Métal… mélodieux
Groupes de musique émergeant dans l'Ouest-de-l'Île: première rencontre
Mardi soir, quatre musiciens se rencontrent autour d'une poutine grasse et juteuse. Voici le groupe Mind Kill, qui joue du métal progressif. Ils ont tous la jeune vingtaine et sont originaires de l'Ouest-de-l'Île. La réunion se déroule dans une chaotique bonne humeur. Entre les frites et le fromage, chacun y va de ses aspirations.
Mind Kill existe depuis trois ans, et se compose de Marie-Catherine Sakalauski, Pierre-Luc Nantel, Drew Virgil Bisaillon, Olivier Roussy, Nicolaï Olekhnovitch. C'est un groupe qui a connu des hauts et des bas, avec le départ et l'arrivée de nouvelles têtes. Ils ont présentement un «démo» qui tourne et rêvent d'album. «Je continue parce que j'ai espoir que le “band” peut percer. Musicalement, on est très bien structuré. Notre musique est claire à l'oreille, contrairement à certains types de métal plus bruyants. En spectacle, les gens chantent nos riffs parce qu'ils sont harmoniques.»
Celle qui parle, c'est Marie-Catherine Sakalauski, la bassiste de Mind Kill et la seule fille présente lors de la rencontre. Sa voix posée contraste avec son allure déterminée. Elle en impose, la demoiselle. «Notre métal peut plaire à d'autres personnes que celles qui ne jurent que par ce style… c'est un métal qui ne fait pas peur», explique-t-elle, le sourire en coin. La musique du groupe de l'Ouest-de-l'Île ne se rapproche pas non plus de la pop bonbon, et ses textes sont engagés. «Quand j'écris, c'est engagé, je cherche à transmettre des messages forts. Par exemple, nous avons une chanson contre les chaises électriques», explique le chanteur du groupe, Pierre-Luc Nantel. Tous les membres ont étudié la musique à un moment ou à un autre, et leurs compositions sont complexes. «Je suis un technicien [de scène]. C'est peut-être pour ça que j'aime la musique quand c'est compliqué», résume le batteur, Olivier Roussy.
Si les musiciens attablés autour sont tous d'origine francophone, ils chantent en anglais. Leurs premières influences sont du côté de la langue de Shakespeare. Et où va-t-on chercher nos inspirations lorsqu'on est un musicien «métal»? Un peu partout en vieillissant, m'expliquent-ils. La quête musicale s'est élargie avec le temps, allant même vers le disco! «On est ouvert au jazz, au vieux rock'n'roll. On aime de tout, dans le fond l'inspiration est partout. Le métal, c'est une attitude, mais on sent parfois dans nos chansons des influences du blues et du jazz», explique Marie-Catherine Sakalauski.