette affaire, maître Thierry Nadon, considère que les enquêtes préliminaires dans des cas d’homicides sont toujours particulièrement prenantes. «C’est très éprouvant, au niveau du droit et au niveau humain», explique-t-il.
Pour le moment, une requête de non-publication empêche les médias de révéler quoi que ce soit sur l’enquête. Rappelons toutefois que Francis Proulx, 37 ans, a été assassiné à coups de couteau sur la place publique à L’Île-Bizard, le 21 juillet 2007. Le suspect de 23 ans qui a grandi à Pierrefonds, Charles-André Laberge, est emprisonné depuis l’événement. Ce dernier a subi son enquête préliminaire le 23 juin pendant six jours, suite à laquelle, il a été cité à procès sur l’accusation de meurtre au deuxième degré. Le procès a été fixé au 8 septembre.
Les Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC), mis sur pied par le ministère de la Justice, offrent également des services adéquats pour les familles des victimes. «Nous apprécions ce que le CAVAC fait, mais tout se passe dans des bureaux ou au téléphone. Avec l’AFPAD, il y a des rassemblements, des déjeuners rencontres mensuels, des conférences avec des enquêteurs, des avocats, des spécialistes de toute sorte», explique madame Proulx. Et surtout, il y a le support du groupe et l’empathie de tous les membres.
Créé en 2004 par quatre pères de jeunes femmes assassinées et disparues dont le président actuel Pierre-Hughes Boisvenu, cet OSBL compte aujourd’hui près de 400 familles membres. L'association est actuellement soutenue financièrement par les ministères de la Justice et de la Solidarité sociale et de la Famille. Son objectif à moyen terme est de recevoir principalement des fonds d'opérations de corporations privées afin de s’assurer une plus grande autonomie d’intervention. Car en plus d’offrir du soutien aux familles, l’OSBL s’est donné le mandat de faire prendre conscience aux pouvoirs publics des difficultés auxquelles les familles font face. En fait, l’AFPAD tente de faire adopter une charte des droits des victimes, car elle considère que les victimes et les criminels ne sont pas égaux devant la loi et que ces derniers bénéficient de plus de droits.
Messe commémorative
Malgré tous les efforts déployés pour passer à travers cette épreuve, Marielle Proulx peine à imaginer qu’elle s’en remettra réellement un jour. «Heureusement que j’ai la foi», dit-elle.
Pour souligner le premier anniversaire de la mort de Francis Proulx, une messe commémorative sera célébrée le 19 juillet à 17h00, à l’église Saint-Raphaël-Archange de L’Île-Bizard.
(Photo:Jacques Pharand)
(Photo: Jacques Pharand)
Pierre-Hugues Boisvenu
Commentaire mis en ligne le 13 juillet 2008Bonjour
merci pur cet article bien ficelé.
Correction....mon prénom est Pierre-Hugues et non Jean-Hugues