Maya Johnson, fille du conseiller de DDO Errol Johnson, considère que malgré son horaire chargé, son père est toujours demeuré un homme de famille.
(Photo: Jacques Pharand)
Quand papa est politicien
La conciliation travail-famille n’est pas toujours évidente pour les pères. Encore moins lorsque ceux-ci sont en politique active. Quatre politiciens de la région et la fille d’un élu témoignent de leur vie familiale.
Député provincial de Jacques-Cartier, Geoffrey Kelley est père de cinq enfants dans la vingtaine. «La fête des Pères tombe bien cette année avec la fin de la session parlementaire!», affirme le politicien de 54 ans.
Lui, qui essaie de passer ses week-ends sans cellulaire ni BlackBerry, compense ses absences à sa manière. L’été dernier, il en a profité pour voyager à vélo avec son fils en Belgique. Ses 4 filles ont également voyagé avec lui à travers l’Europe il y a 3 ans. Homme de famille, le père de M. Kelley a été une grande source d’inspiration pour lui. Le député a d’ailleurs rendu un vibrant hommage à feu son père lors de la dernière élection.
Dans un autre ordre d’idée, l’aide aux devoirs peut sembler difficile, mais le politicien a maîtrisé l’art d’aider ses enfants via le courriel et le téléphone. Ses conseils pour des politiciens en devenir: être certain que sa conjointe est solidaire, et réserver du temps à la famille.
Conseiller municipal à Dollard-des-Ormeaux, Errol Johnson a été élu en 1994. Père de trois filles qui sont maintenant âgées de 25 à 36 ans, il travaille également comme conseiller en sécurité financière. «Si vous n’arrivez pas à concilier famille et vie publique, vous risquez de perdre votre famille», tranche l’élu de 62 ans.
«Mon père a eu une influence majeure sur moi», déclare Maya, l’une des filles de M. Johnson. Âgée de 25 ans, celle-ci s’est vite habituée au rythme de vie de son père. «Même s’il était parfois très occupé, il est toujours resté un homme de famille», soutient la jeune femme.
Modèle de détermination pour Maya, M. Johnson a perdu trois élections avant de se faire élire à sa 4e tentative. «Au lieu d’être photographié seul, mon père avait une photo de toute sa famille sur ses dépliants. Cela en dit beaucoup sur lui, et ses valeurs», affirme Maya.
Aujourd’hui journaliste, elle admet que «techniquement, les politiciens et les journalistes sont opposés, mais dans mon cas… c’est mon père.»
Député fédéral de la circonscription de Lac-Saint-Louis, Francis Scarpaleggia, 52 ans, doit effectuer plusieurs déplacements durant la saison parlementaire. Père de deux jeunes enfants de niveau primaire, la conciliation travail-famille lui «pose des défis».
Les appels téléphoniques à la maison sont nombreux et dès qu’il revient en ville, M. Scarpaleggia en profite pour passer le plus de temps auprès des siens. «Tout cela demande beaucoup d’organisation et je suis chanceux de pouvoir compter sur une épouse très bien organisée», admet le résidant de Kirkland.
«En tant que député, on est à l’extérieur de notre région le tiers de l’année», affirme le politicien en poste depuis 2004. Cela dit, M. Scarpaleggia se compte chanceux de vivre dans un comté situé à seulement deux heures de route d’Ottawa. Il faut dire que ses collègues de Colombie-Britannique, par exemple, ont beaucoup plus de voyagement à faire que lui.
Élu en 2005, le conseiller municipal de Sainte-Anne-de-Bellevue, Michel Bouassaly est père de deux jeunes filles. «L’équilibre entre le travail et la famille est important», juge le politicien qui est également employé d’une compagnie en service financier.
Alors qu’il vit sa première expérience en politique, M. Bouassaly, 41 ans, admet que «les deux premières années de son mandat n’ont pas été évidentes». Les nombreux rendez-vous le soir ont fini par décourager ses deux filles de 6 et 9 ans. «Encore une autre réunion», disaient-elles d’un ton las. Néanmoins, la petite famille a su s’adapter à sa nouvelle réalité. Pouvant compter sur une partenaire enseignante, M. Bouassaly essaie de consacrer ses fins de semaine à sa famille.
(Photo: Jacques Pharand)