Le directeur de succursale, Parham Kia, fait le point sur le climat économique de la région. (Photo: Jacques Pharand)
Économie locale: les investisseurs sont vite rassurés
Parham Kia de la Banque Laurentienne fait le point sur le climat économique
Depuis l’effondrement de la bourse le 15 septembre dernier le spectre de la récession rôde dans l’Ouest-de-l'Île, mais personne ne semble l’avoir réellement vu. De quelle façon la crise mondiale se fait ressentir dans chez-nous? Quelles sont les principales préoccupations des résidants? Un conseiller financier de la région s’exprime sur la question.
À la banque laurentienne située sur le boulevard Gouin à Roxboro, le nouveau directeur de succursale, Parham Kia, est entré en poste quelques semaines après le krach de septembre. Régulièrement, des clients viennent lui poser des questions sur leurs investissements
«Les clients ont des préoccupations, que ce soit pour leurs REER enregistrés ou autres», explique le jeune gérant. Il est évident que pour ceux qui sont dans des fonds mutuels, la crise boursière a un impact sur leurs investissements.»
Selon Parham Kia, le rôle du conseiller financier en ce moment est d’analyser avec son client quel était l’objectif qu’il s’était fixé, quelle échéance il s’est donné pour l’atteindre et quel type (conservateur ou agressif) d’investisseur il est. «On explique au client que oui, il y a des baisses sur le marché en ce moment, mais d’ici quelques années, ça va reprendre.»
Les clients qui envisagent de prendre leur retrait dans plus de dix ans sont vite rassurés. Toutefois, ceux qui entrevoient la retraite dans un avenir très proche devront peut-être réfléchir à changer le type d’investissement, car leur fonds de pension (ou leur REER) dont la valeur a diminué ne sera peut-être pas suffisant pour subvenir aux besoins d’une retraite qui viendra dans deux ou trois ans.
«Le client qui prend bientôt sa retraite va peut-être décider d’aller vers quelque chose de plus sûr, car conserver le capital, devient son principal objectif», Explique le directeur de succursale de Roxboro.
Enjeux politiques
Bien entendu, il n’est pas possible de prédire combien de temps la crise durera, car au-delà des enjeux économiques, il y a des enjeux politiques. «Dans quelques semaines, les candidats provinciaux participeront au débat télévisé et chacun fera valoir son plan économique. Il faudra être attentif aux propositions que chacun offre pour améliorer la situation économique au Québec», explique le directeur, bachelier de l’université McGill en gestion.
Selon ce dernier, le gouvernement a un rôle à jouer et plusieurs lignes de conduite sont possibles. «Lors d’un débat organisé à McGill devant des élèves en Maîtrise en économie il y a quelques semaines, des experts ont discuté des différentes options possibles. Même les économistes ne s’entendent pas sur ce qu’il y a de mieux, il n’y a pas de mauvaise ou de bonne réponse», ajoute M. Kia. Ainsi, le nouveau gouvernement pourrait intervenir en aidant directement les citoyens (en réduisant les impôts ou sous forme de crédit quelconque) pour qu’ils dépensent et relancent l’économie. Il pourrait également opter pour une aide directe aux entreprises ou un mélange des deux options.
Valeur des maisons
Bien que les États-Unis traversent une période désastreuse dans le domaine de l’immobilier, les propriétaires de l’Ouest-de-l’Île ne semblent pas trop préoccupés par la valeur de leur maison. «Pour l’instant, il n’y a pas eu un impact de perte de valeur sur les maisons, explique Parham Kia. La valeur immobilière ne va pas croître de la même façon qu’elle l’a fait dans les dernières années, mais elle va rester stable.» Le conseiller financier constate que les gens n’hésitent pas à acheter. Cependant, ceux qui envisageaient d’acheter un immeuble à revenu demeurent sur leurs gardes. «Dans le contexte actuel, ils ont peur de ne pas trouver de locataires et de devoir payer le loyer eux-mêmes», ajoute-t-il.
En terminant l’entrevue, M. Kia fait mention d’une lettre ouverte écrite par Warren Buffet qui a paru dans le New York Times le 15 octobre dernier. «Le deuxième homme le plus riche du monde considère que pour ceux qui pensent à long terme, la crise actuelle est un moment excellent pour acheter des actions. Oui le marché a reculé de 30% ou 40%, mais il remontera un jour et c’est à ce moment que les investisseurs feront des gains intéressants.»