Mélinda Quintal et Chloé Roy, deux étudiantes du Collège Gérald Godin, veulent démystifier l'homosexualité.
Photo: Jacques Pharand
Démystifier l'homosexualité à l'école
Mélinda Quintal et Chloé Roy, deux étudiantes du Collège Gérald-Godin, font leur part pour démystifier l'homosexualité et ainsi briser l'isolement des gais et lesbiennes. Elles ont organisé récemment une journée de sensibilisation à l'homosexualité dans le cadre de leur cours Démarche d'intégration des acquis en sciences humaines .
Les revendications des homosexuels et leurs acquis récents, notamment sur la question du mariage gai, ont retenu beaucoup l'attention des médias ces dernières années. Alors que le gouvernement minoritaire de Stephan Harper s'apprête à appeler un vote libre pour réintroduire la définition traditionnelle du mariage, allant ainsi à l'encontre de plusieurs jugements rendus au pays, quelque 200 affiches ont été placardées aux quatre coins du collège.
Des dépliants de Gai écoute
www.gaiecoute.org), de GRIS-Montréal
www.gris.ca) et de Les Panthères roses (lespantheresroses.org) ont aussi été mis à la disposition des 1105 étudiants pour les sensibiliser face à l'homosexualité et aux comportements homophobes, explique Mélinda: «Notre objectif, c'est de normaliser l'homosexualité aux yeux de tous les étudiants. Nous avons regardé tous les aspects relatifs à cette question, qu'ils soient sociologiques, historiques, géographiques et politiques.»
Comme les autres
Chloé, dont le meilleur ami est gai, affirme que les homosexuels sont des êtres humains à part entière, des citoyens comme les autres: «Qu'est-ce que ça change que des gens soient gais? Ça ne nous regarde pas, c'est leur vie. Nous avons organisé cette journée pour soutenir les homosexuels et sensibiliser le reste des étudiants, mais aussi pour rejoindre leur entourage, les parents, la famille en général et les amis de ces jeunes.» Chloé, qui vit dans l'arrondissement Ahuntsic-Cartierville, aspire à une carrière de psychoéducatrice.
Les couleurs de l'arc-en-ciel
Des banderoles et des drapeaux gais décoraient l'établissement aux couleurs de l'arc-en-ciel, y compris un kiosque d'information où l'on pouvait trouver des dépliants, des statistiques et de l'information sur la situation de l'homosexualité sur la planète: «Nous voulions que tout le cégep soit coloré, que ce soit rigolo, surtout pour dédramatiser toute cette question», explique Mélinda.
Selon les deux jeunes femmes âgées de 19 ans, les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas aussi ouverts que l'on pourrait le croire: «L'influence des parents est très présente et, aujourd'hui, dans les cours d'école, les jeunes s'insultent en qualifiant les autres de "fifs". Il faut changer cela», clame Mélinda, une résidante de DDO qui souhaite enseigner la sociologie au terme de ses études supérieures.
Rejoindre tous les jeunes
Chloé, pour sa part, ne cache pas que le kiosque a surtout attiré des filles, les gars étant peut-être moins enclins à aborder cette question, du moins publiquement: «Nous avons suscité des réactions dès l'arrivée des étudiants ce matin et nous avons eu quelques commentaires des gars, dont certains qui riaient. Nous avons tapissé l'école avec des affiches, des informations et des banderoles pour rejoindre les jeunes qui étaient peut-être gênés de venir à notre kiosque. Ceux et celles qui sont mal à l'aise ont pu ainsi trouver les coordonnées des organismes qui peuvent les soutenir.»
«Certains nous ont dit qu'ils ne voulaient pas que le collège soit associé à l'homosexualité, alors oui, je crois qu'il y a encore des préjugés, qu'il y a encore beaucoup de sensibilisation à faire, plus qu'on pense», relate Mélinda. Selon elle, les mauvaises réactions relativement à l'homosexualité ou encore les idées préconçues, s'expliquent par une méconnaissance: «La première fois que j'ai vu deux femmes s'embrasser, ma vision a changé. Avant, je croyais que ce n'était pas très normal, mais deux personnes qui s'aiment, peu importe leur orientation sexuelle, je ne vois pas pourquoi ce serait interdit.»
La direction applaudit cette initiative
La direction du Collège Gérald-Godin applaudit cette initiative que la responsable des communications, Marie-Line Bénard-Cyr qualifie de très pertinente: «Plus on va parler de l'homosexualité, plus on va faire une différence. Cette journée de sensibilisation va peut-être aider des jeunes sans qu'on le sache, mais c'est très important.» Pour compléter leur projet de recherche, Mélinda et Chloé sonderont les réactions et opinions de leurs consœurs et confrères au cours des prochains jours.