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Les neuf vies du cinéma Rex

Le Rex changera de peau, et sa transformation s'effectue en ce moment même.

Marie-Hélène Verville par Marie-Hélène Verville
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Article mis en ligne le 7 novembre 2008 à 17:07
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Les neuf vies du cinéma Rex
Le vieux cinéma de Sainte-Anne-de-Bellevue a vécu l'évolution de l'industrie cinématographique et il en est mort, au début du 21e siècle.(Photo: Jacques Pharand)
Les neuf vies du cinéma Rex
Le Rex changera de peau, et sa transformation s'effectue en ce moment même.
L'ancien cinéma situé dans le village de Sainte-Anne-de-Bellevue, qui a été également un théâtre vaudeville et un studio d'enregistrement, a trouvé un nouveau propriétaire.
Il s'agit de la famille Achkar. Ces hommes d'affaires travaillent dans le monde de la mode féminine avec leur compagnie HKR Collections, et dans la gestion des bâtisses commerciales avec Gestion Achkar.

Cette semaine, les ouvriers s'affairaient déjà à réparer la toiture et la brique, ainsi qu'à nettoyer l'intérieur de la bâtisse. Le cinéma Rex est situé au cœur du village, au 83 rue Sainte-Anne. Selon le copropriétaire actuel, Elias El Achkar, la structure du bâtiment est solide et a résisté aux multiples négligences des anciens propriétaires. «L'intérieur faisait peur, mais je suis un homme courageux et je prends le risque», affirme Elias El Achkar, un investisseur habitué aux rénovations.

Le Rex revivra finalement, on ne sait pas encore sous quelle forme. «Nous sommes ouverts aux propositions d'affaires», affirme Elias El Achkar. L'idée, explique l'homme, est de garder l'aspect patrimonial du Rex. «Nous ne voulons pas en faire des condos, pour le moment.»
L'épisode municipal
Le 15 octobre dernier, lors de la séance spéciale du conseil de Ville de Sainte-Anne-de-Bellevue, les élus ont donné l'aval à la vente du vieux bâtiment. Le Rex aura été la propriété de la Ville durant les quatre dernières années.

En 2006, la Ville avait calculé devoir investir 500 000$ pour restaurer le cinéma, l'idée était d'en faire une petite salle de spectacle d'une centaine de places. «Nous n'avions pas un demi-million à mettre là-dessus», avoue le maire Bill Tierney. Il a longtemps cherché un mécène, celui-ci ne s'est jamais présenté. En attendant, la bâtisse se détériorait.

En fait, Sainte-Anne-de-Bellevue a voulu acheter le Rex en décembre 2001, juste avant la fusion avec Montréal. L'idée, explique le maire, était qu'une ville comme Montréal peut se payer la restauration d'un tel lieu, contrairement à une petite municipalité comme Sainte-Anne-de-Bellevue. De délai en délai, la nouvelle administration montréalaise a signé les papiers deux jours avant le référendum sur les défusions en 2004. L'achat a été fait avec les surplus de l'ancienne Ville de Sainte-Anne-de-Bellevue. Le bâtiment était alors sous la responsabilité du curateur public du Québec, vu la compagnie Bellevue amusements inc. s'était dissoute en 2002.
24 mois avant la grande ouverture
Lorsque Sainte-Anne-de-Bellevue a finalement acquis le Rex, en juin 2004, cela lui a coûté 113 000$. À cette facture, s'ajoutent des frais supplémentaires pour le chauffage et l'électricité, qui s'élevait à près de 47 000$ à la fin 2005, affirmait Bill Tierney au Cités Nouvelles en novembre de cette même année.
Les frères Achkar ont acheté le vieux cinéma à la Ville 70 000$ en 2008, à leur risques et périls. La différence sera récupérée par les taxes municipales, selon la Ville. «En trois ans, on récupérera tout l'argent», affirme Bill Tierney.

Le contrat d'achat prévoit que l'acquéreur a 24 mois pour rénover le bâtiment, selon les règlements d'urbanisme en vigueur dans le village de Sainte-Anne-de-Bellevue et le plan d'implantation et d'intégration architecturale.

Actuellement, le 83 rue Sainte-Anne a une valeur foncière de 161 756$. Grâce aux rénovations, la famille Achkar devra augmenter cette valeur foncière à 250 000$, explique Karl Sacha Langlois, directeur du contentieux et du greffe à Sainte-Anne-de-Bellevue.

Si l'acheteur doit démolir le bâtiment, la valeur foncière sera d'au moins 500 000$ après la reconstruction, toujours dans un délai de 24 mois. «En verte de la clause résolutoire, si les propriétaires ne se conforment pas aux exigences, la ville redeviendra propriétaire du bâtiment, sans frais et pénalités», ajoute le directeur du contentieux et du greffe.
Le Rex à travers le temps
En 1922 lorsque le cinéma Rex a ouvert, l'autoroute 20 n'existait pas. Pour se rendre à Montréal, il fallait longer le bord de l'eau, donc traverser le village de Sainte-Anne-de-Bellevue. «À l'époque, c'était le seul cinéma qui existait dans l'ouest, à part à Lachine. Sinon, il fallait aller en Ontario», affirme Jean-Marc Richard, qui a travaillé au cinéma Rex de 1972 à sa fermeture définitive, en 2000. Il est la mémoire de ce lieu mythique et sortira un livre sur le sujet dans les prochains mois. Dans les années 1920, les spectateurs venaient au cinéma Rex pour y voir du théâtre vaudeville et du cinéma muet, explique Jean-Marc Richard.

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