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La danse à l’honneur

par Corinne Laberge
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Article mis en ligne le 10 novembre 2006 à 17:58
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Loony sera présentée en Rencontre côté scène à la Salle Pauline-Julien, le mardi 14 novembre à 19h30. La générale publique sera précédée d’un exercice chorégraphique avec Harold Rhéaume, puis suivie d’un échange avec le public. Photo: Corinne Laberge ">La danse à l’honneur
Loony sera présentée en Rencontre côté scène à la Salle Pauline-Julien, le mardi 14 novembre à 19h30. La générale publique sera précédée d’un exercice chorégraphique avec Harold Rhéaume, puis suivie d’un échange avec le public. Photo: Corinne Laberge
La danse à l’honneur
Le chorégraphe français Yvann Alexandre est installé au Québec pour quelques semaines, avec son équipe de danseurs professionnels. Le mardi 14 novembre prochain, il participera à un événement de danse unique: une Rencontre côté scène au cours de laquelle il créera une collaboration spéciale avec le chorégraphe montréalais Harold Rhéaume, en plus de faire revivre Loony, cette pièce phare de son répertoire d’abord conçue pour un quatuor féminin, ici présentée en version intégrale… masculine!
La scène est nue, une sorte d’envers du décor, d’espace intime où déambulent des êtres décrochés et déracinés. Ils flottent en gravitation autour de leur corps, évoluant chacun dans leur propre bulle, centrés sur leur intérieur. Intraduisible en français, Loony révèle l’errance, l’isolement et l’enfermement d’êtres solitaires, dont le seul moyen de communication demeure les gestes et les signes, dans un univers fait de silences, de musique stridente, de lueur aveuglante et de tension.
La solitude, le féminin et le virtuel
«Je suis très heureux de venir présenter Loony en primeur au Québec, car c’est important pour moi de plonger les gens dans la pièce qui est à l’origine de l’existence de ma compagnie, avant même de leur présenter mes nouvelles créations. Loony c’est une aventure qui dure depuis huit ans, une pièce qui appartient maintenant au public, révèle Yvann Alexandre. Construite autour de trois thématiques centrales: la solitude qui, selon moi, représente quelque chose de positif, car c’est la capacité d’être seul avec soi-même et de se concentrer, le féminin, qui est une question de position et le virtuel, qui est lié à la création. La chorégraphie a d’abord été pensée pour quatre interprètes féminines, puis transposée en quatuor masculin lors de sa recréation en 2005. Le programme est donc investi d’une tout autre énergie, sobre, mais puissante et, étonnamment, le public préfère la version masculine», ajoute-t-il.
Écrire pour le corps
Passionné d’écriture, Yvann Alexandre se plaît à comparer son métier de chorégraphe à celui d’un écrivain. Destiné au corps, son langage s’élabore à travers une esthétique de la calligraphie, précise, millimétrique et ô combien rigoureuse dans la gestuelle. «Loony est une pièce extrêmement technique très dure pour les danseurs, qui n’ont pas de marge, aucune possibilité d’improvisation. C’est une danse abstraite, imaginaire, qui nécessite une sorte de compréhension sensible de la part du public. Une compréhension qui prend sa source dans la relation de partage qui s’établit avec l’assistance, car ce qui m’intéresse ce n’est pas seulement de venir présenter un produit ici au Québec, mais bien d’y construire un public», confie le chorégraphe français qui, pour l’occasion, unira son savoir-faire à celui du chorégraphe de renom Harold Rhéaume, dans le cadre d’une chorégraphie en duo aux allures de terrain de jeux, une sorte de laboratoire de la danse contemporaine.

Photo: Corinne Laberge

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