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Alerte à la bombe

Marie-Hélène Verville par Marie-Hélène Verville
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Article mis en ligne le 9 mars 2007 à 18:29
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Alerte à la bombe
Alerte à la bombe
Je crois que c'est à cause de son air canaille. Un dimanche d'automne, celui après les événements de Dawson, mon amoureux et moi, on s'est promenés dans notre grand parc municipal, tranquillement, la main dans la main.

Il portait son affreux manteau d'armée laid comme tout, mais «qui est tellement pratique, ma belle». (Mon copain achète une quantité incroyable de choses au cri de «ça va vraiment nous être utile».) Il y avait des gens autour de nous, en famille, en couple. C'était féerique.



Et puis, il a fait une blague, près d'une dame qui promenait son chien. Il m'a dit qu'il allait sortir un fusil à plombs pour tirer sur les canards dans l'eau. «Tsé, comme j'ai un manteau d'armée, c'est sûr que j'ai une carabine à plomb qui se cache en dessous». Bon, on peut trouver la blague douteuse, mais toujours est-il que l'amoureux ne possède pas de carabine à plomb.

Cinq minutes plus tard, on s'est fait arrêter par un policier. «On recherche un gars avec un manteau d'armée qui aurait une carabine à plomb.» Il a fouillé mon copain, qui riait. Plus tard, on sort d'un sentier et une autre voiture de police arrête en trombe devant nous. Là, mon amoureux s'énerve. «Vous n'allez pas encore nous fouiller! J'e n'ai pas de carabine à plomb!» Le policier avait l'air embêté. Il s'est excusé, heureusement. Il paraît qu'il cherchait un homme qui correspond à sa description «accompagné d'une fille au manteau beige». On s'est assis au bord de l'eau avec, en arrière-plan, une troisième voiture de police qui surveillait.

(…)

La semaine passée a été celle de la victoire d'une femme qui s'est battue pour faire respecter ses droits et ceux de ses amis (voir l'article de la page 3). Gemma Raeburn est une citoyenne ordinaire, qui a refusé que soit passé sous silence le comportement des policiers. Qui a exigé des excuses. Je la salue pour son courage. Et je comprends sa frustration, ainsi que celle de ses amis, d'avoir été pris pour des malfrats.

À ce propos, la police, à qui on donne, en théorie, le monopole de la force constabulaire dans notre démocratie, ne devrait pas hésiter à s'excuser. C'est mon avis. Mais sont-ils les seuls à blâmer? La mauvaise allure, la mauvaise couleur, la mauvaise croyance… Est-ce que fait de soupçonner tous ces gens fait en sorte que notre société soit plus sécuritaire? Sécuritaire pour qui? Et cette peur, ça sert qui? En tout cas, j'y penserai la prochaine fois qu'un ministre ou un lobbyiste voudra nous faire peur avec un sondage, une nouvelle alerte ou un lapsus.

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