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Une école pas comme les autres

Huit classes de plus à John F. Kennedy

Marie-Hélène Verville par Marie-Hélène Verville
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Article mis en ligne le 5 décembre 2008 à 14:06
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Une école pas comme les autres
Plusieurs techniques sont utilisées pour apaiser les enfants à l’école John F. Kennedy. (Photo: Jacques Pharand)
Une école pas comme les autres
Huit classes de plus à John F. Kennedy
À l'école John F. Kennedy à Beaconsfield, le directeur ne porte pas de cravate, les professeurs "jouent" avec leurs élèves, les enfants prennent des bains thérapeutiques. Et le programme est adapté à chacun.
L'école publique rattachée à la commission scolaire Marguerite-Bourgoys reçoit 152 enfants de 4 à 21 ans, tous ayant une déficience intellectuelle ou des troubles envahissants du développement (TED). Elle est la seule du genre dans la région et la demande forte. Elle attire des jeunes jusqu'à Chateauguay, Laval ou Vaudreuil-Soulanges. Certains parents, aux dires du directeur Éric Lauzon, vont jusqu'à déménager pour y accéder.

Huit classes et un local pour le personnel seront construits prochainement. Le projet vaut 2,3 millions de dollars. L'agrandissement est devenu nécessaire. Déjà cette année, l'école dépasse sa capacité d'accueil et a dû installer deux classes préfabriquées, note Brigitte Léonard aux communications de la Commission scolaire Marguerite-Bourgoys.
De plus en plus d'enfants
«Depuis mon arrivée dans l'établissement il y a trois ans, nous recevons trois classes de plus chaque année», note le directeur de John F. Kennedy. L'école publique accueille de plus en plus d'enfants avec des troubles envahissant du développement, souffrant souvent d'autisme. «Selon les études les plus récentes, on parle d'un taux de 1/160 naissances pour la prévalence des TED. Ce taux a déjà été autour de 1/2000 naissances, environ», explique Éric Lauzon.
Cette donnée, combinée au fait qu'il y a de moins en moins d'enfants avec une trisomie 21 qui naissent depuis l'arrivée d'un test pour les femmes enceintes, a changé le visage de l'école John F. Kennedy. Il a fallu s'adapter. Plusieurs enfants TED ont les lacunes sensorielles. Dans la classe de l'enseignante au secondaire Evelyne Gaudry par exemple, les néons sont fermés, seules deux petites ampoules installées à l'arrière illuminent faiblement le cours. La lumière des néons fatigue plusieurs des élèves de la classe. «En plus, les néons font un bruit qui, nous, ne nous dérange pas. Pour eux par contre, le son est très énervant», note la professeure. Un garçon porte une sorte de corsage, un autre mâchouille un bâton en caoutchouc. Dans les deux cas, m'explique Éric Lauzon, ces instruments servent à apaiser les élèves.

L'école a mis sur pied des séances de bain thérapeutique et de massage, mais également des salles dédiées, comme le jardin sensoriel, ou encore la salle Snoezelen. Selon la définition donnée à l'Hôpital Douglas, le terme Snoezelen tire son origine de deux mots hollandais : « somnoler » (doezelen) et « renifler » (snueffelen), qui décrivent cette approche développée dans les Pays-Bas et qui combine la relaxation et la stimulation sensorielle. Dans la salle, les lumières sont tamisées, les objets sont doucement illuminés. L'aromathérapie est aussi mise à contribution. Une jeune fille joue avec une auto téléguidée, sous les yeux attentifs de l'intervenant Pierre Montpetit. La salle Snoezelen est souvent un point de départ, explique-t-il. «Cela nous permet de voir à quels stimuli répond l'enfant, et nous aide à trouver ses besoins sensoriels», affirme pour sa part Éric Lauzon.
Une place pour tous
Plusieurs classes, surtout au primaire, fonctionnent par modules. La classe est divisée en différentes aires: des aires de jeu, aires d'apprentissage avec le professeur, aire de collation, etc. La séquence de travail est déterminée et affichée chaque matin, l'enfant va de l'un à l'autre, selon son rythme. La structure est un élément sécurisant pour les enfants TED. À l'école secondaire, les activités de groupes sont plus nombreuses. À mesure que les élèves vieillissent, on les amène vers l'autonomie, selon les limites de chacun. Les plus vieux ont des ateliers de travail, où ils apprennent à faire des tâches reliées au monde du travail, celles que l'on réalise dans un entrepôt ou dans une épicerie, par exemple.
Chaque petite amélioration est une grande victoire, croit Éric Lauzon. Pour les élèves, pour les parents. Pour Jean Robillard, parent d'un garçon de 10 ans et président du conseil d'établissement, une des grandes victoires est la possibilité de communiquer avec son fils, avec un cahier de pictogrammes. «Mon enfant ne parle pas, je ne peux pas savoir comment il va. Lorsqu'il voit son autobus, il est content, il veut y aller. C'est un signe qu'il aime son école. Et si un matin, il ne veut pas y entrer, le cahier nous aide à communiquer.» Pour ceux qui travaillent à John F. Kennedy, il n'a que des bons mots. «C'est merveilleux ce que ces gens-là peuvent faire.» Éric Lauzon est aussi de cet avis. «J'ai la chance d'avoir ici des gens passionnés, qui veulent changer les choses, qui veulent être formés», vante-t-il. «C'est l'équipe qui est au centre de tout.»

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