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Mario Dumont et l'Action démocratique jouent encore une fois leur avenir

Presse Canadienne Article mis en ligne le 5 novembre 2008 à 0:00
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QUEBEC - En chute libre dans les sondages, marginalisés, désertés par ses députés, l'Action démocratique du Québec et son chef Mario Dumont joueront leur va-tout ces cinq prochaines semaines.
Le refrain n'est pas nouveau. Mario Dumont l'a entendu maintes fois depuis la création de son parti en 1994. Dans tous les cas, le jeune chef et sa formation née de la cuisse du Parti libéral du Québec ont survécu et rebondi.
Mais cette fois, la démobilisation des troupes et les sondages dévastateurs laissent penser qu'il y a réellement péril en la demeure.
En moins de deux ans, l'ADQ est passée d'un gouvernement en attente à un parti politique en pleine débâcle, qui ne peut guère espérer mieux que de sauver les meubles à la prochaine élection.
Les plus récents coups de sonde accordaient entre 14 et 17 pour cent des intentions de vote à la troupe de Mario Dumont. Les résultats lamentables obtenus par les candidats adéquistes aux élections complémentaires tenues dans la dernière année n'ont fait que confirmer la tendance.
Si les sondages devaient se révéler fidèles le jour du vote, M. Dumont se retrouvera avec autant de députés que les doigts d'une main. Aussi bien dire une catastrophe pour un parti venu aussi près de faire l'histoire à l'élection de 2007.
Après avoir fait élire 41 députés et accédé au statut d'opposition officielle, l'antichambre du pouvoir, l'ADQ n'a cessé depuis de gérer sa décroissance.
En outre, les dernières semaines ont été particulièrement cruelles pour M. Dumont. Deux obscurs députés effarrouchés par les sondages ont fait défection pour se joindre aux libéraux de Jean Charest, espérant ainsi accroître leur chance de réélection.
Comme si ce n'était pas suffisant, Mario Dumont a aussi perdu à toutes fins utiles son bras-droit, Gilles Taillon, qui ne sera pas candidat dans la circonscription québécoise de Chauveau, l'une des seules encore relativement "prenables" pour l'ADQ.
Le porte-parole de l'opposition en matière de finances souhaite se porter candidat dans l'Outaouais où il réside avec son épouse malade. S'il ne quitte pas "officiellement" la politique, M. Taillon ira se faire harakiri dans une région où les chances d'élection de l'ADQ sont quasi-nulles.
Pour "sauver" Chauveau, M. Dumont a convaincu l'ancien correspondant parlementaire de TQS, Gérard Deltell, de tenter sa chance en politique.
Pour l'heure, M. Deltell est l'un des seuls candidats vedettes de l'ADQ. Personnage coloré, parfaite incarnation de la politique proche du peuple, l'ancien journaliste du "Mouton noir" devra sortir bien des lapins de son chapeau durant la campagne pour rebâtir le lien de confiance entre la population et son parti.
En 20 mois, l'ADQ a eu bien du mal à incarner une opposition officielle digne de confiance aux yeux du public.
L'absence de Mario Dumont en pleine crise budgétaire et la décision mal avisée de vouloir "faire tomber le gouvernement" sur la question des commissions scolaires ont porté, dès les premiers mois du dernier mandat, un dur coup à la crédibilité de la formation.
Puis est venue l'étiquette de girouette idéologique accolée à Mario Dumont par ses adversaires libéraux, étiquette dont le leader adéquiste a encore du mal à se débarrasser.
La côte s'annonce abrupte. Moins de deux ans après avoir relegué le Parti québécois au rang de tiers parti pour figurer comme première aspirante à la gouverne de l'Etat, l'ADQ est revenue à la case départ et joue, encore une fois, sa survie.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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