Stephen Harper, en visite dans la circonscription de Vaudreuil-Soulanges vendredi dernier, est venu prêter main-forte à son seul ministre non élu, Michael Fortier. (Photo: Jacques Pharand)
Le grand jeu
Harper à L'Île-Perrot
Le vendredi 19 septembre dernier, le centre communautaire de la Ville de L'Île-Perrot accueillait de la grande visite en la personne de Stephen Harper. Le chef du Parti conservateur est venu prêter main-forte à son seul ministre non élu, Michael Fortier.
Accueilli comme une star au son de la musique rock, Stephen Harper a attaqué à la fois le Parti libéral et le Bloc québécois. «Nous avons fait plus en trois ans au pouvoir que les libéraux en 13 ans et que le Bloc en fera en 113 d'opposition», a-t-il lancé à la foule partisane.
De l'autre côté de la rue, le spectacle était d'une autre nature. Au son de la radio, des manifestants attachés à l'Alliance de la Fonction publique du Canada ont claironné leur opposition à la réélection d'un gouvernement conservateur. Selon leur porte-parole, le Parti conservateur «entre de front avec les valeurs de justice sociale et d'égalité». Au Québec, ce regroupement appuie le Bloc québécois.
A la fin de l'événement, un homme habillé en ours polaire traînait dans la rue, seul et sans musique. Il distribuait des tracts à la foule devenue distraite. Dans ce papier, distribué par la Coalition canadienne des jeunes pour le climat, il était question des dommages causés par les sables bitumineux à l'environnement.
Transfuges recherchés
La circonscription de Vaudreuil-Soulanges, voisine de celle de Lac-Saint-Louis, est d'intérêt majeur pour les conservateurs: Michael Fortier tentera de s'y faire élire. Depuis 2004, c’est la bloquiste Meili Faille qui y est députée. Cette dernière a délogé le libéral Nick Discepola qui a été député de Vaudreuil-Soulanges pendant 11 ans.
Les conservateurs ont donc tout intérêt à y courtiser les électeurs bloquistes et libéraux. Y aura-t-il des transfuges? Ce sera vraisemblablement le cas selon Marc Montpetit, un ancien militant libéral de cette région venu témoigner de son appui au candidat conservateur. «Les libéraux se coalisent au meilleur candidat afin de se débarrasser du Bloc», a-t-il dit vendredi passé.
Dans Lac-Saint-Louis, la partie est-elle gagnée d'avance par les libéraux? Pas selon la candidate conservatrice Andrea Paine. Vendredi, la femme s'est exclamée devant tous: «Je n'ai jamais vu autant de libéraux venir me voir à mon bureau»! Rejoint au téléphone au début de la semaine, le libéral Francis Scarpaleggia, député et candidat dans Lac-Saint-Louis, dit ne pas ressentir ce phénomène-là dans sa région. Ses discussions avec les électeurs et le grand nombre de bénévoles qui ont répondu à l’appel cette année, en font foi, explique-t-il.