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La reine est ravie

Jeanne Pépin de Sainte-Geneviève a eu cent ans

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 12 février 2007 à 12:05
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La reine est ravie
Le 4 février dernier au manoir Sainte-Geneviève, Jeanne Pépin a soufflé sur ces trois chandelles en forme de chiffre: 100. Photo: Marie-Claude Simard
La reine est ravie
Jeanne Pépin de Sainte-Geneviève a eu cent ans
«Madame Jeanne Pépin, je suis ravie d’apprendre que vous célébrez votre 100e anniversaire de naissance et de vous transmettre en cette occasion toute spéciale mes plus cordiales félicitations et mes meilleurs vœux.» Signé: Elizabeth R.
Ce message de félicitations en provenance du Palais de Buckingham est parvenu à Jeanne Pépin le jour de son anniversaire, le dimanche 4 février dernier. Pour célébrer les cent ans d’existence de la jubilaire, le manoir Sainte-Geneviève avait revêtu des airs de fête, et le ravissement de la reine du jour rayonnait sur les convives.

Madame Pépin, native de Mont-Laurier, vit au Manoir Sainte-Geneviève, résidence pour personnes âgées, depuis 5 ans et s’en porte très bien. Elle ne prend aucun médicament, fait son ménage, son lavage et prend son bain sans l’aide de quiconque. Bien que presque aveugle, l’éclat de son regard témoigne de sa lucidité; nul doute, elle a toute sa tête.

Pour la célébration de son anniversaire, c’est elle qui a tout décidé. En plus de l’ensemble des résidants du manoir, la centenaire a invité neuf personnes qui lui étaient chères, notamment son fils, sa fille, et ses deux petites-filles. À l’ordre du jour, un repas festif, une messe et une dégustation du gâteau d’anniversaire.

«Son désir le plus cher était qu’une messe soit célébrée», explique Louise Gauthier, directrice de l’établissement. En effet, madame Pépin est très pieuse. La belle cathédrale de Mont-Laurier semble être le souvenir le plus marquant qu’elle garde de son village natal. Et dans son quotidien, après avoir tout mis à l’ordre et s'être tirée à quatre épingles, elle s’adonne principalement à la prière. «Je prie pour avoir la santé», ajoute-t-elle.

Madame Pépin n’a pas fait que prier durant son siècle de vie. Pendant 38 ans, elle a travaillé et élevé une famille. «Elle travaillait de nuit au Dominion Textile pour pouvoir s’occuper de ses cinq enfants pendant la journée», raconte Léon Pépin son fils qui réside à Pierrefonds et qui lui rend visite chaque semaine. Elle a également connu à trois reprises, l’indicible souffrance de perdre un enfant.

Il est difficile de concevoir que la longévité de la centenaire ne tient qu’à l’ardeur de ses prières. «Elle n’est jamais stressée, elle émane la paix», avance Louis Grenier, cuisinier de l’établissement. «Ma grand-mère est une femme simple», explique Diane Delorme, sa petite-fille qui la sort une fois par mois pour aller au buffet chinois. Le fils Léon lui, affirme avec conviction que le secret de sa mère «c’est qu’elle a toujours fait ce qu’elle voulait!»

Michaëlle Jean, Gouverneure générale du Canada, a elle aussi envoyé à la jubilaire une lettre qui se termine en ces termes: «En cette journée d’anniversaire, je vous souhaite de réaliser tous vos rêves et d’en jouir avec ceux qui vous entourent». Effectivement, l’aïeule continue de rêver. «J’ai hâte à l’été pour aller me bercer dans la balançoire. Est-ce croyable, à cent ans d'avoir hâte à l’été!»

Photo: Marie-Claude Simard

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