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L’OSMM – une bonne note

Toula Foscolos par Toula Foscolos
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Article mis en ligne le 27 novembre 2008 à 13:43
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L’OSMM – une bonne note
Le jour où Joseph Milo, chef d’orchestre renommé résidant à Côte St-Luc, s’est entretenu avec son portier, il a été surpris d’apprendre que cet homme était un violoncelliste professionnel qui jouait autrefois dans un orchestre symphonique en Russie.
Cette conversation, ainsi que celle que Maestro Milo a eue un autre jour avec un livreur de pizza qui autrefois jouait du violon dans un orchestre en Roumanie, lui ont donné l’idée de fonder un orchestre avec tout ce monde talentueux et cette idée a donné naissance à l’Orchestre Symphonique des Musiciens du Monde. Imaginez que vous jouez d’un instrument de musique après avoir étudié et pratiqué pendant des années afin de vous perfectionner sur l’instrument de votre choix et que vous vous trouvez dans votre pays adoptif contraint à faire un travail quelconque «de survie» pour subsister à vos besoins. Ces circonstances-là sont chose assez courante car nous avons tous rencontré des chauffeurs de taxi ou des propriétaires de dépanneurs trop qualifiés pour faire le travail qu’ils font. J’ai un peu honte devant ces circonstances et devant l’incapacité de mon pays à mettre à la bonne tâche tout ce monde intelligent et travailleur possédant des aptitudes hors du commun.

S’il y a une chose qui m’enflamme, c’est la passion. Quand j’entre en contact avec des gens qui doivent surmonter de nombreux obstacles et relever des défis de taille dans le seul optique d’améliorer leur sort, je dois réagir en leur demandant sans hésiter, «comment puis-je vous aider?»

Quand Lucy Ravinsky m’a raconté l’histoire de l’OSMM qu’elle et son mari, Joseph Milo ont fondé ensemble, j’ai été étonné d’apprendre qu’ils n’ont pas obtenu suffisamment de subventions gouvernementales et qu’ils cherchent encore par tous les moyens de trouver les fonds nécessaires pour pouvoir continuer leurs performances. Voilà une des meilleures façons d’intégrer les immigrants talentueux dans notre société (dans ce cas-ci des musiciens) : leur permettre de poursuivre leur métier.

«Le Canada connaît une pénurie de main d’œuvre qualifiée, due en partie à la baisse du taux de natalité, et il doit à tous les ans se tourner vers le marché mondial du travail pour trouver ces travailleurs. Nous les recrutons, nous leur faisons passer toutes sortes d’examens, nous leur exigeons le paiement de sommes élevées pour pouvoir à la fin choisir les meilleurs d’entre eux. Alors, une fois ces professionnels et cette main d’œuvre qualifiée arrivent chez nous, pourquoi leur posons-nous toutes sortes de colles et d’obstacles au lieu de les accueillir à bras ouverts? » (Globe and Mail, le 8 janvier 2003). Eh oui, pourquoi?

L’OSMM est le premier orchestre de ce genre au Canada et il engage plus de 55 musiciens venus de 16 pays. Du jour au lendemain, des musiciens formés en musique classique venus de : la Chine, l’Arménie, la Russie, le Corée et le Moyen-Orient, ont eu l’occasion de se servir de leurs talents, de se joindre aux autres musiciens et de jouer devant un public et ainsi enfin réaliser les rêves qu’ils ont cru devoir abandonner pour toujours.

«La musique, c’est mon refuge» s’est exclamé Maya Angelou. Mais pour les musiciens formés en musique classique, la musique représente pour eux leur salut, leur mission dans la vie et leur raison d’être. Mettez-vous à leur place : vous vous trouvez dans l’impossibilité de partager vos dons avec autrui en raison des circonstances qui vous ont amené à quitter votre pays et à vous relocaliser dans un autre pays qui se montre toutefois incapable, et peut-être même indisposé, à vous intégrer à titre de membre accepté et utile dans sa société.

Après trois années d’existence et 20 performances ayant suscité des critiques des plus favorables, ces musiciens doivent encore aujourd’hui chercher par tous les moyens de trouver les ressources nécessaires pour pouvoir continuer à exister comme orchestre. Il est surprenant de constater qu’un tel cas de réussite, une telle célébration de la vie multiculturelle de Montréal n’a pas pu trouver l’appui nécessaire après avoir frappé à la porte de tous les niveaux de la société. Mais ils refusent d’abandonner l’espoir. Contactez lucy@sympatico.ca si vous pouvez aider leur cause d’une manière ou d’une autre.

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