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Crise à Ottawa: Marois soutient que le Bloc a permis d'arracher 1 milliard $

Presse Canadienne Article mis en ligne le 1 décembre 2008 à 0:00
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ST-CHARLES-BORROMEE - Le Bloc québécois a permis au Québec de faire des gains de plus de 1 milliard $ en acceptant d'appuyer le gouvernement de coalition des partis d'opposition à Ottawa, a déclaré la chef péquiste Pauline Marois.
En tournée électorale lundi à St-Charles-Borromée, près de Joliette, Mme Marois ne s'est pas offusquée que le chef bloquiste Gilles Duceppe s'allie ainsi au chef libéral démissionnaire Stéphane Dion, qui devrait diriger ce gouvernement de coalition jusqu'à ce qu'il quitte son poste en mai prochain.
"M. Dion a déjà été jugé. Il s'en va. Les Québécois ne lui ont pas fait confiance. Ce n'est pas de lui dont nous parlons, mais des intérêts du Québec. On ne va pas sacrifier 1 milliard $ parce que Dion va être là pendant cinq mois", a lancé Mme Marois, avant de prononcer une allocution devant des militants.
Selon elle, le Bloc québécois a fait preuve de pragmatisme et de sens des responsabilités en obtenant des gains pour le Québec tout en évitant que la crise à Ottawa ne débouche sur une nouvelle élection fédérale qui aurait exaspéré les Québécois.
"Le Bloc québécois a fait plus en quelques jours (pour les intérêts du Québec) que Jean Charest en six ans. Le Bloc s'est tenu debout à Ottawa alors que M. Charest était à genoux", a affirmé la chef péquiste.
Elle a insisté sur le fait que le gouvernement de coalition annulera la réforme des paiements de péréquation prévue par le gouvernement Harper, qui aurait entraîné une réduction de 1 milliard $ de la somme versée au Québec.
Il présentera aussi des mesures de stimulation de l'économie et annulera les compressions fédérales en culture ainsi qu'en développement économique régional.
Mme Marois, qui dit avoir eu des échanges avec le chef bloquiste Gilles Duceppe au cours des derniers jours sur ces négociations, estime que son partenaire souverainiste a par ailleurs bien dosé son appui, en le limitant à une période de 18 mois et en refusant de prendre part au gouvernement de coalition.
Elle ne croit pas qu'une alliance temporaire avec Stéphane Dion, qui est pourtant à l'origine de la loi sur la clarté référendaire, constitue un recul pour les souverainistes.
"J'espère que le mouvement souverainiste va en sortir plus fort parce que, quand on se tient debout, on va chercher les moyens dont on a besoin et notre objectif, c'est d'aller chercher tous nos moyens, et ça, c'est la souveraineté", a dit la chef péquiste.
Plus tôt dans la journée, avant que Jack Layton, Stéphane Dion et Gilles Duceppe ne rencontrent la presse pour confirmer la ratification de leur entente, Mme Marois s'était surtout appliquée à attaquer le chef libéral Jean Charest, qu'elle accusait de ne pas défendre les intérêts du Québec en pleine crise politique à Ottawa.
Questionnée sur les surprenants rebondissements de la crise qui secoue le parlement fédéral, la chef péquiste a reproché au chef libéral d'être demeuré muet depuis la présentation de l'énoncé économique du gouvernement conservateur, qu'elle juge désavantageux pour le Québec.
"Tout d'un coup, il est disparu, M. Charest, il n'a plus rien à demander (au gouvernement fédéral). Où est-ce qu'il est M. Charest pour défendre nos intérêts?", a martelé Mme Marois, avant de visiter un centre jeunesse à Montréal.
Devant l'éventualité que le Bloc québécois appuie un gouvernement de coalition mené par M. Dion, elle avait laissé tomber: "si le Bloc québécois peut obtenir des choses pour le Québec alors que Jean Charest est à genoux, c'est le Québec qui doit sortir gagnant de ça".
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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