Partage-Action source d’un gâchis
C’est toute une claque que le conseil d’administration de Resto-Vie Pierrefonds s’est fait servir par madame Heather Holmes, directrice du comité de distribution des fonds de Partage-Action, en coupant la subvention tant attendue de 39 000 $. L’équivalent de 35 % des subventions et des dons à l’organisme à but non lucratif.
À deux jours d’avis, est annoncé sèchement par téléphone au président du conseil d’administration de Resto-Vie le retrait de la subvention tant attendue. C’est un geste ponctuel que d’autres organismes du même genre ne font pas sans préalablement suivre un processus approprié. Par conséquent, des jeunes et des personnes âgées n’ont plus droit à ce service dit essentiel.
Depuis les six derniers mois, le conseil d’administration de Resto-Vie a pris le taureau par les cornes afin de redresser la situation. Premièrement, le directeur général n’a pas été remplacé en janvier dernier par mesure d’économie. La gestion au jour le jour était assurée bénévolement par des administrateurs qui ont fait leurs preuves dans le passé sur le plan professionnel.
Une firme comptable a mis à contribution ses compétences gratuitement afin de redresser la situation financière par la mise en place de contrôles rigoureux. Les achats, les dépenses et les ressources humaines ont été passés au peigne fin. Dans cette opération de rationalisation des dépenses, deux personnes ont été congédiées et une réduction du nombre de véhicules pour le transport a été effectuée. La dette accumulée étant de 80 000 $ a été abaissée sensiblement grâce aux nombreux efforts de maintenir les coûts au plus bas.
Sur le plan de la gestion de la cuisine, le centre nerveux de l’entreprise, a fait l’objet d’un revirement radical. On a procédé à l’embauche d’un chef compétent, remaniement du menu, choix judicieux des matières premières, amélioration du mode de production des plats cuisinés pour les enfants, ainsi que le transport des produits jusqu’aux bénéficiaires. Ceci a été fait sous la supervision de professionnels de ce champ d’action.
Le conseil d’administration de Resto-Vie composé de personnes compétentes dans le domaine de la restauration et de la gestion a été floué par des gens insensibles à une cause qui méritait de survire pour le mieux-être des moins nantis de notre société et considérant que l’entreprise procurait du travail à une douzaine de salariés qui sont, aujourd’hui, à la rue.
Une question demeure, est-ce qu’un OSBL qui est au service de gens sans moyen et opérant au sein d’une poche socio-économique faible doit être une entreprise à profit?
Les membres du conseil d’administration de Resto-Vie sont amers de cette expérience où ils ont voulu contribuer par leur charisme au mieux-être de la communauté. Quel gâchis et énergie gaspillés. Le plus triste de toute cette histoire, ce sont les victimes innocentes des décisions qui sont prises en haut lieu pour le bénéfice de qui et de quoi?
Jacques Cardinal, président du conseil et ex-maire d’arrondissement