L’école Dollard-des-Ormeaux comptent parmi les écoles qui seront touchées par les transferts d’élèves. (Photo: Jacques Pharand)
Une carte à redessiner
433 élèves de la CSMB seraient déplacés l'an prochain.
En septembre prochain, 433 élèves de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) changeront d'école primaire, selon le scénario qui sera soumis à la consultation bientôt.
Les écoles Dollard-Des Ormeaux, Grand-Chêne, Murielle-Dumont, Saint-Luc, Émile-Nelligan, Sainte-Geneviève (Ouest), Saint-Gérard et Saint-Louis seront touchées par la refonte des bassins. Elle est devenue nécessaire, selon la directrice adjointe du réseau 1 des écoles primaires et préscolaires à la CSMB Louise Gaudreault, à cause du très grand nombre d'enfants dans certains secteurs. «Cette année, les élèves des classes d'accueil [n.d.l.r.: enfants allophones] de Saint-Gérard, de Dollard-Des Ormeaux, de Saint-Luc et du Grand-Chêne ont été dirigés vers d'autres écoles, parce que leurs écoles de quartier sont remplies à pleine capacité. On parle d'une centaine d'élèves touchés. En plus, je suis contrainte de faire un tas de transferts administratifs. Par exemple, s'il y a plus d'inscriptions en cinquième année que de places disponibles, on doit annoncer à des parents que leur enfant sera transféré.»
Le 2 décembre dernier lors du conseil des commissaires, ceux-ci ont entériné le processus de consultation, après une discussion qui a duré plus d'une heure. Un seul scénario sera soumis à la consultation des parents, scénario qui a été élaboré par l'administration, avec les commentaires des commissaires et des directions d'écoles. Les parents visés seront rencontrés au cours des prochaines semaines et une décision sera rendue pour février, lors de conseil des commissaires. L'idée est de faire en sorte que les élèves déplacés puissent faire leur inscription en même temps que les autres enfants, en mars 2009.
Un processus contesté
Les commissaires concernés par la refonte ont tous voté pour le processus de consultation, certains l'ont même défendu avec vigueur. Par contre, la décision ne fait pas l'affaire du comité central des parents (CCP), qui aimerait que le processus de consultation s'étale sur une année. «Il m’apparaît aberrant qu’on consulte en décembre pour une situation qu’on a dû évaluer depuis longtemps. Je suis certaine que la commission scolaire a suivi de très près l’évolution de la clientèle de ce secteur», a affirmé la présidente du CCP Jocelyne Bénard mardi soir, devant les commissaires.
Rejointe au téléphone le lendemain de la réunion, cette dernière a expliqué que le malaise vient de la façon dont se déroulera le processus de consultation et non pas du scénario proposé en lui-même. «Advenant un refus des parents, quelles sont les autres pistes de solution? Je n'ai toujours pas eu de réponse à ma question.»
Lors de la réunion de mardi, les deux commissaires-parents ont également émis des réserves sur cette façon de faire, qui est toute nouvelle selon Alain-Michel Sauget, commissaire-parent représentant de l'ordre d'enseignement secondaire. Habituellement lors d'une refonte de bassins, un comité ad hoc est créé, avec deux représentants par école touchée et les commissaires concernés. Ceux-ci analysent plusieurs scénarios qu'ils soumettent en consultation. «Je ne doute pas de la qualité des cadres, que je trouve très compétents. Seulement, les parents devraient être impliqués à un autre niveau, pas juste de manière individuelle. C'est nécessaire afin qu'ils aient une vision élargie de la problématique.»
Selon Louise Gaudreault, le statu quo n'est plus souhaitable. «En majorité, je crois que les parents seront satisfaits de notre vision. C'est toujours émotif de changer d'école, mais au moins ils le sauront, et la situation sera stable», note-t-elle. «Déjà dans ces écoles-là, les parents craignent de se faire appeler cinq jours ouvrables avant la rentrée scolaire pour se faire dire que leur enfant sera transféré.»