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Dans l'Ouest-de-l'Île en maternelle, trois enfants sur dix sont mal préparés pour l'école

L'ancien territoire du CLSC de Pierrefonds détient un triste record. Sur l'Île de Montréal, c'est l'endroit qui abrite le plus grand nombre d'enfants vulnérables sur le plan de la maturité scolaire.

Marie-Hélène Verville par Marie-Hélène Verville
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Article mis en ligne le 20 octobre 2008 à 14:28
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Dans l'Ouest-de-l'Île en maternelle, trois enfants sur dix sont mal préparés pour l'école
L'État de la situation dans l'Ouest-de-l'Île. La zone rouge représente la région avec la proportion d’enfants vulnérables la plus élevée dans la région.
Dans l'Ouest-de-l'Île en maternelle, trois enfants sur dix sont mal préparés pour l'école
L'ancien territoire du CLSC de Pierrefonds détient un triste record. Sur l'Île de Montréal, c'est l'endroit qui abrite le plus grand nombre d'enfants vulnérables sur le plan de la maturité scolaire.
Cette statistique est issue d'une vaste enquête panmontréalaise menée en 2006 par la Direction de la santé publique de Montréal. Dans l'Ouest-de-l'Île, les résultats ont été présentés devant les acteurs des milieux communautaires, scolaires et municipaux, lors du Sommet local sur la maturité scolaire, qui s’est tenu le 15 octobre dernier au Holiday Inn de Pointe-Claire.

Pourquoi mesurer la maturité scolaire d'un enfant de maternelle? En fait, la maturité scolaire n'a rien avoir avec un quelconque test de Q.I., l'idée est d'obtenir un indicateur fiable de l'état de développement des enfants à leur entrée à l'école.

«Il n'existe pas beaucoup de mesures disponibles», explique Danielle Durand, agente de planification, programmation et recherche à la Direction de la Santé publique de Montréal, qui est venue présenter les résultats de l'enquête. «La maturité scolaire est la seule qui permet de mesurer l'état de préparation pour l'école.» Sa collègue, Laurence Boucheron de renchérir: «On met en place depuis des années des programmes pour les 0-5 ans. Cette étude mesure en quelque sorte le travail qui a été fait, et celui qui reste à faire surtout.»

Le constat est brutal pour Montréal: le score moyen des enfants d'ici est plus faible que la moyenne nationale. Sur tout le territoire, 34,6% des enfants sont dits vulnérables dans un des domaines de la maturité scolaire. Toutefois, Montréal s'en tire mieux que Toronto ou Vancouver. Dans l'Ouest-de-l'Île, le tableau est plus ou moins rose, selon le secteur. Car l'étude cible les enfants par quartiers et le territoire a été découpé en 15 «voisinages». Selon l'étude, la proportion d'enfants vulnérables dans l'ouest varient entre 18,3% à 46,9%, dépendamment de l'endroit.

La maturité scolaire est évaluée grâce à un long questionnaire rempli par les professeurs de maternelle. Plusieurs domaines y sont évalués. L'enquête a permis d'évaluer 71 % des enfants inscrits à la maternelle dans une école publique pour l'année 2006.
Que fait-on maintenant?
La directrice de la Santé publique au CSSS de l'Ouest-de-l'Île, France Remete, aimerait que le Sommet local aide les acteurs sociaux à mieux travailler ensemble. En mai prochain, aura lieu le Sommet régional sur la maturité scolaire et les Sommets locaux aident à préparer cet événement. «Éventuellement, j'aimerais que cela aide à sensibiliser les décideurs à injecter de l'argent pour aider au développement de nos jeunes, surtout les plus vulnérables, selon l'étude», affirme France Remette. Lors des discussions entre les différents intervenants la semaine passée, plusieurs ont déploré le manque de budget.

Quelle direction prendra les intervenants pour favoriser davantage le développement des tout-petits? La discussion est ouverte. C'est que l'étude n'a pas pu mettre le doigt sur un profil type d'enfant vulnérable. Il semble, selon les premières observations, que la vulnérabilité dans la maturité scolaire soit souvent en lien avec la pauvreté, la monoparentalité ou l'immigration récente. Mais attention, «On ne peut pas généraliser, ni stigmatiser», affirme Danielle Durand.

Sur le terrain, cette réalité est vécue tous les jours par les intervenants. Pour Véronica Lopez, directrice de Cloverdale multi ressources, par exemple. «Le stress causé par la pauvreté, l'immigration, la monoparentalité ou autre facteur de ce genre a un impact direct sur le développement de l'enfant et le bien-être des familles.» Aussi, la méconnaissance de la langue fait en sorte, selon elle, qu'il est difficile pour un parent immigrant d'aider son enfant dans le cheminement scolaire.

Une autre question: ces enfants dits vulnérables, sont-ils allés à la garderie auparavant ou sont-ils restés à la maison? Impossible de le savoir selon l'étude, ont déploré des participants du Sommet la semaine passée. Ici, on ne souhaite pas stigmatiser l'un ou l'autre des modes de vie, l'idée est pour mieux planifier les ressources, affirme la directrice du réseau Enfance famille jeunesse, Ruth Bresnen. «La réponse à cette question nous aurait aidés beaucoup.»

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