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Tibet, la foi du silence

par Corinne Laberge
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Article mis en ligne le 27 avril 2009 à 10:13
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Tibet, la foi du silence
(Photo: courtoisie)
Tibet, la foi du silence
Dépossédés de leur langue, de leur culture et de leur religion, en exil ou étrangers à l’intérieur du territoire qu’on leur a enlevé, les Tibétains ont vu leur «Pays des neiges» se dérober sous leurs pieds et c’est leur identité même qu’ils craignent aujourd’hui de voir s’effacer. Une peur familière que Kalsang Dolma a confronté sur chacun des visages qu’elle a rencontrés pour les fins de Ce qu’il reste de nous, un documentaire de François Prévost et Hugo Latulipe qui fait la lumière sur le sombre destin de ce peuple.
La Tibétaine Kalsang Dolma, comédienne dans Ce qu’il reste de nous, a pris part à la projection du long métrage, présenté mercredi dernier dans le cadre de la 5e édition de la Semaine des sciences humaines du Collège Gérald-Godin, qui s’est déroulée du 20 au 24 avril derniers sous le thème La migration, réalités et défis. Née dans un camp de réfugiés au sud de l’Inde, Kalsang a été accueillie au Québec avec son père au début des années 1980 et a grandi à Montréal, loin des hautes montagnes de son Tibet natal. Un pays tombé aux mains de la Chine qu’elle revisitera à quelques reprises entre 1994 et 2004, munie d’un extrait vidéo dans lequel le Dalaï-Lama, chef spirituel et politique en exil, adresse un message d’espoir de 5 minutes aux Tibétains qui vivent l’extrême répression du régime de Beijing.
«Je fais appel à la justice. C’est une lutte qui prône la compassion pour l’ennemi. Le Tibet et nous, Tibétains, méritons d’être respectés. Notre but est la survie d’un patrimoine et il ne faut pas perdre ces valeurs précieuses que le monde respecte. […] Continuez vos efforts et mettez-y tout votre cœur, car il est impératif de maintenir notre position de résistance non violente », demande le Dalaï-Lama sur l’enregistrement que Kalsang Dolma et l’équipe montrent à différents groupes de Tibétains réunis clandestinement pour l’occasion, car la seule mention du chef spirituel bouddhiste devant les autorités chinoises est un motif suffisant pour se retrouver en prison. «La Chine considère le Dalaï-Lama comme une menace nationale et quiconque parle de lui ou de politique dans la rue se met en danger, de même que sa famille. Tout le monde se méfie de tout le monde», explique Mme Dolma.
Émus, profondément bouleversés, les Tibétains boivent les paroles du Dalaï-Lama comme une eau de vie. Certains esquissent un sourire, d’autres fondent littéralement en larmes et un groupe s’agenouille même tour à tour devant le lecteur DVD, dans ce qui se veut une sorte de cérémonie sacrée, de rituel spontané pour célébrer leur chef exilé. «Vraiment, cette machine est incroyable!», s’exclame un homme âgé dans le documentaire. «C’est comme si le soleil du monde brillait à nouveau!», lance une femme. «Mon seul espoir est qu’il revienne. Quand j’entends sa voix, j’ai l’impression qu’il va revenir, mais en même temps je doute…», confie une autre. «Personne n’a le droit de dire quoi que ce soit ou même de lever la tête. Les Tibétains n’ont le droit de rien faire et ils ont peur. J’ai parfois envie de m’enlever la vie parce que je n’ai rien pu faire pour mon pays!, révèle un homme à la caméra. La souffrance est partout et qu’on soit jeune ou vieux c’est pareil… Une vie basée sur l’espoir.»
Une guerre d’usure
«1 200 000 réfugiés tibétains ont été battus, torturés à mort ou sont disparus. C’est 1/5 de la population. Des milliers d’autres ont été exécutés arbitrairement, stérilisés ou emprisonnés sur la seule base de leurs opinions politiques, souligne Kalsang Dolma. Ils se sont attaqués aux étudiants, de même qu’aux moines et aux nonnes, qui sont à la fois nos intellectuels, nos gardiens de la tradition et nos gens politiques. En éliminant des dizaines de milliers de penseurs, c’est le cœur que visait la Chine. Aujourd’hui, il y a le combat de 200 000 exilés, mais aussi de ceux qui se battent chaque jour à l’intérieur des frontières du Tibet. Beijing a changé le nom des rues, des montagnes, des fleuves, a pris le contrôle de la langue et de l’éducation et Lhassa, la capitale, est désormais une ville morte. Le Tibet n’apparaît plus sur les cartes du monde et au rythme de 1000 nouveaux arrivants chinois par jour, les Tibétains sont désormais minoritaires dans leur propre pays. C’est une guerre d’usure que la Chine fait au Tibet et nous continuons de croire que la résistance non violente est la seule position acceptable», rapporte-t-elle.
La résistance fragile
«La clé ultime du Bouddhisme est de ne pas blesser les gens, car nos gestes se prolongent dans le monde à l’infini. La force qui passe à travers nous rejaillit au-delà de nous, ce qui explique pourquoi ce peuple a choisi de mourir sous vos yeux, s’il le faut, plutôt que de tomber dans la violence, explique Mme Dolma. Plusieurs croient que nous avons perdu notre pays parce que nous n’avons pas assez prié. Moi, qui ai grandi en Occident, j’ai l’impression que nous avons perdu notre pays parce que nous avons trop prié justement. Et j’ai peur que l’histoire ne retienne, de notre fragile résistance, qu’une sorte de soumission. Où étions-nous le 24 novembre 1950 et où sommes-nous aujourd’hui? J’ai voulu rompre avec 50 ans d’absence et aller vérifier par moi-même ce qu’il reste de nous, mais je n’ai rien trouvé de solide ici pour fonder un espoir; 6 millions d’âmes perdues dans la souffrance et la douleur. Le temps presse pour le Tibet et pour notre chef actuel, le 14e Dalaï-Lama, qui parvient à garder les Tibétains unis même à l’extérieur de son pays. La situation y est de plus en plus sévère depuis mars 2008. Les frontières sont fermées, les lignes téléphoniques coupées et je ne parviens maintenant plus à avoir de contact avec ma famille là-bas. C’est définitivement la plus vaste prison du monde», indique celle qui invite ceux qui désirent s’impliquer à dénoncer la situation auprès de leurs élus et à limiter leur consommation de produits fabriqués en Chine.

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Marie-Thérèse

Commentaire mis en ligne le 27 avril 2009
Bonsoir,

Continuons à diffuser des infos pour le Tibet avant qu'il ne tombe dans l'oubli... ou l'indifférence
Ensemble SAUVONS LE TIBET
Bien cordialement

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