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Le déficit de 30 milliards $ est une pilule difficile à avaler, selon Harper

Presse Canadienne Article mis en ligne le 19 décembre 2008 à 1:00
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Le déficit de 30 milliards $ est une pilule difficile à avaler, selon Harper
Stephen Harper a décrit le retour du Canada à un déficit comme une pilule difficile à avaler mais que celle-ci constituait un remède nécessaire pour soigner l'économie malade. LA PRESSE CANADIENNE/David Lipnowski
OTTAWA - Stephen Harper a décrit le retour du Canada à un déficit comme une pilule difficile à avaler mais que celle-ci constituait un remède nécessaire pour soigner l'économie malade.
Le premier ministre a confirmé qu'il présentera le prochain mois un déficit. Douze ans de surplus cèderont ainsi la place à un déficit de plus de 30 milliards $ -et peut-être davantage-puisque que le gouvernement a annoncé qu'il proposerait dans son budget de 2009-2010 une série de mesures visant à stimuler l'économie.
M. Harper a exprimé un certain désarroi par rapport au fait -ironique-que le Canada allait retourner dans le rouge sous sa gouverne. Il avait après tout commencé sa carrière politique en martelant que l'idée d'avoir des budgets équilibrés devait être inculquée dans la mentalité canadienne.
Il a également été l'auteur du programme électoral du défunt Parti réformiste qui stipulait qu'un gouvernement fédéral pouvait éliminer un déficit de 40 milliards $ au cours d'un seul mandat. Les libéraux y étaient parvenus quatre ans plus tard et le Canada a accumulé une série de surplus depuis.
"J'avais prévu gouverner dans d'autres circonstances", a affirmé M. Harper qui a également décrit les circonstances comme "extraordinaires".
Il a ajouté qu'il trouvait la situation particulièrement troublante en tant que conservateur mais il a souligné que sa formation d'économiste prenait le dessus sur ses préférences idéologiques.
Il a promis que tout déficit serait temporaire mais certains conservateurs de droite ont affirmé vendredi qu'ils trouvaient déplorable de voir un des leurs prendre des mesures qui feront plonger le pays dans le rouge. Ils ont également fait part de leurs doutes au sujet de la possibilité qu'un déficit ne soit que temporaire.
Harper avait lui-même répété au cours de la campagne électorale qu'il était facile de prendre l'habitude d'accumuler des déficits et qu'une fois que les gouvernements perdaient le contrôle des dépenses, il était difficile de retourner en arrière.
Tom Flanagan, un conservateur de longue date et proche de Stephen Harper, a quant à lui affirmé qu'il soutenait l'initiative, à condition que les déficits soient temporaires. Il a ajouté que l'argent pourrait aider à relancer la productivité à long terme avec des meilleures infrastructures et des travailleurs mieux qualifiés.
Il a comparé les mesures financières de 25 milliards du Canada aux sommes astronomiques dépensées par d'autres pays, comme aux États-Unis et au Japon où les gouvernements ont injecté respectivement 1 billion $ et 250 milliards $.
Lorsqu'il est question de dette, le Canada fait meilleure figure que n'importe quel pays du G-8. Son ratio de dette versus son PIB est d'environ 30 pour cent alors que celui des États-Unis se situe au-delà de 40 pour cent et ceux de l'Italie et du Japon sont de 80 pour cent.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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