OTTAWA - A l'instar d'un bon nombre de fêtards, le service de police national du Canada entreprendra l'année 2009 avec à l'esprit une liste de résolutions sincères et un réel désir de s'améliorer.
La bonne nouvelle, c'est que la gueule de bois de fin d'année pour la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sera bien moins pénible que les malaises entourant quelques controverses récentes.
La liste des objectifs à atteindre au cours de la prochaine année, cependant, donne à réfléchir.
En 2008, la GRC a lancé une opération de transformation visant à moderniser une institution canadienne en lambeaux et à restaurer le sens de la fierté au sein de ses membres.
Cette opération a été lancée au moment même où des défis se pointent à l'horizon pour cette vaste organisation comptant 26 000 agents appelés à tout faire, de la remise de contraventions pour excès de vitesse à l'arrestation de terroristes internationaux.
Une crise économique mondiale a forcé le gouvernement fédéral à revoir à la baisse les augmentations salariales qu'il avait prévues pour les agents de la GRC.
Cette décision a été prise alors que la GRC tente de garder ses membres expérimentés et d'attirer suffisamment de nouvelles recrues pour combler des centaines des postes laissés vacants ou sur le point de l'être en raison de départs à la retraite.
Le sergent Brian Roach, un représentant syndical pour les dossiers concernant les relations de travail, croit que les compressions fédérales n'aident pas à la rétention de milliers agents de la GRC admissibles à la retraite.
Il craint que la GRC soit prise au dépourvu dans l'exercice de ses fonctions lors de deux événements d'envergure internationale prévus pour 2010, les Jeux olympiques d'hiver en Colombie-Britannique et une rencontre des chefs du G8 en Ontario.
Du côté de la GRC, Keith Clark, commissaire adjoint à la tête de l'Equipe de gestion du changement, a reconnu l'importance d'avoir suffisamment d'agents pour effectuer le travail.
"Je m'inquiète en effet un peu qu'on perde des agents d'expérience, a-t-il affirmé. Je pense que cela met davantage de pression sur notre système de recrutement pour s'assurer que nous puissions avoir les ressources dont nous avons besoin pour remplacer les départs à la retraite."
Les pressions pour que des changements profonds soient apportés au sein de la GRC sont devenus impossibles à ignorer au fil des années.
Certains critiques ont dit que les agents de la GRC ont été incapables de faire face aux exigences du maintien de l'ordre moderne.
Il y a un peu plus d'un an, un groupe de travail s'est penché sur le service de police national et a demandé que des changements majeurs soient apportés au niveau de la structure, de l'indépendance et de la surveillance de la GRC.
Selon l'avocat David Brown, qui a dirigé l'étude, la GRC était embrouillée dans une bureaucratie et elle avait besoin de davantage d'autorité pour gérer son personnel et son budget.
Pour s'attaquer à ces problèmes, le rapport du groupe de Me Brown, intitulé "Rétablir la confiance", a proposé un série de recommandations sur des sujets allant du recrutement aux évaluations de performance, en passant par les relations publiques et l'éthique.
Le commissaire de la GRC, William Elliott, avait alors même indiqué que la GRC devait changer.
Keith Clark assure que les efforts pour réformer la GRC ont déjà été entrepris, mais que bien du travail reste à faire.
"Je pense qu'une part du travail le plus important que nous allons accomplir pour le bénéfice à long terme de la GRC ne fait que commencer", a-t-il affirmé.
Mais malgré l'accent mis sur l'avenir du service de police national, les souvenirs de quelques controverses ont continué à hanter la GRC en 2008.
La GRC a ainsi terminé l'année sans que des accusations ne soient déposées dans l'affaire entourant Maher Arar, un citoyen canadien qui a été torturé en Syrie sous de fausses accusations.
Une enquête sur l'emprisonnement de trois Canadiens arabes à l'étranger a déterminé que les informations divulguées par la GRC avaient joué un rôle dans la torture des trois hommes.
Enfin, des questions persistent concernant la mort de Robert Dziekanski, un immigrant polonais mort à l'aéroport international de Vancouver après avoir reçu des décharges de pistolet électrique d'agents de la GRC.
M. Clark croit que la GRC doit mieux communiquer, à la fois à l'interne et avec les médias et le public. Il assure toutefois que les membres de la GRC à travers le pays partagent maintenant leurs idées et contribuent à la transformation du service de police.
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