Le jour où j'ai débarqué de l'Église catholique
Je peux bien vous en parler de cette journée-là, parce que c'était vendredi passé. J'écoutais la radio, la nouvelle m'a fait l'effet d'une bombe: le cardinal Jean-Claude Turcotte envoie balader l'Ordre du Canada parce qu'un officier «peu recommandable» y a été admis: le docteur Henry Morgentaler.
Je vais vous conter une histoire. C'est la mienne, celle d'une jeune mère qui décide de faire baptiser sa fille, après avoir longtemps tergiversé. Je ne suis pourtant pas mariée et je vis joyeusement «dans le péché» avec mon homme.
Pourquoi alors baptiser la petite?
Pour l'histoire de Jésus qu'on me contait petite, celui qui prêchait le pardon, la tolérance, l'amour. Et d'un point de vue pratique, je n'ai pas eu envie que Noël soit uniquement la fête du Père Noel et des cadeaux. Nos fêtes sont encore très judéo-chrétiennes et il est difficile de bâtir un système de valeur à côté, alors qu'il y en a déjà un tout prêt à la consommation. Oui, c'était plus facile comme ça, je l'avoue. Et puis, il y a cette histoire de paradis. Petite, c'était très important pour moi que mon grand-père y soit.
La cérémonie a été animée par le curé de la paroisse, un homme sympathique et pas trop porté sur les sermons.
S'il faut choisir sa tranchée…
Le 11 septembre dernier, le cardinal Jean-Claude Turcotte a déclaré publiquement: «J’avoue avoir espéré que, devant les nombreuses protestations, le Conseil consultatif de
l’Ordre du Canada réviserait sa position (concernant la médaille de Morgentaler). Comme jusqu’à maintenant ce n’est pas le cas, et que mon silence pourrait être mal interprété, je me sens obligé en conscience de réaffirmer mes convictions face au respect de la vie, de la conception jusqu’à la mort».
Le «monseigneur» (ce titre flagornant est-il écrit sur sa carte d'affaires?) de Montréal a donc creusé une tranchée et forcé les autres à creuser la leur. Car en voulant ouvrir débat sur l'avortement, en rejetant en bloc l'apport important du docteur Morgentaler à notre société dite égalitaire, le cardinal a du même coup claqué la porte au nez des catholiques modérés dont je faisais partie.
Son examen de conscience a forcé le mien. Puis-je me réclamer d'une institution qui est non seulement responsable de guerres, de massacres, de censures et tutti quanti, mais qui brime le droit des femmes encore aujourd'hui?
Je croyais que plusieurs points de vue pouvaient coexister dans l'Église. Comme dans le club très select des officiers de l'Ordre du Canada. Devant ma radio vendredi, entre les commentaires lamentables du cardinal sur un prêtre pédophile et la remise de son titre, j'ai pris conscience que non.
Je choisis ma tranchée. En tant que femme, en tant que mère, en tant qu'humain. Les femmes, toutes les femmes, ont droit à un avortement sécuritaire. Je ferai mien le slogan de la clinique du docteur Henry Morgentaler «Every Mother, a willing Mother, Every Child, a Wanted Child.»
Comment avez-vous réagi en entendant cette nouvelle? J’ai posé la question cette semaine lors de notre vox pop hebdomadaire. Les réactions sont intéressantes et variées. À lire à la page 14.
Emilie Andréoulis
Commentaire mis en ligne le 22 septembre 2008Le Vatican s'est approprié le message de Jésus qui, comme celui de tous les messagers, était un message d'amour...mais pour dominer les croyants, il a bien fallu instaurer la peur...la peur de la punition pour avoir péché !! Personne ne remet cela en question, après 2000 ans ( moins 325 concile de Nicée) et Jésus est certifié crédible ! S'il revenait aujourd'hui, ces prétendus bons chrétiens le crucifieraient à nouveau !
Il n'y a qu'à voir comment on traite les Prophètes vivants à Montréal comme en France !