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Les banlieues se sont-elles fait avoir dans le budget de Montréal?

Absolument, déclare Bill McMurchie, le maire de Pointe Claire.

Article mis en ligne le 12 décembre 2008 à 14:49
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Les banlieues se sont-elles fait avoir dans le budget de Montréal?
Absolument, déclare Bill McMurchie, le maire de Pointe Claire.
Il est difficile de penser qu’il y a à peine cinq mois, les maires des banlieues ont signé, avec le maire Gérald Tremblay et Nathalie Normandeau, la ministre des Affaires municipales, une entente concernant le projet de loi 22. Nous avions travaillé fort, et longtemps, pour en arriver à un consensus sur les éléments de ce projet de loi 22 qui serait la première étape en vue de résoudre les dossiers en litige entre Montréal et nos villes reconstituées.

L’adoption du projet de loi 22 signifiait qu’une somme de 107 millions $ serait retirée du budget 2009 de l’agglomération (du moins, le croyions-nous). Ceci réduirait le fardeau foncier des villes de banlieue d’environ 22 millions $. Le maire Tremblay s’était déclaré satisfait du projet de loi parce que la ministre avait consenti à dédommager Montréal d’un montant de 25 millions $. Tous les intervenants semblaient y gagner, mais malheureusement, ce ne fut pas le cas.

Le 20 novembre dernier, nous étions mis au courant de «l’ébauche finale» des budgets de Montréal et de l’agglomération pour 2009. Et selon ce document, le maire Tremblay recevrait bien les 25 millions $ prévus de la part de Québec. Mais les 22 millions $ en allègement foncier promis aux villes de banlieue semblaient s’être envolés en fumée puisque le maire Tremblay et le comité exécutif avaient simplement ajouté près de 100 millions $ en nouvelles dépenses au budget de l’agglomération.

Les villes de banlieue avaient besoin de ces 22 millions $ pour compenser les coûts supplémentaires découlant du transfert des responsabilités vers les agglomérations – comme le réseau artériel – tel que prévu dans le projet de loi 22.

C’en est donc fait de tout le travail effectué et de toute la bonne volonté exprimée dans le projet de loi 22. Avec ce budget, le maire Tremblay a tourné le dos non seulement à ses partenaires (comme il se plaisait à nous appeler), mais aussi à la ministre. La Ville de Montréal va empocher les 25 millions $ de Québec tout en préparant un budget qui n’offrira aucune réduction de coûts correspondante pour les villes de banlieue.

Le budget de l’agglomération pour 2009 fut rendu public à l’Hôtel de Ville de Montréal le 26 novembre dernier. Tout juste avant la conférence de presse, les maires de banlieue ont reçu le texte final des documents du budget 2009. Une journée plus tard, le budget fut soumis à la discussion lors d’une assemblée du conseil d’agglomération. Et durant cette assemblée, le maire Tremblay et ses conseillers nous ont reproché nos questions : pourquoi ces 100 millions $ en nouveaux coûts avaient-ils été ajoutés au budget, particulièrement à l’orée d’une crise économique mondiale? Pourquoi les 22 millions $ en épargnes pour les villes de banlieue avaient-ils été intentionnellement effacés? Pourquoi la raison d’être du projet de loi 22 avait-elle été ignorée?

Monsieur Tremblay a répété à maintes reprises qu’il n’avait pas eu d’autre choix que de mettre ces 100 millions $ en fonds supplémentaires pour le transport public, les aqueducs, les égouts, l’amélioration des infrastructures, de même qu’une longue liste d’autres priorités.

Si ces nouvelles priorités coûtent 100 millions $, nous sommes plus que prêts à les appuyer après en avoir discuté de façon appropriée. Mais une part entière du débat sur le budget manque à l’appel : Pourquoi n’a-t-on pas tenté de retirer 100 millions $ des postes budgétaires aux priorités moins pressantes? Un principe fondamental de l’établissement de budgets municipaux est que l’on ne peut pas ajouter de nouveaux projets et effectuer des dépenses sans couper dans les projets moins pressants ou, inversement, trouver de nouvelles sources de revenus.

Depuis 2006, l’Association des municipalités de banlieue tente d’apporter une contribution positive au processus budgétaire. Mais nous avons remarquablement failli à la tâche. Pas un sou n’a été ajouté ou retiré du budget de l’agglomération par suite de nos interventions depuis que nos villes ont revu le jour il y a trois ans.

Est-ce que j’espère que cette année sera différente? Bien sûr. Est-ce que je crois que cette année sera différente? Passons à une autre question, je vous prie.

Tous les citoyens de l’île de Montréal y gagneraient si de bonnes relations de collaboration existaient entre le bureau du maire Tremblay et ceux des maires de la banlieue. Il est malheureux que les attentes générées par l’entente que nous avions signée en toute bonne foi ne se soient pas encore réalisées. La déception des maires des municipalités de banlieue sera partagée, sans doute, par la ministre des Affaires municipales et son personnel - qui ont joué un rôle-clé dans la réalisation de cette entente.

<@Ri>M. Bill McMurchie est le maire de la Ville de Pointe-Claire et vice-président de l’Association des municipalités de banlieue.<$p>

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