(Photo: Jacques Pharand)
Problème public et solution privée
Des soins intermédiaires à la résidence Saint-Raphaël
Depuis juin dernier, le Saint-Raphaël accueille des personnes âgées ayant besoin de soins intermédiaires.
En septembre, L'établissement privé accueillait les premiers résidants ayant une place dite publiques, selon une entente de service avec le CSSS de l'Ouest-de-l'Île. Sur les 43 places publiques disponibles, 41 sont déjà prises.
La résidence pour aînés est située à l'Île-Bizard et accueille des personnes en perte d'autonomie. Cette perte peut être légère, ou carrément handicapante. Les corridors sont immaculés, comme les chambres d'ailleurs. Il y a deux types de cas traités ici, la perte d'autonomie physique ou cognitive. Ces derniers ont leur chambre dans une section sécurisée à part, afin d'éviter les fugues éventuelles. Une infirmière, une physiothérapeute, un ergothérapeute et une travailleuse sociale du CSSS sont sur place de façon ponctuelle.
«Dans un Centre d’hébergement et de soins de longue durée (HSLD), la manière de fonctionner est plus hospitalière. On essaie de se démarquer justement en appliquant l'approche de milieu de vie, pour que les gens se sentent chez eux. Mais on se rapproche, au niveau de la structure, très fortement du CHSLD», explique le président Jean-Luc Tobelin. L'homme a fait du traitement de la perte d'autonomie un métier, qu'il pratique depuis 15 ans. Il possède d'ailleurs un autre établissement du genre à Valleyfield.
«C'est une orientation ministérielle. Toutes les ressources intermédiaires sont des ressources en partenariat avec des résidences privées», explique Nathalie Pellerin, chef de programme en perte d'autonomie et déficiences physiques au CSSS de l'Ouest-de-l'Île. «La raison pour laquelle les ressources intermédiaires ont été mises de l'avant, c'est d'une part pour changer la mission des CHSLD. Anciennement, certains des gens qui étaient hébergés avaient besoin de moins que 2,5 heures de soins par jour. Maintenant, les CHSLD ne reçoivent que des gens qui ont besoin de plus de trois heures de soins par jour. Donc des cas beaucoup plus lourds.»
Forte demande
Nul doute que la demande est forte pour ce genre de service, car a population de l’Ouest-de-l’Île vieillit rapidement. Selon les prévisions de la statistique du Québec, à partir de 2012, il y aura une concentration de personnes âgées plus forte dans l’Ouest-de-l’Île qu’ailleurs à Montréal. De plus, cette population d’aînés atteindra 20% de la population totale de la région en 2021.
«Au niveau des soins à domicile, les cas sont plus lourds maintenant, car on insiste pour que les gens demeurent chez eux. On est tout de même limité dans ce qu'on peut faire avec les soins à domicile. Une ressource comme ici vient combler un manque.»
Plusieurs résidences ouvrent leurs portes dans l'Ouest-de-l'Île, mais elles s'adressent souvent aux personnes âgées encore autonomes. «Je trouve que ça ne répond pas vraiment à la demande actuellement au Québec. Je pense que cette demande est vraiment axée au niveau de la perte d'autonomie», affirme Jean-Luc Tobelin. «Mon métier est un métier à vocation. Si ce n'en est pas une, il ne faut pas le faire! On travaille beaucoup avec l'humain, ce sont des relations humaines très enrichissantes. Mon père m'a appris le métier. Il me disait, si on fait ce métier que pour faire de l'argent, il ne faut pas faire ce métier.»
Lorsqu'amour et santé ne dansent pas au même rythme
Lorsque le Cités Nouvelles est arrivé dans la chambre de la résidante du Saint-Raphaël Thérèse Meloche-Beaulieu, il y avait réunion de filles. Sa cousine et sa sœur étaient sur place, toutes des dames de la région. Madame Meloche-Beaulieu aime beaucoup son nouveau chez soi et aimerait que son mari Jacques Beaulieu, placé au CHSLD du Manoir de l'Ouest-de-l'Île, vienne le rejoindre à la résidence Saint-Raphaël. Elle a écrit aux autorités, dit-elle, mais n'a jamais eu de réponse. Les deux tourtereaux ont eu une école de danse à l'Île-Bizard. Ils sont mariés depuis 49 ans et ont eu trois enfants ensemble.