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Le succès du 400e redonne à Québec sa fierté et son goût d'entreprendre

Presse Canadienne Article mis en ligne le 22 décembre 2008 à 1:00
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Le succès du 400e redonne à Québec sa fierté et son goût d'entreprendre
Paul McCartney lors de son spectacle l'été dernier sur les Plaines d'Abraham. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot
QUEBEC - Plus de 30 centimètres de neige recouvrent l'endroit sur les Plaines d'Abraham où le chanteur Paul McCartney s'est produit, l'été dernier, dans le cadre des fêtes du 400e anniversaire de Québec.
A voir l'agora naturelle de l'ancien champ de bataille ainsi ensevelie, difficile d'imaginer que plus de 260 000 personnes se sont massées là, en juillet, pour entendre l'ex-Beatles lancer son désormais célèbre "Bonsoir toute la gang", qui a enterré définitivement la controverse sur sa présence aux célébrations.
Mais la prestation du Britannique, qui a attiré la plus grosse foule à l'occasion du 400e, a aussi mis un terme aux tiraillements et inquiétudes concernant le succès des fêtes, dont l'organisation semblait incapable de se défaire depuis près d'un an.
Faisant le bilan du spectacle de McCartney, quelques jours plus tard, le directeur général de la Société du 400e, Daniel Gélinas, soulignait d'ailleurs qu'il constituait un point tournant.
"McCartney, c'est un bonus qui est venu mettre effectivement la couverture sur le négatif", avait-t-il dit.
Bénéficiant d'un budget constitué de 85 millions $ de fonds publics, provenant principalement des gouvernements fédéral et provincial, l'organisation des fêtes a été l'objet d'une attention soutenue dans la capitale québécoise.
A plus forte raison lorsque le coup d'envoi des célébrations, qualifié de "ratage historique", a été suivi, en début d'année, par le départ du directeur général de la Société du 400e, remplacé par M. Gélinas.
Dans les semaines qui ont suivi, des employés ont aussi quitté l'organisation.
Des critiques sur le peu de références historiques ont incité M. Gélinas à remanier la programmation afin de mettre cet aspect plus en évidence.
Le personnage de Samuel de Champlain a repris l'avant-scène, notamment lors du spectacle du 3 juillet, qui a marqué officiellement les 400 ans de la fondation de la ville. Une agence de comédiens incarnant Champlain a été engagée, ce qui a permis de voir le fondateur de Québec lors d'événements officiels.
En mars, le maire de Québec, Régis Labeaume, avait affirmé que sans ces changements dans l'organisation, les fêtes s'en allaient "dans le mur".
Tous ces soubresauts avaient néanmoins créé une incertitude, accentuée par la dimension politique des célébrations.
L'absence du premier ministre Jean Charest à La Rochelle, où la gouverneure générale Michaëlle Jean a donné le coup d'envoi du volet français des festivités, en mai, a d'ailleurs mis le feu aux poudres.
Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, avait alors affirmé qu'il s'agissait d'un nouvel exemple de la "Canadianisation" des relations franco-québécoises, tandis que la chef du Parti québécois, Pauline Marois, soutenait que la présence de Mme Jean s'inscrivait dans une stratégie de banalisation du Québec par le gouvernement canadien.
Ces critiques ont d'ailleurs incité M. Labeaume à demander aux politiciens de toutes tendances d'observer une trêve, durant les fêtes, concernant le dossier constitutionnel.
Mais l'annonce du spectacle de Paul McCartney a tout de même ravivé la controverse, des artistes et politiciens estimant qu'un tel événement contribuait lui aussi à la "Canadianisation" des fêtes.
La prestation du Britannique, durant laquelle il s'est visiblement amusé à parler français entre ses chansons, a toutefois mis un terme aux débats, ralliant définitivement tous les camps derrière les célébrations.
Citant des statistiques de la Ville de Québec, la Société du 400e a d'ailleurs indiqué que les nombreux événements ont attiré sept millions de personnes dans la capitale québécoise, au cours des derniers mois.
Outre le spectacle de l'ex-Beatle, celui de la chanteuse Céline Dion a aussi été l'un des points d'orgue des célébrations.
Le "Moulin à images", une oeuvre audio-visuelle du metteur en scène Robert Lepage, a aussi attiré les foules. Soir après soir, les spectateurs ont pu assister à cette projection en plein air inusitée, sur des silos à grains situés dans le vieux-port de Québec.
Les congrès se sont aussi multipliés dans la ville, qui a, de plus, accueilli tous les premiers ministres des provinces lors du Conseil de la fédération, de même que les chefs d'Etat et de gouvernements francophones, à l'occasion du Sommet de la Francophonie.
Dans quelques jours, les festivités se termineront avec le passage de la nouvelle année. Le 31 décembre, un spectacle de clôture sera présenté devant le Manège militaire.
Selon Régis Labeaume, le succès du 400e est une source de fierté qui a sorti la ville du climat de morosité dans lequel l'avait laissée le départ des Nordiques, en 1995.
"Aussitôt qu'un leader se sortait le cou pour avoir une idée, il se faisait trancher le cou, a dit le maire de Québec, la semaine dernière, lors d'une entrevue. On a été pendant plusieurs années dans un état de morosité où les leaders restaient chez eux, où personne n'osait."
Cet automne, des personnalités de Québec ont notamment fait part de deux projets, soit la candidature de la ville aux Jeux olympiques et la construction d'un nouvel amphithéâtre, qui remplacerait le Colisée, où les matches de hockey des Nordiques ont été disputés.
"Les gens n'auraient pas osé rendre publiques ces ambitions-là, a dit M. Labeaume. Le nouvel environnement psychologique de Québec fait en sorte que les gens qui se cachaient avant sont sortis."
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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