Monsieur Mulcair était l'invité d'honneur lors de la conférence annuelle de la Coalition verte.
Photo: Jacques Pharand
La Coalition verte voit grand
Parc national de l'archipel de Montréal: un rêve
En assemblée annuelle, la Coaltion verte a révélé son grand projet pour les prochaines années. Ces environnementalistes souhaitent la création d’un grand parc national dans la métropole et les environs avec ce qui reste d’espaces verts à préserver.
«Nous sommes habitués à des parcs qui soient discrets, un peu en retrait. Le concept de ce celui-ci serait original, parce qu’entrecoupé par la ville», explique Alison Hackney. En fait, selon son collège David Fletcher, l’élément qui connecterait tous ces lieux serait l’eau, que ce soit le Lac des deux Montagnes, ou encore une rivière comme la rivière à l'Orme, qui se trouve à l’intérieur des terres.
«Nous avons besoin de construire cette idée, note monsieur Fletcher. Pour l’instant, elle est encore à un stade préliminaire.» Selon lui, une des grandes difficultés de ce projet sera de rallier tous les groupes citoyens qui luttent de leur côté pour leur petit bout de forêt, afin de parler d’une seule voix. La Coalition verte est un mouvement qui est parti de l’Ouest-de-l’Île et il est assez connu ici, mais ce n’est pas le cas partout dans la grande région de Montréal.
Pourquoi un parc national? Selon Alison Hackney, l’histoire récente a montré que les forêts n’étaient pas toujours protégées par leur statut de parcs-nature ou régional. Voilà pourquoi le groupe souhaite que ce parc soit sous la direction du ministère de l’Environnement du Québec.
Sur l’Île de Montréal, les espaces verts protégés comptent pour environ 3 % du territoire, ce qui est très loin de l'objectif de la Stratégie québécoise sur les aires protégées, qui est de 8 %. Aux alentours de la métropole, la pression des développeurs est immense, et l’étalement urbain prend des proportions jamais vues d’année en année. Dans la seule ville de Vaudreuil-Dorion, la population a augmenté de 29,5 % entre 2001 et 2006, selon Statistique Canada. L’Île-Perrot a aussi changé de visage, et la population de la seule ville de Pincourt a augmenté de 10,8 % de 2001 à 2006. La représentante de l’Association des citoyens perrodamois a parlé mercredi soir dernier de tournant décisif pour l'avenir de cette île, voisine de l'Ouest-de-l'Île.
Le nouveau rôle de Thomas Mulcair
«Nous ne manquons pas de lois. Ce dont nous manquons c'est la volonté politique de les appliquer», a affirmé Thomas Mulcair mercredi soir dernier. L'ancien ministre libéral de l'Environnement était l'invité d'honneur lors de l'assemblée annuelle de la Coalition verte.
La salle a eu droit à un discours sur l’importance de l’Environnement et du développement durable. Il est venu livrer un message important: la volonté publique est nécessaire pour contrer les pressions des développeurs.
Le populaire citoyen de Beaconsfield a été ministre de l'Environnement sous Charest, avant qu'un remaniement ministériel le laisse simple député. L'affaire avait fait grand bruit, suite à l'annonce de la privatisation du mont Orford. Il ne s'est pas présenté aux élections de 2007. La semaine passée, il a annoncé qu’il faisait le saut en politique fédérale, au sein du NPD, la formation dont Jack Layton est le chef.
Et pourquoi pas les libéraux fédéraux de Dion qui se drape de vert? «J’ai travaillé avec Stéphane Dion, et je n'ai pas aimé l'expérience», affirmé monsieur Mulcair. Tous deux ont été ministres de l’Environnement en même temps, un au fédéral et l'autre pour Québec. «Et je n'aime pas sa façon de voir les relations entre Québec et Ottawa.» Selon lui, le NPD a un meilleur plan environnemental, et il reproche aux libéraux fédéraux de n’avoir rien fait alors qu'ils étaient au pouvoir. Et où compte-t-il se présenter? Probablement à Laval, où se situe sa base militante, mais rien n’est certain pour l’instant.
Photo: Jacques Pharand