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Quiproquo sur Dieu

Un essai historique inédit remet en question l’interprétation classique des Écrits

par Corinne Laberge
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Article mis en ligne le 7 juin 2009 à 20:48
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Quiproquo sur Dieu
(Photo: Jacques Pharand)
Quiproquo sur Dieu
Un essai historique inédit remet en question l’interprétation classique des Écrits
Avec son premier livre, Bernard Lamborelle s’est montré pour le moins audacieux en se penchant sur la Bible, cet ouvrage tantôt sacré tantôt controversé qui a fasciné les hommes de tout temps, les croyants comme les athées. Et si l’épisode fondateur des trois grandes religions monothéistes était erroné? S’il y avait un malentendu autour du «Seigneur» d’Abraham et de sa véritable identité? Dans Quiproquo sur Dieu, l’auteur propose des réponses, à travers une enquête de fond solide et appuyée.
Ingénieur de profession, Bernard Lamborelle ne se défini pas d’emblée comme un auteur, mais bien comme un passionné d’histoire qui prend plaisir à résoudre différentes problématiques. Perplexe face aux incohérences et aux contradictions relevées dans les Saintes Écritures et tout spécialement dans le récit des Patriarches racontant le destin d’Abraham et de ses descendants, le résidant de Pierrefonds s’est lancé tête première dans cette aventure. Un projet d’envergure auquel il aura finalement consacré six longues années. «Ce livre est une sorte d’accident de parcours si on veut, car ma formation d’ingénieur m’amène à évoluer dans un tout autre milieu qui n’a rien à voir avec ce sujet. Je me suis posé des questions à plusieurs reprises, comme tout le monde, en plus de trouver l’univers de la Bible un peu trop fantastique, mais c’est vraiment en la relisant attentivement il y a six ans que j’ai eu une révélation! Une seule question s’est alors imposée à moi: est-ce possible que le Seigneur d’Abraham, l’ancêtre même de Moïse, de Jésus-Christ et de Mahomet, ait été un homme plutôt qu’un Dieu?», rapporte Bernard Lamborelle.
Il était une fois, il y a 3500 ans…
Ayant vécu près de 2000 ans av. J.-C. à une époque appelée le Bronze moyen, Abraham est un personnage majeur qui a marqué l’Histoire. Dans la Bible, son récit débute lorsque Dieu lui demande d’abandonner sa ville natale en Chaldée pour Canaan, symbole de la terre promise. En faisant vœu de foi absolue et exclusive, Abraham scelle l’Alliance qui est à la base des trois grandes religions monothéistes: juive, chrétienne et musulmane, dont les adeptes représentent plus de trois milliards d’individus dans le monde. Mais qui est précisément ce seigneur d’Abraham? Malgré plusieurs tentatives pour retrouver des traces permettant de situer les Patriarches dans un contexte historique, il semble toujours difficile de témoigner de leur existence… «J’étais curieux et je voulais en savoir plus, alors je me suis mis à creuser à la recherche d’informations. Je devais m’y intéresser pour trouver des réponses. La religion, la politique, l’histoire ; il fallait se renseigner et mettre le tout en perspective. En considérant que le récit des Patriarches repose sur des faits historiques, c’est certain que les données sont véridiques, alors c’est qu’elles ont été mal interprétées. Si les chercheurs n’ont pas trouvé le moindre élément pour prouver la véracité du récit, ce n’est peut-être pas parce que ces ‘pères fondateurs’ n’ont jamais existé, mais bien parce qu’ils n’ont pas été à l’origine de la révolution religieuse qu’on leur attribue», explique l’auteur, qui a lancé officiellement Quiproquo sur Dieu le 4 mai dernier.
De nature objective et rationnelle, convaincu que toute chose trouve son explication, M. Lamborelle a privilégié la méthode scientifique dans la construction de son argumentation. Et pour mettre le doigt sur la vérité, l’ingénieur s’est fait un devoir de n’absolument rien laisser au hasard. «La Bible est un document historique important, une fenêtre sur 3000 ans de savoir que le but de ma démarche n’est absolument pas de démolir, au contraire. Et justement, puisque la religion représente un sujet hyper sensible, c’était d’autant plus fondamental pour moi de publier un ouvrage sérieux. Mon approche en est donc une de questionnement; j’ai développé trois types de preuves complémentaires qui se recoupent pour former une démonstration tangible et cohérente, basée sur des faits historiques facilement vérifiables», indique-t-il. D’ordres logique, chronologique et dendrochronologique, les preuves avancées par l’auteur s’appuient sur une rigoureuse analyse des écrits bibliques, une chronologie précise des événements, de même qu’une impressionnante liste de références bibliographiques. Le tout habilement mené sur le ton de l’enquête, avec un souci de clarté et de vulgarisation qui guide le lecteur dans sa compréhension.

«La preuve logique, la plus importante des trois, consiste à reprendre le récit des Patriarches, mais en l’abordant avec un regard différent qui permet de comprendre l’origine même du malentendu. En examinant la relation qu’Abraham entretient avec son seigneur, on remarque que tout concorde si on se représente celui-ci comme un roi puissant, qui a fait Abraham gouverneur de Canaan. Pour assurer la descendance et lui donner un héritier, son épouse Sarah qui est aussi sa demi-sœur, offre à Abraham de faire un enfant avec son esclave égyptienne et c’est ainsi qu’Ismaël vint au monde. Mais un fils d’esclave ne pouvant hériter d’un tel territoire, le seigneur d’Abraham lui-même aurait rendu Sarah enceinte, ce qui expliquerait la naissance d’Isaac. Toutefois, n’est-ce pas justement cet Isaac que Dieu demande à Abraham de sacrifier pour lui prouver sa foi? Pourquoi n’aurait-il pas plutôt condamné Ismaël, alors qu’il aurait bien pu prétendre être l’héritier? Les musulmans, eux, croient que c’est Ismaël et non Isaac dont le seigneur a exigé le sacrifice et cette théorie représente le point de départ de la thèse défendue dans le cadre de cette relecture contextuelle qui, on le réalise au fil des pages, résous aussi plusieurs autres incohérences relevées dans l’interprétation théologique», souligne l’auteur.
La clé du puzzle
De type chronologique, la seconde preuve mise de l’avant par Bernard Lamborelle vient démystifier l’âge ‘fantastique’ de certains personnages bibliques, qui comme Adam et Noé, seraient morts à plus de 900 ans. En convertissant ces dates à partir du système sexagésimal utilisé par les Babyloniens à l’époque, il parvient à dresser un parallèle d’une exactitude surprenante entre les événements historiques et ceux cités des Écrits. «Faire le lien entre les données historiques connues et la Bible permet de montrer que, puisque tout connecte au niveau des dates, il s’agit de la même histoire, mais interprétée à tort. C’est donc à partir du moment où on accepte que le seigneur d’Abraham ne soit pas un être divin, mais un roi de l’Antiquité, que tous les éléments viennent se placer et se raccrocher entre eux pour confirmer la vérité», raconte celui qui boucle sa démonstration avec la preuve issue des données dendrochronologiques recueillies sur de vieilles poutres de la région par les scientifiques de l’Université Cornell. «L’analyse des taux de croissance des arbres fournie par ces poutres permet de connaître le climat de la région sur plusieurs milliers d’années, car les anneaux de croissance des arbres se révèlent plus petits lorsque ceux-ci ont poussé par temps chaud et sec. Or, si on se fie aux deux famines rapportées dans la Bible, la correspondance est parfaite: la chronologie de l’histoire de la région rétablie selon les deux preuves précédentes est confirmée à deux reprises par les données dendrochronologiques des poutres. Comme devant un gigantesque puzzle, je me suis appliqué à remettre en contexte tous les éléments devant lesquels je me trouvais, à construire, puis déconstruire pour tester la validité de chacun des raisonnements. Jusqu’à ce que, finalement, les morceaux trouvent leur place et que je ne puisse plus les déplacer. Le casse-tête était achevé», indique en terminant celui qui est bel et bien parvenu à mettre un nom sur le véritable seigneur d’Abraham avec une quasi-certitude. À nous maintenant, chercheurs, spécialistes ou simplement curieux, de vérifier, confirmer ou même contredire ce Quiproquo sur Dieu!
Quiproquo sur Dieu, de Bernard Lamborelle est publié à la maison d’édition Éditas. L’auteur rencontrera le public lors d’une discussion et séance de signatures, qui se tiendra le samedi 20 juin prochain, de 14h à 16h, à la librairie Renaud-Bray du Centre Fairview, situé au 6801, Route Transcanadienne à Pointe-Claire. Infos: 514 667-2055.

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