De gauche à droite: Chris Redahl , membre de soutien, Sabrina Richard-Lalonde et Véronique Vendette, membres travailleuses.
(Photo: Jacques Pharand)
La voie verte
Magasin écologique à Sainte-Anne-de-Bellevue.
Des boîtes de chocolats et de café équitables, du shampoing "Druide" en vrac, des produits ménagers bio, des couches composables ou réutilisables, des vêtements, du savon naturel, des sacoches en plastique réutilisé.
De vert foncé à vert feuille, il y en a pour tous les goûts dans la nouvelle coopérative du Grand Orme à Sainte-Anne-de-Bellevue. L'idée est d'offrir une solution de rechange écologique aux produits de consommation courants. Le magasin a ouvert ses portes fin novembre, juste à temps pour la traditionnelle parade de Noël de Sainte-Anne-de-Bellevue. Les gens ont d'ailleurs pu se réchauffer au second étage du magasin, dans le coin café.
«J'avais besoin d'avoir un emploi qui me permettait de partager ces ressources-là avec le public. Le travail de bureau chez Environnement Canada, où j'étais avant, ce n'était vraiment pas pour moi!», s'exclame la jeune fille au comptoir, Véronique Vendette, également présidente du conseil d'administration et membre-travailleur de la coopérative de solidarité. L'idée a germé dans son l'esprit il y a quelques années, lorsqu'elle a travaillé à la Maison verte dans Notre-Dame-de-Grâce. Elle est également la cofondatrice de SOS Planète.
Démocratie, communauté et commerce
Finalement, sept personnes ont débuté l'aventure il y a un an, dont le candidat vert et professeur à John-Abbott Ryan Young, et Valérie Sabbagh, l'autre fondatrice de SOS Planète. Le magasin sera donc une coopérative de solidarité, avec les bons et les mauvais côtés d'un tel système. «Nous étions tous à un point dans nos vies où nous avions le temps de nous dédier à ça », explique Véronique Vendette. «Ça ne se fait pas du jour au lendemain une coopérative, ce n'est pas comme un commerce ordinaire. Tout le monde amène son apport, on n'est pas tout le temps d'accord. On en avait parlé longuement avant et on était prêt.»
Il en coûte 20 dollars pour être membre utilisateur, et 100 dollars au minimum pour être membre de soutien. Le but d'une coopérative est de faire participer la communauté. « La coop n'est pas juste un magasin, c'est aussi un endroit social où les gens peuvent venir apprendre et partager sur les enjeux environnementaux et sociaux», explique Vendette.
Rénover vert
La bâtisse choisie est située dans le village de Sainte-Anne-de-Bellevue. Il s'agit de la maison Lamarche, qui a plus de 175 ans. «C'est l'endroit idéal pour faire la coop, à cause du terrain en pleine rue commerciale. On va y créer dès cet été des jardins», explique Vendette. La nouvelle propriétaire de la maison a accepté de louer la maison au groupe, qui l'a rénové de pied en cap.
Olivier Dubreuil est celui des sept mousquetaires qui a coordonné les rénovations, les plus écologiques possible, évidemment. Plusieurs bénévoles, dont on lit les noms sur des boîtes du magasin aujourd'hui, ont mis la main à la pâte. Plusieurs matériaux proviennent de dons, ou de récupération. «On évite plusieurs étapes qui ont un impact sur l'environnement, comme l'emballage, par exemple», note Olivier Dubreuil, qui travaille en rénovation.
Également, les matériaux utilisés ont été choisis à cause de leur faible toxicité, dans le cas de la peinture, par exemple. «Nous avons utilisé une peinture à la caséine, une protéine du lait.» Cette peinture est fabriquée selon une méthode traditionnelle. Elle coûte le même prix qu'une peinture en grande surface, mais on la trouve difficilement. «L'avantage principal, c'est qu'il n'y a aucun produit pétrochimique à l'intérieur, contrairement aux peintures de grandes surfaces, même celles qui se vantent d'être "écologiques".»
Autant que possible, des matériaux locaux ont été utilisés. Selon Olivier Dubreuil, la grande difficulté des rénovations dites écologiques vient du fait que la plupart du matériel n'est pas disponible en grande surface. Le résultat est aujourd'hui visible à la coop et constitue la meilleure des publicités.