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La tour en péril

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 7 novembre 2008 à 16:01
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La tour en péril
(Photo: Jacques Pharand)
La tour en péril
Il était une fois, dans le très historique village de Senneville, une tour mystérieuse qui s’élevait au milieu des bois. Nourrissant l’imaginaire de la jeunesse de tout l’Ouest-de-l’Île, ce bâtiment quasi mythique est devenu au fil des ans un lieu de prédilection pour les fêtes thématiques bien arrosées.
Or, à l’automne 2008, les Sennevillois en eurent assez.

L’édifice semble peut-être sortir d’un roman gothique digne des Hauts de Hurlevent, mais il cause de réels problèmes à la communauté. À un point tel que le 20 octobre dernier, le comité de démolition de la ville a décidé de l’anéantir pour de bon.

Construite en 1860 (selon l’évaluation foncière), la tour n’est en fait qu’un grand réservoir d’eau avec des allures de château médiéval élaborées selon les pratiques du mouvement architectural dit «pittoresque» de l’époque. Elle répondait alors au besoin en eau de la richissime famille Morgan. Aujourd’hui, sise en retrait du chemin de Senneville, sur un terrain privé situé entre les maisons de deux membres du conseil municipal, la tour n’est qu’une source de maux de tête pour l’administration de la ville et le voisinage. L’été dernier, plus de 55 appels ont été faits aux policiers et environ 300 contraventions ont été données pour consommation, drogues et autres.

De plus, la tour pose un réel problème de sécurité. Au rez chaussé, sa cuve jonchée de bouteilles, mégots et autres vestiges glorieux, témoigne d’une longue tradition de party de fortune. Les escaliers abrupts et sinueux mènent le visiteur téméraire à un deuxième étage, puis à une plateforme supérieure qui donne carrément le vertige. «Imaginez dans la pluie, la neige, des ados en état d’ébriété, c’est vraiment pas sécuritaire, explique le constable Jean-Pierre Lévis, qui répond à des appels concernant cette tour depuis son arrivée au poste de quartier 1 en 1995. De plus, les fêtards stationnent souvent leurs véhicules dans les entrées des résidences avoisinantes, ce qui cause, à l’occasion, des prises de bec violentes avec les résidants.

Pour toutes ces raisons, la Ville a décidé d’émettre un permis de démolition aux propriétaires. Le conseiller Jeremy Guth, qui a voté en faveur de cette démarche, est malgré tout déchiré par cette affaire. D’ailleurs en décembre 2001 il avait voté en faveur d’une résolution qui a été adoptée par le conseil pour faire une demande d’inscription sur la liste des biens culturels du Québec auprès du ministère de la Culture. Cette démarche a été avortée à cause des fusions municipales qui sont entrées en vigueur le mois suivant.

Le conseiller d’origine américaine qui demeure à Senneville depuis 15 ans se passionne de l’histoire et de l’architecture de son village. «D'un côté, il m’apparaît évident que cette tour est un danger public et d’un autre, je reconnais qu’elle a une valeur patrimoniale», explique-t-il. Nombreux d’ailleurs, sont ceux qui ont un attachement particulier à l’endroit. «Je me souviens d’y être allé souvent, en plein jour, non pas pour faire la fête, mais parce que l’endroit est magnifique explique Ryan Young, cinéaste et professeur à John Abbott qui a grandi à Sainte-Anne-de-Bellevue. J’ai même déjà fait une session photographique avec modèles sur les lieux!»

La seule solution pour sauver la tour serait selon Jeremy Guth, que les propriétaires décident d ‘habiter les lieux et de se faire construire une demeure sur la propriété, car pour l’instant, la tour est le seul édifice existant. «Il n’y a pour l’instant, aucune demande de leur part pour obtenir un permis de construction», poursuit M. Guth.

Considérant qu’avant tout, la sécurité publique a préséance sur toutes autres considérations, il a été adopté à la majorité le 20 octobre dernier que le permis pour la démolition de la tour d’eau soit accordé aux propriétaires. Toutefois, conformément au règlement sur les permis, toute personne peut, dans les 30 jours de la décision du comité, interjeter appel de cette décision par écrit. D’ailleurs, selon Jérémy Guth, au moins deux résidants ont déjà signifié leur objection au projet. Le 24 novembre prochain, lors de la séance ordinaire du conseil qui se tiendra à 19h30 à l’Hôtel de Ville, les membres du conseil voteront, une fois pour toutes, sur la question.

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Pm

Commentaire mis en ligne le 11 novembre 2008
je crois que ce chateau ne devrait pas être detruit mais plutôt aménagé de sorte qu'il devienne un endroit touristique. J'ai visité le chateau à plusieurs reprises et en m'y rendant, je n'ai jamais trouvé une ville aussi ennuyante que celle de Senneville. La nuit sur cette petite route de campagne admirant les énormes chateaux du coté du lac et des petites fermes de l'autre , apres une petite marche dans le bois, on relève la tête, pour voir LE CHATEAU SENNEVILLE. Cette scène donne quelques frissons pour certain mais d'autres prennent un plaisir à tout explorer. De plus, je ne savais même pas que Senneville existait avant qu'on me dise qu'il y avait un chateau.

liz morgan

Commentaire mis en ligne le 9 novembre 2008
The councillors are to blame by not coming up with an imaginative way to address the problem of partying. They could force the manicuring of the woods so that it is in full view or rather than have the retarded solution of tearing it down.

Shame on the mayor George McLeish and shame on a councillor Jeremy Guth (who live beside the tower, by the way) not to come up with a better thought out, less destructive, more inventive plan of action.

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