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Des citoyens en colère veulent que Mirabel reprenne du service

Presse Canadienne Article mis en ligne le 8 mai 2008 à 0:00
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MONTREAL - A la centaine de citoyens en colère présents à l'assemblée annuelle d'Aéroports de Montréal (ADM), jeudi, le président-directeur général James Cherry a soutenu qu'il était hors de question de fermer l'aéroport Pierre-Elliott Trudeau, à Dorval, au profit de celui de Mirabel et d'abolir tous les vols de nuit ainsi que ceux très tôt le matin, malgré les inconvénients qu'ils causent au chapitre du bruit.
M. Cherry a eu fort à faire avec ces citoyens venus de Dorval, Laval, Ahuntsic, Saraguay, Pointe-Claire ainsi que de Lachine, le maire Claude Dauphin en tête. Ceux-ci ont d'abord tenu une manifestation pour se plaindre du bruit, des vols de nuit et pour réclamer le déménagement des installations aéroportuaires à Mirabel. Ils ont ensuite monopolisé la période des questions et en ont forcé l'extension.
M. Cherry a admis que les efforts tentés depuis septembre 2006 pour que les vols gros porteurs partant ou arrivant à Dorval, entre 23h et 7h, empruntent des trajectoires susceptibles d'affecter par le bruit moins de gens, n'ont pas porté tous les fruits escomptés.
Même le nouveau corridor projeté, au-dessus de Lachine, serait sur le point d'être abandonné.
Quant aux vols qui quittent Dorval le matin, dès 6h15-6h30, M. Cherry a fait valoir que c'était le prix à payer pour que la région de Montréal demeure reliée au reste du réseau aérien. A titre d'exemple, un voyageur qui quitte Dorval vers Toronto a accès là-bas à 32 correspondances, a-t-il dit. "C'est important que Montréal soit reliée au reste du monde. Voulez-vous que nous soyons coupés du reste du réseau?", a demandé M. Cherry aux citoyens présents.
A la suite de remarques bien senties d'une dame qui disait représenter quelque 150 personnes d'un foyer pour personnes âgées, du côté de Saraguay, M. Cherry a admis que des appareils avaient eu des difficultés à passer plus haut que 2500 pieds dans les airs.
Il a tenu toutefois à signaler que les pratiques actuelles d'atterrissage et de décollage étaient tout à fait légales et que les efforts consentis jusqu'ici visaient à réduire le nombre de gens affectés.
Aux yeux du maire de l'arrondissement de Lachine, Claude Dauphin, "le problème tient au fait que le gouvernement fédéral a cédé l'exploitation de Dorval et Mirabel à l'entreprise privée et ne s'en occupe pas, tandis que l'entreprise privée n'est pas redevable, n'est pas constituée de gens élus".
Au sujet du projet d'un nouveau corridor aérien au-dessus de Lachine, M. Dauphin a reconnu que le conseil municipal avait été consulté, mais pas les citoyens.
"La réponse est claire, ils ne veulent pas d'un tel corridor", a indiqué M. Dauphin qui s'attend d'ailleurs à ce que l'opposition citoyenne augmente. "Ce n'est que le début parce que le trafic aérien augmente. Partout à travers le monde, on cherche à s'éloigner des centres-villes. On ferait exception au Québec?"
M. Dauphin demande au gouvernement fédéral de s'intéresser au débat et "s'il faut retourner à Mirabel, je serai le premier à donner mon appui", a-t-il dit.
A cela, M. Cherry répond que "Mirabel n'est pas la solution".
"Il faut savoir que 60 pour cent de nos vols sont d'une durée de deux heures ou moins, de sorte qu'on ne peut pas demander aux gens de se rendre à Mirabel pour un vol qui va durer une heure et demie. C'est un non sens", a-t-il soutenu.
"Les installations de Mirabel, dont le nombre de pistes, sont moindres que celles de Dorval, sont faites pour des vols internationaux et les investissements requis seraient énormes", a renchéri le président du conseil d'administration, Pierre Martin.
Quant aux vols en soirée, durant la nuit et au petit matin, il y en a une vingtaine entre minuit et 7h, dont trois sont le fait de gros porteurs. Les autres sont des avions d'affaires non soumis au couvre-feu et des avions régionaux, moins puissants, a indiqué M. Cherry.
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