@BV :Diane Gibb est conseillère municipale pour l'arrondissement Île-Bizard-Sainte-Geneviève et vice-présidente d’Arthrite Montréal. L’organisme à but non lucratif est toujours à la recherche de bénévoles pour diverses activités.
Superwoman un jour…
La vie après le diagnostic d’arthrite
Lorsque Diane Gibb a appris qu’elle souffrait de l’arthrose à la hanche — une forme d’arthrite — elle a d’abord cru à une erreur de diagnostic. Elle avait alors 49 ans. «Je me disais que j’étais trop jeune. J’ai demandé à mon médecin s’il ne s’était pas trompé en regardant les rayons X d’une autre personne.»
Au début, les questions empêchent de trouver le sommeil. «Ça me tourmentait la nuit. Je suis une mère monoparentale, j’ai des responsabilités. Je travaille à mon compte. Vais-je pouvoir continuer?» Aujourd’hui, cette femme pétillante mène de front l'entreprise Marketing à la carte, qu’elle a créée, son rôle de conseillère pour l'arrondissement Île-Bizard-Sainte-Geneviève, et celui de vice-présidente d’Arthrite Montréal. Elle affirme fièrement: «Dans le cadre de mon travail, j’ai voyagé en Afrique du Sud deux fois. Lors des élections, j’ai fait du porte-à-porte pendant huit semaines. J’ai vu plus de 1200 maisons»!
D’un à l’autre, il y a eu tout un chemin parcouru, des habitudes de vies à repenser. Avant tout, Diane Gibb dut passer à travers un processus de deuil, avec la succession des dénis, de colères, de découragements. Cette sportive, qui vit tous les jours avec les conséquences de l’arthrose, marche de façon raide. « L’arthrose touche les articulations. Plusieurs joueurs de hockey souffriront de cette maladie. Le cartilage entre deux os s’effrite, puis il se forme des excroissances osseuses entre les deux os touchés, en réaction au manque de cartilage», explique-t-elle. Exile le ski, le tennis. Mais pas nécessairement le yoga ou le tai-chi par exemple, qu’on peut pratiquer avec l’organisme Arthrite Montréal, situé dans l’Ouest-de-l’Île. Au-delà de la chance de pouvoir pratiquer une activité adaptée à son rythme et ses besoins, elle a trouvé à Arthrite Montréal une communauté, un support. «Lorsqu’on tombe enceinte et qu’on en parle avec une personne qui ne l’a jamais été, ce n’est pas pareil. Elle ne comprend pas tout ce qu’on vit. Pour l’arthrite, c’est la même chose.»
Entraide
Lorsqu’il est question d’arthrite, la première image qui vient à l'esprit c’est celui d’un vieillard fatigué, avec les mains courbées. «En fait, des jeunes peuvent souffrir d’arthrite, même des enfants», explique Diane Gibb. L’arthrite existe sous une centaine de formes différentes, et elle s’attaque aux articulations. Certains types, comme la fibromyalgie, peuvent être très handicapants. Des malades restent alités pendant des semaines. L’arthrite est la cause principale de l’invalidité à long terme au Canada.
Arthrite Montréal n’est pas un groupe qui donne des conseils légaux ou médicaux. Ils fournissent informations et éducations pour vivre au quotidien avec la maladie: cours d’exercices, gestion de la douleur, mode de vie, etc. Des médecins sont parfois invités, et le groupe organise un symposium chaque année avec conférenciers et kiosques de fournisseurs. «Nous nous occupons aussi d’aider les familles dont l’enfant souffre d’arthrite, par exemple. Nous dirigeons les gens aux bonnes ressources», explique la vice-présidente. L’organisme sans but lucratif est presque entièrement géré par des bénévoles.
Diane Gibb peut compter sur le support de ses proches. «Avec mes filles, on forme une équipe, pour les tâches ménagères. Lorsqu’on va faire l’épicerie par exemple! Elles savent que je ne peux pas tout faire seule.» Elle marche, elle cultive son jardin. Il faut continuer à bouger, sinon c’est pire! Ce conseil, Diane Gibb le donne à tous ceux qui reçoivent le diagnostic d’arthrite, et leur nombre ne cesse d’augmenter. Ce mal guette beaucoup des baby-boomers, vieillissants. La femme ajoute en souriant: «Dans la vie, on reçoit des cartes. Ce qui compte, ce n’est pas ces cartes en tant que telles, mais la façon dont on va les jouer».
Photo: Jacques Pharand