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Au-delà du racisme

L’agent Khobee Gibson reçoit le prix des Artisans du non-racisme

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 14 octobre 2008 à 21:19
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Au-delà du racisme
L’agent sociocommunautaire Khobee Gibson aime travailler auprès des jeunes de Cloverdale.
Au-delà du racisme
L’agent Khobee Gibson reçoit le prix des Artisans du non-racisme
Est-ce à cause de son style un peu Yo, de la couleur de sa peau ou de sa façon simple et rassurante d’aborder les gens que l’agent Khobee Gibson réussit à franchir les barrières de l’uniforme? Une chose est certaine, son travail ne passe pas inaperçu.

Lors du Gala Noir et Blanc Au-delà du racisme 2008 qui s’est déroulé le samedi 4 octobre dernier, Khobee Gibson a reçu le prix des Artisans du Non-Racisme. C’est son travail des cinq dernières années, au cours desquelles l’agent sociocommunautaire du poste 3 a développé une relation de confiance avec les résidants du secteur Cloverdale, qui lui a valu cet honneur. Combattant les préjugés raciaux et ralliant ses collègues policiers dans sa démarche de rapprochement avec la communauté, le lauréat garde toutefois la conviction qu’il est plus important de trouver des solutions que de crier au racisme.

Parler avec la communauté, faire du porte-à-porte, visiter les écoles et jouer au basketball avec les jeunes comptent parmi les nombreuses activités qu’il mène avec passion dans Pierrefonds-Est. Sa devise: les solutions doivent venir de la communauté.

«Si on arrête un jeune Noir à cause de ses actes et qu’il nous accuse de l’arrêter seulement à cause de la couleur de sa peau je lui demande: OK, tu vois un problème, que proposes-tu comme solution? C’est facile de critiquer, mais il faut aussi être capable de trouver des solutions. Trop souvent, les gens pensent que c’est à la police de trouver des solutions.»

Selon l’homme de 41 ans, la communauté entière doit participer à la recherche de solution. «C’est vrai que ce sont les policiers qui ont le pouvoir d’arrestation, mais les gens aussi ont un grand pouvoir. D'ailleurs, les citoyens sont tenus par la loi d’intervenir ou d’aviser les autorités dans des situations de vie ou de mort…Les policiers ne peuvent pas tout résoudre et honnêtement, ce sont les gens qui ont le gros bout du bâton.»

À Cloverdale, de plus en plus, les gens de la communauté s’impliquent et le policier voit une nette amélioration. «Je travaille de concert avec plusieurs organismes comme Nouvelle Vision des Jeunes, Carrefour des 6-12, Coopérative d’habitation Cloverdale, et ces personnes font un travail extraordinaire dans la communauté», explique-t-il.

Le lien de confiance entre les policiers et les résidants contribue au climat paisible qui règne dans le quartier. Toutefois, il n’a pas été facile à créer. «Plusieurs résidants viennent de pays où la police fait peur, il a fallu se faire connaître et beaucoup dialoguer pour les convaincre de nous faire confiance. Maintenant, des parents d’enfants que j’ai connus au primaire continuent de m’appeler pour des conseils même si les jeunes vont au secondaire.»

Le choix des jeunes

Dans la prévention de la délinquance, selon le policier père d’un garçon de 11 ans, l’essentiel est de s’assurer que l’enfant fera les bons choix. «Je ne peux pas prévoir qu’un vendeur de drogue décidera de s’établir dans un secteur ou un autre, mais je peux sensibiliser les jeunes aux conséquences des choix qu’ils feront», dit-il. Selon ce dernier, il est primordial que les jeunes soient bien entourés pour que, le moment venu, ils soient en mesure de prendre les bonnes décisions. «la communauté et surtout la famille ont un grand rôle à jouer dans la prévention», ajoute-t-il.

Racisme et SPVM

Lui-même issu d’un père de race noire, Khobee Gibson sait détecter les comportements racistes. Il est toutefois catégorique, il n’y a pas d’agents racistes dans son équipe. «On est 70 ici, dont plusieurs issus de minorités culturelles, et s’il y en avait un qui était raciste parmi nous, il se ferait ramasser!», affirme le policier qui a grandi dans la région de Québec.

En ce qui concerne les événements de Montréal-Nord, il ne se prononce que sur une chose: «je connais les agents sociocommunautaires de ce quartier et je sais qu’ils ont bien fait leur travail». Il poursuit en disant que les médias exercent un pouvoir important sur la communauté. «C’est vous qui donnez le beat, le pouls de la société», précise-t-il.

Khobee Gibson considère que tout le monde fonctionne avec son bagage de préjugés et qu’il faut apprendre à les désamorcer. «En tant que policier, journaliste ou simplement membre de la communauté, il faut apprendre à bien analyser une situation et surtout tenter d’éviter de faire des généralisations. Les idées préconçues, tout le monde en a, et il faut apprendre à s’en débarrasser».

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