Cette année, Stella L’heureux-Connors, célèbre Noël pour la centième fois.
Photo: Marie-Claude Simard
Noël chez les personnes âgées
Le temps des fêtes au Centre d’accueil Denis-Benjamin Viger
Mercredi dernier, c’était la fête au Centre d’accueil Denis-Benjamin Viger à L’Île-Bizard. Les marchettes et les chaises électriques tourbillonnaient au son de la musique. Cette année, la résidante, Stella L’heureux-Connors, célèbre Noël pour la centième fois, et pour Marcel Brunet, arrivé en août 2006, ce sera son premier réveillon en centre d’accueil.
«Après 57 ans de vie commune, ce n’est pas facile», explique l’épouse de l’octogénaire, Simone Poirier, qui rend visite à son mari tous les jours. Mais en ce mercredi 13 décembre, l’atmosphère est à la joie dans la cafétéria ensoleillée du Centre. Les décorations scintillent, les employés papillonnent d’un résidant à l’autre, et les bénévoles du CROM (Centre de réhabilitation de l’Ouest-de-l’île), venus fêter avec les aînés, entonnent tour à tour leur chant préféré.
Assise un peu en retrait, vêtue d’une élégante tenue de Noël, Stella L’heureux-Connors offre une oreille attentive au spectacle musical. Avec son regard brillant et ses chevilles de jeune fille, la Franco-ontarienne de 99 ans ne fait certes pas son âge. Arrivée au Centre il y a 2 ans, la belle dame admet éviter de créer des amitiés avec les autres. «Ils partent trop vite,» explique-t-elle. Mais aujourd’hui, la musique lui fait penser aux réveillons heureux de son passé, aux grandes fêtes de famille sur la ferme dans le sud de l’Ontario. «Noël c’était beaucoup la famille, mais aussi la neige. Les gens ne savent plus ce que c’est qu’une véritable bordée de neige.» Est-ce que son fils unique viendra la visiter le jour de Noël? «J’espère que oui», répond-elle.
Marcel Brunet, lui, sait que sa famille viendra à Noël. Comme sa condition ne lui permet plus de sortir, le Centre Denis-Benjamin Viger a mis à sa disposition une salle avec cuisine pour qu’il puisse faire un vrai réveillon avec ses proches. «Mes tourtières sont faites», ajoute sa fidèle compagne, Simone Poirier.
Pour égayer sa chambre, Marcel Brunet a installé des décorations de Noël en céramique, fabriquées par sa fille et peintes par lui-même, il y a déjà un bout de temps. La beauté de Noël continue d’émerveiller l’ancien boucher de Sainte-Geneviève. Selon son épouse, il a toujours mis beaucoup d’efforts pour décorer la maison familiale où elle demeure encore aujourd’hui. «Dans le temps des fêtes, on avait la plus belle maison du quartier», dit-elle.
Tant de beaux souvenirs de Noël habitent la mémoire de Marcel Brunet. «On arrivait chez ma sœur avec nos sleeping bags et on dansait des danses carrées toute la nuit», se remémore-t-il. «Ma femme finissait toujours dans le sapin», ajoute-t-il pour la taquiner. «Dans ce temps-là, on faisait notre propre boisson, le caribou. C’était la boisson des gens pauvres. On mélangeait du vin Saint-Georges avec de l’alcool.»
En plus de la musique et de la bonne bouffe, il y avait toujours une grande distribution de cadeaux dans la famille Poirier-Brunet. «C’était moi le Père Noël. Tout le monde le savait, mais c’était le fun quand même». Simone a donné au Centre l’habit de Père Noël de son mari. Ce dernier n’a pas l’intention de faire le Père cette année, car selon lui, de nos jours, il faut être bilingue pour faire cette job-là.
Photo: Marie-Claude Simard
Photo: Marie-Claude Simard