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Petite leçon d’histoire

Article mis en ligne le 10 novembre 2006 à 17:34
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Petite leçon d’histoire
Il y a déjà quarante ans que je réside dans l’Ouest-de-l’île de Montréal. J’en ai passé 23 à Pierrefonds et 17 autres à l’Île-Bizard. Ne pensez pas que je suis une personne d’âge mûr et près de la retraite, tout au contraire, je n'ai que 40 ans. Je suis né ici et je vis encore ici. Les querelles de clocher entre l’Île-Bizard, Pierrefonds et Sainte-Geneviève ont toujours existé aussi loin que je me souvienne.

Quand j’étais jeune, les boulevards St-Charles, St-Jean et Des Sources étaient des montées, des chemins sans trottoir qui n’avaient que deux voies, aucun commerce à l’horizon, que des terres agricoles. Le boulevard Pierrefonds n’existait pas et ma mère allait faire son épicerie à Cartierville, avant la venue du Steinberg sur le coin des boulevards St-Jean et Pierrefonds.

Pierrefonds et les banlieues se sont mis à construire et construire, les montées sont devenues des boulevards à quatre voies, puis à six voies. L’Île-Bizard, comme les autres, a cheminé dans cet essor. Il est important de noter que les gens ordinaires, comme vous et moi, n’avons rien demandé de tout ceci. Le bourbier de la circulation dans lequel nous nous trouvons est attribuable à nos élus passés, actuels et futurs.

Et nous voilà aujourd’hui une méga ville bien remplie où il n’y a plus d’espace à circuler.

Le maire de Pierrefonds de l’époque, monsieur Morin, s’est entêté de permettre la construction résidentielle de chaque côté du boulevard Jacques-Bizard au sud du boulevard Pierrefonds pour faire damner les gens de l’Île-Bizard à rester chez eux et les enclaver. Sachant éperdument que cette route aujourd’hui nécessaire ne se ferait pas. Même le maire de Sainte-Geneviève, monsieur Cardinal, a déjà empêché les automobilistes de tourner à gauche sur le boulevard Gouin à la sortie de l’Île, pour empêcher les citoyens de circuler plus librement sur son territoire.

Ce manque de vision du développement urbain nous amène aujourd’hui au problème actuel de la surcapacité des boulevards St-Charles et St-Jean à la circulation automobile. Que la mairesse, madame Worth, s’amuse à permettre la construction résidentielle sur tous les espaces verts possibles et disponibles de la ville de Pierrefonds en augmentant le nombre de citoyens et le nombre d’automobiles par surcroît, empêche tous les résidants de son arrondissement ainsi que des arrondissements et villes avoisinantes de circuler librement.

Nous parlons ici de surpopulation d’un espace, de pollution environnementale, visuelle et auditive.

Les gens parlent de covoiturage et de transport en commun. Bien bonne idée le covoiturage, mais nous ne sommes pas un village de l’Abitibi où il n’y a qu’une usine pour faire travailler toute la population. Les travailleurs et travailleuses se déplacent dans tous les coins de l’île de Montréal ainsi qu’à l’extérieur de celle-ci et le transport n’est aucunement adapté à la vie d’aujourd’hui. Combien de gens dans votre environnement de travail restent près de chez vous?

Parlons maintenant du transport en commun. Les trains de banlieue sont sursaturés, donc il y a des gens qui les utilisent. Qu’est-ce que la société des transports de Montréal attend pour pallier ce problème? Ne parlons pas de l’autobus qui prend un temps fou pour se rendre au centre-ville en plus des interconnexions entre divers autobus et le métro. Nous parlons de plusieurs heures de perte de temps.

À quand le métro jusqu’au centre commercial Fairview? Voici une vision à long terme d’un projet collectif de désengorgement de nos routes.

Je trouve l’idée du maire Monsieur Bélanger brillante d’une passerelle entre l’Ile-Bizard et Ste-Dorothée pour accéder au train de banlieue. Encore une fois, le maire de Laval nous dit de rester chez nous et que nous sommes chanceux d’avoir un bac à câble. Wow! quel charmeur….

Oui, nous avons décidé de demeurer sur une Île, une Île champêtre où il fait bon vivre ou l’air est encore respirable. Que mes voisins des autres arrondissements arrêtent de jalouser notre qualité de vie, ils ont choisi la leur. Je n’apprécie pas que mes voisins me dictent ma façon de penser et que ces mêmes voisins m’empêchent de circuler librement. Cher voisin de Montréal et de Laval, vous aussi vous vivez sur une île.

Les gens de l’Île-Bizard se sont fait dire qu’en restant avec la ville de Montréal (parce que nous faisons partie de cette grande famille), la ville débloquerait le boulevard Jacques-Bizard à l’autoroute 40, promesse du maire sortant Monsieur Cardinal, qui est parti et rien n’a été fait. Monsieur Bélanger a été élu et je parierais qu’à la fin de son mandat rien n’aura été fait à moins de me faire mentir? Il partira peut-être ou demandera à la population à la prochaine élection un autre mandat sous la promesse de débloquer Jacques-Bizard et il aura un autre quatre ans pour ne rien faire.

Donc, en résumé, il faut ouvrir le boulevard Jacques-Bizard jusqu’à l’autoroute 40, faire un boulevard urbain dans l’emprise de la 440, faire l’autoroute 30, amener le métro dans l’Ouest-de-l’île, prolonger le boulevard de Salaberry. Est-ce que je vivrai assez vieux pour voir cela?

En attendant que Pierrefonds ait tout construit chaque pied carré de pelouse, il faudra prendre notre mal en patience, car nos élus passés, présents et futurs nous compliqueront la vie avec leurs chicanes de clochers.

Ce n’est que l’histoire qui se continue…

Pierre Parent

Résidant de l’Île-Bizard

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