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Nitro, Gène précurseur ?

La jeune entreprise se pose en ceinture de protection du berceau génétique de la plante guarana.

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Article mis en ligne le 28 novembre 2008 à 17:38
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Nitro, Gène précurseur ?
Ali Dehgahi (à dr.) et Jérôme Pelletier, les deux fondateurs et employés de Nitro Gène. (Photo: Jacques Pharand)
Nitro, Gène précurseur ?
La jeune entreprise se pose en ceinture de protection du berceau génétique de la plante guarana.
Ali Dehgahi, résident de Pierrefonds et vice-président des produits équitables Nitro Gène a quitté aujourd'hui le Québec pour rejoindre le Brésil et, plus particulièrement, l'Amazonie.

Le voyage, qui durera une semaine, résulte de la concrétisation d'une alliance exclusive à vie conclue avec la Sapopema, Société des Peuples pour L'Écodéveloppement de L'Amazonie, en vue de l’importation du guarana. "Les Indiens qui se sont regroupés dans la Sapopema n'ont pas la valeur de l'argent et se faisaient voler en allant vendre leurs matières premières dans les villes", explique M. Dehgahi, avant d'ajouter: "Nous sommes la porte d'entrée en Amérique du Nord de cette plante".

Le guarana est une liane ligneuse originaire de la forêt amazonienne qui grimpe sur les arbres et produit des graines riches en caféine, théobromine, xanthine, théophylline, en oligo-éléments et en vitamines. Le guarana est un tonique neuromusculaire qui doit son pouvoir stimulant sur le système nerveux sympathique, grâce à sa richesse en xanthines. Son action sur la thermogenèse et la combustion des corps gras potentialise la perte de graisse, tout en évitant les coups de fatigues fréquents en cas de régime amincissant, indique-t-on chez Nitro Gène.
Préserver la biodiversité
L'entreprise, créée il y a un an par M. Dehgahi et Jérôme Pelletier, qui en est le PDG, se spécialise dans la conception et la commercialisation de produits bio alimentaires, de santé naturelles et neutraceutiques. Nitro Gène entend, outre commercialiser des produits issus du guarana, valoriser et conserver la biodiversité amazonienne et promouvoir l'économie solidaire entre les communautés de la région. Par ailleurs, l'entreprise de produits équitables veut financer l'élevage des abeilles natives sans dard pour la production de miel, la pollinisation des plantations de guarana et d'autres plantes de la forêt afin de garantir l'équilibre de l'écosystème.

"C'est important de laisser le poumon de la terre en santé. La matière première là-bas pousse à l'état sauvage, il n'y a pas de plantations. Nous payons équitablement la Sapopema et nous apportons la technologie, mais nous ne voulons pas développer des plantations. C'est leur connaissance versus notre connaissance", développe M. Dehgahi.

"Nous allons faire connaître le guarana sous forme de chocolat et procéder au lancement dans les universités. Pour chaque produit vendu, 1$ sera versé à une association. Nous vendons aussi le Nitro thé, à base de catéchine, dont il est prouvé qu'il a des vertus pour lutter contre le cancer du sein", précise le vice-président de Nitro Gène, qui commercialise ses produits chez Liquid Nutrition. "Nous visons tout le Canada, puis l'Amérique du Nord, mais commençons d'abord par le Québec et iront bientôt en Ontario", ajoute-t-il.

La production des produits finis se fait au québec par un sous-traitant. "Nous avons un partenariat avec l'Institut de chimie et de pétrochimie du collège de Maisonneuve et le CÉPROCQ, Centre d’Étude des Procédés Chimiques du Québec, qui possède une technologie d'extraction propre car elle n'utilise pas de solvant comme l'éthanol, le méthanol", souligne M. Dehgahi.
Se soigner par les plantes
"Ensuite, nous voulons extraire la poudre pour en faire autre chose que du chocolat, mais des PSN, produits santé naturels, en utilisant le pouvoir antioxydant puissant de la plante, poursuit-il. Nous sommes persuadés que la plante peut guérir. En Iran, j'ai vécu trois ans de guerre. On n'avait pas de médicaments, on se soignait avec les plantes et cela fonctionnait. Je crois à la science et je ne pense pas que toutes les maladies peuvent se soigner par les plantes, mais les compagnies pharmaceutiques abusent. Je peux fabriquer du pétrole en laboratoire, mais cela va coûter 15 fois plus cher que de l'extraire. C'est exactement la même chose pour les médicaments. Ce que nous visons, c'est d'être capable d'aller chercher des produits santé pour contrer la malbouffe", insiste-t-il.

Ali Dehgahi est persuadé que dans cinq ans, l'entreprise possèdera toute sa gamme de produits naturels. Après le guarana, Nitro Gène aura sans doute des vues sur d'autres ressources naturelles, telles que le curcuma ou le bleuet. Pour l'heure, le frein à leur exploitation réside dans le coût. "Nous avons besoin d'un investisseur. Un test clinique coûte des millions. Nous allons réaliser des tests pour chaque produit, avec Anapharm.

Nous cherchons des passionnées et des gens conscients de ce qui guette l'écosystème", lance, comme un appel, M. Dehgahi.

Ils sont trois à faire partie du voyage. Ali est accompagne du photojournaliste Éric St-Pierre, qui a fait du commerce équitable sa spécialité, et du journaliste Emerson Da Silva, qui mettra en texte les images. Coût de l'opération, 5000 $ par tête de pipe.

La petite équipe reviendra chargée de plantes, de nombreuses images et de beaucoup de travail en perspective. Un livre naîtra de ce voyage, des conférences seront programmés, avant le but ultime, pouvoir se refaire une santé, à base de plantes.

www.nitrogene.ca

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