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Voyage au cœur d'une chanson

Groupe de musique émergeant dans l'Ouest-de-l'Île: troisième rencontre

Marie-Hélène Verville par Marie-Hélène Verville
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Article mis en ligne le 27 avril 2007 à 16:45
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Voyage au cœur d'une chanson
Garbenzo lance son premier album le lundi 30 avril à l'Espace Dell'Arte, sur Jean-Talon. L'entrée est gratuite pour tous. www.garbanzo.biz Photo: courtoisie
Voyage au cœur d'une chanson
Groupe de musique émergeant dans l'Ouest-de-l'Île: troisième rencontre
Dès les premières notes, on se sent ailleurs. Le monde de Garbanzo est ludique, acoustique et francophone. Sur la scène, il y a beaucoup de monde, jouant d'instruments aussi variés que l'accordéon, la guitare, la contrebasse, la flûte traversière, la clarinette ou le djembé.
Garbanzo fait dans la grande famille de la musique Wold-Trad et s'adresse à un vaste auditoire. Ils ont un petit côté romanichel. Sans être des puristes, ils tiennent à leur sonorité acoustique. «On a pratiqué longtemps sans micro, on peut jouer à l'extérieur, n'importe où. On a l'avantage qu'on ne fait pas mal aux oreilles avec de gros drums et des gros amplis», explique Benoit Archambault, qui écrit les textes des chansons. La bande de joyeux drilles lancera leur premier album, le 30 avril prochain, L'éléphant-phare. Ils feront d'ailleurs partie du spectacle de la Saint-Jean-Baptiste, le 23 juin prochain, à L'Île-Bizard.

À l'origine du groupe, un voyage. Martin Audi et Benoît Archambault sont partis de leur Île-Bizard natale en 2001 pour un voyage à pied, jusqu'à Halifax. La marche a duré 73 jours. «C'est là qu'on a composé des chansons, les premiers titres en fait. En marchant, on a trouvé une canne où il était écrit “Garbanzo” dessus», explique Martin Audi. Véronique Boucher l'interrompt: «Ce sont des pois chiches en passant.» «Nous, on l'ignorait. On s'est mis à chercher, on s'est dit que ce devait être un animal, ou un dieu. On a trouvé par terre un peu plus tard, un éléphant sur un médaillon. On l'a appelé Garbanzo. C'est devenu notre dieu de voyage», affirme Martin Audi.

Les autres musiciens se sont rajoutés au fil du temps, jusqu'à former le groupe actuel, composé aussi de Véronique Boucher, Marie-Noëlle Choquette, Cédrik Dessureault et Pierre-Olivier Ouellette. Quant à Garbanzo, l'éléphant aux oreilles de papillon, il trône maintenant sur le premier album du groupe.
Le prix de la liberté
Le nouvel album du groupe est autoproduit, autofinancé, autodistribué. Comme bien des groupes émergeant, Garbanzo fait avec peu de moyens, et touche à toutes les étapes, jusqu'au lancement. «Ça va avec notre philosophie. On va passer par mille chemins pour y arriver. On va passer par des chemins un peu plus ardus que les autres, mais on sait que ça vaut la peine, on va s'enrichir sur le chemin», affirme Benoit Archambault. «C'est au niveau du financement que réside la grosse difficulté», avoue Véronique Boucher.
Car si les jeunes musiciens restent positifs, ce n'est pas une situation facile tous les jours. Pour arriver à pratiquer et à s'investir à fond dans le projet d'album et de lancement, certains membres du groupe se sont tournés vers le chômage ou l'aide social. Et Véronique Boucher est une jeune maman au foyer. Sinon il aurait fallu engager du monde. Et le budget ne le permet pas.

«Ce qu'il y a de plus insultant dans ce milieu-là, c'est le fait qu'à chaque événement que tu souhaites organiser, il faut payer la relationniste, l'imprimeur, la personne qui t'a enregistré en studio, le portier, le vestiaire, le barman, tout le monde! À la fin de la soirée, toi, tu ressors avec plus rien dans tes poches. C'est pourtant grâce à toi que ce monde-là travaille!», s'insurge Véronique Boucher.

Et pour l'avenir? Le groupe rêve de tournées en France. «Notre musique est facilement exportable», croit Benoit Archambault. Véronique Boucher, la pragmatique, ajoute: «Dans cinq ans, j'aimerais que l'on soit payé pour ce qu'on fait. Sans être obligé d'aller chanter “I will survive” dans un club jusqu'à trois heures du matin»!
Cette année, Garbanzo sera en spectacle lors de la fête de la Saint-Jean, à L'Île-Bizard.

Photo: courtoisie

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