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Y a-t-il un docteur dans la région?

Un groupe de médecine de famille ouvre à guichets fermés

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 5 septembre 2008 à 16:34
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Y a-t-il un docteur dans la région?
La formation du nouveau GMF de la clinique Médistat favorisera l’organisation du travail, mais pour l’instant, ne donnera pas un plus grand accès aux médecins. (Photo: Jacques Pharand)
Y a-t-il un docteur dans la région?
Un groupe de médecine de famille ouvre à guichets fermés
Par voie de communiqué, la députée de Nelligan, Yolande James, a annoncé le 15 août dernier la formation d’un nouveau groupe de médecine de famille (GMF) à Pierrefonds. Stop. Inutile de sauter sur le téléphone, c’est déjà complet.
Avec la formation de ce deuxième GMF, «la population de l’Ouest-de-l’Île bénéficiera d’un meilleur accès aux services médicaux de première ligne», peut-on lire dans le communiqué. Il se trouve qu’en appelant (en tant que simple citoyen et non comme journaliste) à la clinique Médistat où s’est formé le GMF en question, Cités Nouvelles a reçu un tout autre son de cloche. «Aucun médecin ne prend de nouveaux patients. Notre nouvelle affiliation avec le gouvernement ne change rien pour ceux qui n’avaient pas de médecins avant. Vous pouvez toujours venir à la clinique externe, sans rendez-vous. Bonne chance pour trouver un médecin de famille dans l’Ouest-de-l’Île.»
Pénurie dans l’Ouest-de-l'Île
Après avoir mené une enquête auprès de huit autres cliniques de la région, force a été de constater qu’il y a toujours pénurie de médecins de famille dans l’Ouest-de-l’Île: dans sept de ces cliniques, aucun médecin ne prend de nouveaux patients.
Le tour d’horizon a débuté avec la clinique Statcare à Pointe-Claire où le premier GMF de la région a été formé en février 2007. Ensuite des cliniques à DDO, Sainte-Anne-de-Bellevue, L’Île-Bizard et Pierrefonds ont été contactées. Si certains médecins ont des listes d’attentes, elles sont de 2 à 5 ans. Dans la plupart des cas on suggère comme solution de rechange d’utiliser la clinique sans rendez-vous (et sans suivi!).

Pour ce qui est de la huitième clinique, la seule qui prend toujours des patients, il s’agit d’une entreprise entièrement privée qui demande 85$ la visite. «On donne des rendez-vous très rapidement et le docteur reste longtemps avec le patient», explique la réceptionniste.
Qu’est-ce qu’un GMF
Le déploiement de GMF à travers la province fait partie de la nouvelle stratégie du ministère de la Santé et des Services sociaux pour améliorer l’organisation du travail des cliniques et éventuellement élargir l’accès aux services pour les citoyens. Le gouvernement signe des ententes avec des cliniques privées (qui acceptent la carte d’assurance maladie), les équipe d’un système informatique qui les relie aux CSSS, leur donne des subventions pour employer des aides administratives et dans certains cas des infirmières.

Le but est d’alléger au maximum les tâches administratives des médecins et de créer une véritable complémentarité des taches. En ce qui concerne le nouveau GMF de Pierrefonds, il s’agit de huit médecins de famille de la clinique réseau Médistat qui se sont regroupés et qui ont acquis le statut de GMF. Les médecins doivent avoir chacun, au moins 1500 patients inscrits pour être éligibles dans le GMF.
«Pour l’instant, il ne s’agit pas de donner au public un plus grand accès aux médecins, mais de mettre sur pied une meilleure organisation du travail, explique Marie-Ève Bédard, attachée de presse du ministre Yves Bolduc. Nous évaluons que la pénurie actuelle s’explique à 25% par un nombre restreint de professionnels de la santé et à 75% par une organisation du travail qui n’est pas optimale.»

Selon la porte-parole, les GMF actuels favorisent une clientèle vulnérable, les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes et les malades chroniques comme les diabétiques. Éventuellement tout le système de santé se ressentira positivement de ces changements organisationnels.

«Il ne faut pas oublier que ce n’est pas tout le monde qui a besoin d’un médecin de famille et de rendez-vous réguliers», précise Marie-Ève Bédard. Pour certains, les clinique- réseau où l’on se présente sans rendez-vous conviennent très bien.»

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