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N’engueulez pas le chauffeur

Coupures de service en périphérie du centre-ville

Marie-Hélène Verville par Marie-Hélène Verville
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Article mis en ligne le 20 octobre 2006 à 15:51
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N’engueulez pas le chauffeur
Richard Séguin, un chauffeur qu'on peut rencontrer sur plusieurs trajets de l'Ouest-de-l'Île, compte 26 années de service pour la STM. Il doit composer avec la flotte désuète et la clientèle qui en subi les contrecoups. Photo Stéphane Brunet (Photo: Bus Penurie 06-10-22-21)
N’engueulez pas le chauffeur
Coupures de service en périphérie du centre-ville
Un beau matin d’été, un groupe attend l’autobus. Il est 8h00. L’autobus ne passe pas. Il est 8h30. Le second autobus ne passe pas non plus. La file s’allonge et les esprits s’échauffent. Finalement, c’est le troisième autobus, celui de 8h44, qui s’arrête au coin. Un monsieur âgé engueule copieusement le chauffeur, l’accusant d’être en retard.
La scène a eu lieu au mois de juillet. Depuis quelques semaines, le syndicat des chauffeurs d’autobus met à la disposition du public un feuillet où ils peuvent trouver des numéros pour déposer leurs plaintes. Le message: les coupures de services ne sont pas la faute de celui qui conduit. «On sent que la situation se détériore», affirme Pierre Kingsbury, du syndicat CA-OM-SC section 1983.

En fait, les coupures de service sont dues à une flotte d’autobus vieillissante et qu’il faut remplacer parce qu’elle est arrivée à la fin de sa vie utile. Ces coupures sont surtout ressenties en périphérie du centre-ville, mais toute l’île de Montréal n’y échappe pas. Deux grands garages desservent l’Ouest-de-l’Île, à Lasalle et à Saint-Laurent. Lors de l’inspection matinale, les véhicules ne rencontrent pas toujours les normes. Dans une grande centrale comme celle de Lasalle où il y a un peu moins de 300 départs chaque jour, il peut y avoir jusqu’à une trentaine de coupures par jour, note le syndicat.

«Dans l’Ouest-de-l’Île de Montréal, les lignes peuvent être moins achalandées qu’au centre-ville. S’il passe un autobus toutes les demi-heures au coin d’une rue et qu’il ne passe pas une fois, c’est une heure de service qui est coupée», explique Richard Séguin. Ce chauffeur d’autobus, qui compte 26 ans de service, parle d’une situation ponctuelle. «Certaines personnes sont agressives, mais en général, les gens sont gentils. Si je transporte 1000 personnes dans la journée et qu’il y en a deux qui chicanent, ce n’est pas la majorité. Il ne faut pas généraliser», affirme l’homme d’une voix tranquille. «Je me mets à la place des gens. Quand il manque un autobus devant moi et que les conditions météorologiques ne sont pas bonnes, c’est sur qui en a qui te regardent de travers.»

Selon Richard Séguin, il lui arrive aussi d’être en retard lorsqu’il fait de «l’interligne», c’est-à-dire qu’il alterne deux trajets. S’il prend du retard sur un trajet – à cause d’un accident par exemple – ce sont les usagers du second trajet qui paient pour. Ces situations arrivent surtout l’hiver ou lorsqu’il pleut.
Encore quelques années de patience
En plus de renouveler les vieux autobus, la Société de transport de Montréal (STM) retire les autobus APS1, la première génération d’autobus dont le plancher est baissé. Même si ces modèles ont été mis sur la route qu’entre 1996 et 1999, ils ont un problème de construction et n’ont pas tenu la route. Au total en 2006, 86 nouveaux véhicules seront mis en service, et 66 en 2007.
«Le gouvernement subventionne l’achat d’équipement neuf. Cela ne se fait pas assez vite. En plus, quand nous recevons des autobus neufs, nous devons les adapter à nos normes», explique Pierre Kingsbury. Selon le syndicat, le renouvellement se terminera vers 2010. Selon monsieur Kinsbury, les vieux modèles ne devraient pas aller tous au rancart. Ils devraient servir pour la flotte de secours, en attendant.

Pour la STM, cette solution n’est pas envisageable. «Quand on décide de mettre un autobus au rancart, c’est qu’il est rendu à la fin de sa vie utile et qu’il ne répond plus aux normes de la société d’assurance automobile», affirme Marianne Rouette, aux communications de la STM. Selon cet organisme, il est plus avantageux au plan monétaire d’acheter du nouveau matériel que de réparer les vieux autobus.

Photo Stéphane Brunet

(Photo: Bus Penurie 06-10-22-21)

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