Les victimes de Earl Jones n'ont pas tardé à réagir à la comparution en Cour de l'ancien conseiller financier. (Photo: courtoisie)
Earl Jones plaide coupable
Fraudes financières de 50 M$
L’ancien conseiller financier Earl Jones a plaidé coupable, le 15 janvier dernier, à deux accusations de fraude totalisant 50.3 M$ au palais de justice de Montréal. Les victimes, dont plusieurs habitent l’Ouest-de-l’Île, n’ont pas tardé à réagir.
«Le nombre d’accusations criminelles portées contre Earl Jones aujourd’hui bien que choquante, ne parvient pas à représenter convenablement le niveau d’incertitude, la peur du dommage futur et émotionnel que son régime criminel, soigneusement calculé, a laissé dans l’esprit des victimes», dénonce Joye Davis, l’un des porte-parole du Comité organisateur des victimes de Earl Jones dans un communiqué de presse.
Pour sa part, l’avocat de la Couronne, Me Pierre Lévesque a fait valoir que la fraude avait duré 27 ans. La première accusation de fraude a porté sur une période allant de 1982 à 2004 pour des malversations s’élevant à 20.6 M$. La seconde accusation touche la période de septembre 2004 à juillet 2009 pour une fraude totalisant 29.7 M$. Selon Me Lévesque, «au moins 13,5 M$ ont été utilisés à des fonds personnels par M. Jones».
Tenant compte de la gravité des faits, le procureur de la Couronne et l’avocat de la défense ont proposé une sentence de 11 ans de prison à l’ex-conseiller financier. Dans une lettre qu’il a fait lire par son avocat, Earl Jones a tenu à s’excuser auprès de ses victimes en ajoutant «je vais vivre pour le reste de ma vie avec cette terrible tragédie».
En sortant de la Cour, l’une des victimes, Charles Washer, 65 ans, était tout sourire. «Je suis vraiment content de la journée même si la sentence de 11 ans est négociable. J’ai été impressionné par les deux juges», souligne l’homme qui était le meilleur ami du frère de M. Jones.
«Lui au moins il va se faire nourrir, loger en prison, nous (les victimes), nous devons payer pour ça sans le sou», exprime une autre victime, Christine Jackson. La dame de 67 ans a perdu la succession de son défunt conjoint, une somme s’élevant dans les millions de dollars, en confiant l’argent à l’ex-conseiller financier.
Réactions de son avocat
En conférence de presse tout juste après la parution de M. Jones, son avocat, Me Jeffrey Boro a tenté de défendre la réputation de son client devant les journalistes.
Me Boro a souligné qu’une sentence de 11 ans pour Earl Jones qui est âgé de 67 ans est pratiquement une sentence à vie. Questionné par Cités Nouvelles à savoir si cette «sentence à vie» s’applique aussi aux victimes, celui-ci a pesé ses mots. «Il faut faire un juste équilibre entre la sympathie pour les victimes et votre devoir de représenter ton client aux meilleurs de votre habilité», a expliqué l’avocat. «M. Jones a avoué qu’il a fait quelque chose de grave. Il aura une sentence à vie… oui définitivement la vie des victimes ne sera plus jamais la même», a ajouté Me Jeffrey Boro.
Au moins 158 victimes, dont 47 habitent l’Ouest-de-l’Île et les environs, ont été touchées par les fraudes financières de Earl Jones. Par ailleurs, le Centre des ressources communautaires de l’Ouest-de-l’Île (CRC) a suffisamment de fonds pour aider les victimes, dont la plupart sont âgés, jusqu’au mois de mars.
Les dons sont grandement appréciés précise l’organise auprès duquel il est possible de recevoir des reçus d’impôt. Pour informations, contacter le CRC au : 514-694-6404 ou visitez le site :
www.crcinfo.ca
L’ex-conseiller financier doit retourner en cours le 15 février prochain pour connaître sa sentence.