(Photo: courtoisie)
Soleil d’Alaska
Deux êtres à première vue opposés voient leurs trajectoires se croiser, alors même qu’ils se débattent mutuellement dans les eaux troubles de l’Alaska, telles deux banquises à la dérive. Des écorchés vifs qui vont apprendre à s’apprivoiser et finir par découvrir qu’ils ont bien plus que la souffrance à partager.
Une nuit d’été, dans un bungalow de banlieue, Madame est gardée prisonnière dans son propre salon par un dénommé Aujourd’hui, un jeune fugueur qui a spontanément fait irruption dans sa maison. Avec une dame 70 ans en peine d’amour et atteinte d’un cancer, doublée d’un adolescent d’à peine 14 ans blessé et en rupture avec le monde, nul besoin de spécifier que ce qui devait être une prise d’otage en bonne et due forme prendra une tangente tout aussi inattendue qu’émouvante…
«D’Alaska raconte l’histoire d’un apprivoisement qui s’étend sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Au départ, j’étais préoccupé par cette impression qu’on a quand on vit un chagrin, que le temps est interminable, semble s’étirer jusqu’à l’infini. J’ai donc imaginé une rencontre entre deux personnes en peine d’amour, pour qui le temps n’a pas du tout la même densité. On pourrait être tentés de croire que le récit se déroule en temps réel, mais on va rapidement découvrir que ce sont les nuances à ce niveau qui donnent justement toute sa singularité au texte. C’est tellement intéressant de jouer avec le temps quand on écrit pour le théâtre!», révèle l’auteur de la pièce, Sébastien Harrisson, formé en écriture dramatique à l’École Nationale de Théâtre.
Un duo en huis clos
Produite par le Théâtre Bluff et mise en scène par Frédéric Dubois, la pièce intitulée D’Alaska est interprétée par nuls autres que Louisette Dussault et Christian E. Roy, qui livrent ici une performance d’acteurs vibrante, empreinte de vérité et d’humanité. Le duo est parfait, si bien que Sébastien Harrisson lui-même confirme qu’il lui aurait été impossible de rêver d’une meilleure distribution! «Lorsqu’on traite d’un sujet comme le deuil, c’est important de le faire d’une façon humaine et crédible qui parle aux gens. J’ai donc dû travailler l’équilibre du texte, mais ce sont vraiment les comédiens qui lui donnent toute sa profondeur sur scène. C’est très concentré un duo, tout se passe uniquement entre deux personnages, alors il fallait des acteurs capables de littéralement transporter la pièce d’un bout à l’autre!», estime l’auteur, également directeur artistique du Théâtre Bluff.
«Louisette Dussault et Christian E. Roy sont de ces comédiens qui, en plus d’être près de la réalité et de faire preuve d’un grand potentiel d’humour, allient une capacité d’élans grandioses à une profonde humanité. Ils se partagent la scène depuis maintenant 4 saisons et ils y vont toujours avec la même passion et le même engagement envers la proposition. D’autant plus que les liens d’amitié qui se sont tissés entre eux passent à travers les personnages et viennent enrichir le texte, ce qui représente non seulement un beau cadeau pour moi en tant qu’auteur, mais pour le public aussi. On a affaire à une belle rencontre entre 2 personnages issus de générations que tout semble séparer, une rencontre au caractère certes inusité, mais qui va déboucher sur une relation vraie, fondée sur une douce et tendre complicité», indique en terminant Sébastien Harrisson.
La pièce D’Alaska sera présentée à la Salle Pauline-Julien le vendredi 17 avril prochain, à 20h. Infos: 514 626-1616.