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L'homme qui marche seul

De Roumanie à L'Île-Bizard, George Tautan-Cermeianu a la même soif des mots

Marie-Hélène Verville par Marie-Hélène Verville
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Article mis en ligne le 20 avril 2007 à 17:45
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L'homme qui marche seul
Comme une vieille maîtresse, l'écriture accompagne la destinée de George Tautan-Cermeianu depuis toujours. Photo: Jacques Pharand
L'homme qui marche seul
De Roumanie à L'Île-Bizard, George Tautan-Cermeianu a la même soif des mots
Lorsque George Tautan-Cermeianu a ouvert la porte de sa maison située dans un quartier tranquille de L'Île-Bizard, ses livres attendaient déjà sur la table de la cuisine, avec quelques coupures de presse et des photos de voyage. Le septuagénaire se penche pour donner un baisemain. L'écrivain présente son 15e roman, «L'arbre de la vie».
La table est mise pour une rétrospective de vie, à travers les livres qu'il a écrits. Car monsieur Totan-Cermeianu a commencé à écrire des livres plutôt tard dans sa vie, lui qui a été successivement journaliste, technicien dans un dépôt de locomotives, universitaire puis archiviste. Il a vécu en Roumanie sous le joug communiste et y a exercé les fonctions de journaliste, avant de se faire mettre au banc des ennemis du socialisme, après avoir traité l'Union soviétique de «pieuvre soviétique». Il s'est donc tourné vers les locomotives, après avoir vainement cherché du travail dans son domaine. Cet événement a marqué toute son histoire. «Ils [les communistes] m'ont fermé toutes les voies à la carrière de journaliste à ce moment-là», se rappelle-t-il, un peu amer. Il restera 20 ans parmi les ouvriers.

Pour l'instant, George Tautan-Cermeianu raconte l'histoire de son nouveau roman, un voyage interstellaire où se mêlent Jésus et la galaxie Andromède. «Je veux démontrer que dans les prochaines années, on pourra modifier notre corps. C'est l'idée essentielle du livre», explique l'homme, de sa voix douce. Il a touché au long de son parcours littéraire à plusieurs genres: roman policier, roman autobiographie, roman historique. Il a obtenu en 2000 le Prix du Salon international du livre d'Oradea, en Roumanie pour son livre «En attendant les sirènes».

Il est arrivé au Québec au début des années 1980, avec sa petite famille. Deux événements feront en sorte qu'il choisisse notre pays: la lecture du roman «Maria Chapdelaine» et la venue de la gymnaste Nadia Comaneci à Montréal, lors des Jeux olympiques de 1976. Monsieur Tautan-Cermeianu a eu une vie remplie aussi par la famille. Il a eu deux fils qui sont à présent à l'étranger, en Floride et en Roumanie.

Et le prochain roman? Cela fait longtemps qu'il n'a pas repris la plume, avoue-t-il. «Je suis dans une période trouble depuis la mort de ma femme, mais tout de même j'aimerais écrire un livre sur mon travail d'archiviste.» C'est l'amour de la culture qui le fait avancer malgré tout, explique-t-il.

Photo: Jacques Pharand

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