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À deux pieds de la victoire

Depuis trois ans, un jeune de Sainte-Anne-de-Bellevue et sa famille sont en croisade pour obtenir de la ville la réinstallation des bandes de hockey à la patinoire du parc Godin. Des résidants du quartier ont même offert de les construire eux-mêmes,

Marie-Hélène Verville par Marie-Hélène Verville
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Article mis en ligne le 31 octobre 2008 à 16:07
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À deux pieds de la victoire
Le jeune Francis Juneau, devant les bandes de 2 pi qui seront installées au parc Godin. (Photo: Jacques Pharand)
À deux pieds de la victoire
Depuis trois ans, un jeune de Sainte-Anne-de-Bellevue et sa famille sont en croisade pour obtenir de la ville la réinstallation des bandes de hockey à la patinoire du parc Godin. Des résidants du quartier ont même offert de les construire eux-mêmes, à partir du matériel fourni.
Francis Juneau n’a peut-être que 15 ans, mais il est déjà un habitué des séances du conseil et de la mobilisation citoyenne. Lundi dernier, lors dudit conseil, il a questionné les élus sur la pertinence d'installer des bandes de 2 pi de hauteur sur la patinoire du parc Godin, au lieu de bandes standard de hockey (4 pi).

Il s'agit, selon la Ville, d'un compromis. L'idée est de satisfaire les citoyens qui souhaitent le retour des bandes de hockey tout en répondant aux plaintes de certains voisins concernant le bruit lié aux matches improvisés. Les bandes de 2 pi feraient en sorte, selon la Ville, de diminuer la robustesse et le bruit du jeu. Des filets pourront être posés en arrière des buts.

«C'est dangereux», croit Francis Juneau. «Si l'on ajoute la hauteur de la glace à celle du patin, il ne restera plus grand-chose de ces petites bandes. Juste assez pour passer par dessus», ironise-t-il.

La famille Juneau a présenté deux pétitions en trois ans pour la réinstallation des bandes standards, signées par des citoyens du quartier. En 2006, 164 personnes ont apposé leur nom en août 2008, 125. Francis a également présenté au conseil lors du dépôt de la dernière pétition, une lettre signée par son professeur d'éducation physique, Jean-Michel Séguin, qui appuie sa demande. «J'aime mieux voir mes enfants traîner sur une patinoire que dans des parcs à ne pas savoir ce qu'ils font», affirme Diane Provost, la mère de Juneau. «La patinoire, c'est pour tous. Le hockey, c'est une activité multigénérationnelle!»

Bill Tierney, maire de la municipalité, fait remarquer qu'il faut tenir compte des récriminations de tous les citoyens, même ceux qui n’apprécient pas le bruit. Les petites bandes seront installées à titre de projet pilote et la décision sera révisée l'an prochain, dépendamment de l'achalandage.
Des bandes pour qui?

Lors de la séance du 27 octobre, les élus ont justifié la pertinence de ces petites bandes en citant en exemple ce qui se fait à l'arrondissement L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève.

Vérification faite, on retrouve dans cet arrondissement des bandes de 2 pi dans trois petits parcs, soit Jonathan-Wilson, Chaumette et Ovila-Proulx. Ces patinoires de petite taille, surtout utilisées pour le patin libre, ne sont pas éclairées le soir, contrairement au parc Godin à Sainte-Anne-de-Bellevue. Elles serviraient principalement aux enfants, selon l'arrondissement. Et selon Louis Fradette, le contremaître horticulture et parcs de l'arrondissement, ces patinoires sont désertées une demi-heure après le coucher du soleil, à cause de l'absence d'éclairage.

À Pointe-Claire, il y a neuf parcs qui abritent chacun deux patinoires, une pour le patin libre et l'autre pour le hockey. Les patinoires pour le hockey sont toutes délimitées par des bandes standard de 4 pi, comme c'est le cas à l'arrondissement L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève. Les petites bandes qui servaient à délimiter les espaces dédiés au patin libre seront presque toutes remplacées cette année par des bandes en neige.
Et Harpell?
Selon Daniel Leduc, le directeur par intérim des loisirs, du développement communautaire et économique à Sainte-Anne-de-Bellevue, le parc Godin est un parc de voisinage, servant à desservir le petit quartier autour, dans un rayon d'environ 800 m. Ce n'est pas un parc de grande envergure et achalandé, comme celui près du centre Harpell. Parc où il y a d'ailleurs une patinoire avec des bandes standard.

Le jeune Francis Juneau, lui, va rarement à la patinoire du centre Harpell. «Les jeunes doivent attendre leur tour sur le bord de la patinoire, tellement il y a du monde», se scandalise Diane Provost.

Le maire de la petite ville, lui, insiste sur le fait que l'utilisation des bandes de 2 pi dans le parc Godin n’est pas une décision finale. Le but est de ne pas importuner les voisins proches, qui doivent composer l'hiver durant avec le bruit lié aux bandes de hockey. «C'est un compromis un peu drôle, mais on verra. On suivra ça de près», de conclure Bill Tierney.

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Maryse barsalou

Commentaire mis en ligne le 4 novembre 2008
Tous les parents d'adolescents savent à quel point il est important de les inciter à bouger et à lâcher un peu l'ordi et les consoles de jeux.
Il est aberrant qu'un adolescent ait à se battre si longtemps pour obtenir qu'on réinstalle des bandes de patinoire. Je me questionne cependant sur le risque accru de blessures aux jambes que ces bandes pourraient entraîner.
Encore une fois, certains membres de l'administration de Ste-Anne-de-Bellevue prouvent à quel point ils sont à côté de la plaque.

Bravo Francis

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