Sophia Caporicci fait partie de l'exécutif du Parti québécois.
Photo: Jacques Pharand
La santé en question
Sophia Caporicci, candidate péquiste dans Jacques-Cartier
Pour la candidate du Parti québécois dans la circonscription de Jacques-Cartier, les élus doivent s'attaquer sans attendre au manque de personnel médical. «Les gens contribuent de leurs poches pour faire fonctionner le système, mais il n'y a pas assez de médecins dedans, et pas assez de personnel», s'insurge Sophia Caporicci.
La femme qui a grandi à Pointe-Claire se plaint de l'état des services de première ligne. Elle-même en attente d'une chirurgie depuis deux ans, Sophia Caporicci croit que l'inaction des députés de la région est en partie responsable de la pénurie que vit l'Ouest-de-l'Île, même si elle avoue que ce problème est généralisé à l'ensemble de la province. «Geoffrey Kelley est un ministre et il a le pouvoir d'agir», soutient-elle.
Candidate souverainiste dans une circonscription traditionnellement rouge, madame Caporicci s'est présentée dans l'espoir de forcer le candidat qui sera élu à agir, «pour qu'il fasse quelque chose». Elle voit son rôle comme celui de déstabilisateur. Selon Sophia Caporicci, les libéraux tiennent pour acquis le vote de la région. «Cela fait depuis 1939 qu'ils représentent la circonscription. Ils ont perdu en 1989 (au profit du Parti égalité), mais c'est tout.»
Petit rappel
Le manque de médecins de famille est en effet un problème sur le territoire du CSSS de l'Ouest-de-l'Île. Près de 70 000 personnes de la région ne sont pas suivies par un médecin de famille. Ce problème est si criant qu'au mois de février, les députés libéraux de la région ont annoncé la création d'un nouveau groupe de médecins de famille… à partir de médecins déjà actifs dans la région. Il n'y a donc eu aucun nouveau patient d'admis. «Le but est de libérer du temps. À la longue, une meilleure organisation du travail permettra le suivi de plus de patients», a expliqué la directrice générale du CSSS de l'Ouest-de-l'Île, Suzanne Turmel au Cités Nouvelles, il y a quelques semaines.
Cette crise fait écho à celle vécue à l'échelle nationale. «On ne peut pas corriger la situation dans une année, cela prend sept à dix ans pour former un médecin», s'est défendu le candidat libéral Geoffrey Kelly, lors de l'annonce du groupe de médecins en février dernier. Il a tenu à préciser que le nombre d'étudiants en médecine au Québec a presque doublé depuis l'entrée au pouvoir des libéraux.
Photo: Jacques Pharand