Renée Robitaille présentera les Hommes de pioche à la Salle Pauline-Julien ce mercredi 25 février prochain, à 20h, en formule salle intime. Infos: 514 626-1616.
Dans le ventre de la mine
Renée Robitaille raconte les Hommes de pioche
Mue par la volonté de se redéfinir par rapport à ses racines, Renée Robitaille a creusé plus en profondeur l’histoire de sa terre natale, celle de l’Abitibi et de ses mineurs. Des individus courageux dont le destin s’est scellé autour d’un seul et même élément: la mine, véritable symbole au coeur de la vie et des récits de ceux qu’elle a baptisés les Hommes de pioche.
«Tous les mineurs que j’ai rencontrés portaient cette petite fiole au cou. Une fiole en or sur laquelle la mine avait inscrit "20 mai 1952". […] J’ai arpenté les terres de l’Abitibi. J’ai cherché le Grand Zaphat dans les tavernes, dans les mines. Et je l’ai trouvé à travers les histoires de tous les Hommes de pioche qu’il a sauvés ce jour-là, le jour où le marécage est entré dans la mine.» Voici un extrait du spectacle que Renée Robitaille a consacré à ces hommes qui l’ont accueilli à bras ouverts, qui lui ont fait confiance et lui ont permis de plonger dans cet énigmatique univers enfoui au centre de la Terre.
Le récit d’une quête
«J’ai grandi en Abitibi, mais j’ai quitté il y a longtemps pour emménager à Montréal. Je me suis aperçue que les gens là-bas ont une grande fierté que je n’arrivais pas à comprendre exactement… J’ai eu besoin d’y retourner pour me retrouver, pour mesurer la grandeur de mes racines. Je suis descendue dans les mines, car elles sont le centre même de la région. Tout le monde en Abitibi connaît quelqu’un qui a travaillé dans les mines!», explique Renée, qui signe un spectacle captivant et touchant de vérité, dont la mise en scène sobre et efficace a été assurée par Louis Champagne. «Les Hommes de pioche raconte ma rencontre avec ces gens que j’ai appris à découvrir au fil des entrevues réalisées sur le terrain. Il y a donc un côté documentaire, une démarche ethnologique importante derrière le spectacle, mais également une recherche identitaire, car j’ai mené toute une quête personnelle à travers eux», confie-t-elle.
La fibre de la conteuse
«Le spectacle est écrit comme une histoire de théâtre, une grande trame universelle qui intègre les émouvants récits de vie de ces hommes très durs qui, sous leur grosse carapace, se révèlent des êtres à la fois drôles et très sensibles. Ils continuent d’ailleurs de me suivre dans mes spectacles; leur présence et leur âme sont avec nous et on peut parfois même les sentir! Ils nous accompagnent dans notre voyage au cœur des entrailles de la terre», indique la jeune et pétillante conteuse, qui est littéralement<@Ri>tombée<@Ri> dans le métier il y a une dizaine d’années. «J’ai étudié la relation particulière entre le conteur et le spectateur dans le cadre de ma maîtrise en Communications et je me suis laissée prendre au jeu… La première fois que j’ai raconté devant un public, il s’est produit un coup de foudre des deux côtés de la scène, une véritable découverte! Ça a été soudain, mais ça s’est fait tout naturellement, comme si j’avais déjà la fibre ancrée en moi. C’est vraiment le métier qui m’a choisi et j’en suis très heureuse, car c’est un gros luxe de raconter l’humain».