OTTAWA - La prorogation de la Chambre des communes ne ferait que reporter l'inéluctable défaite du gouvernement minoritaire de Stephen Harper, ont estimé un constitutionaliste et un analyste politique, lundi.
Si Stephen Harper décide de proroger les Communes, il fuit la situation, a affirmé Ned Franks, professeur émérite de l'Université Queen's, en Ontario, et l'un des constitutionalistes les plus respectés au pays.
"Stephen Harper peut bien courir, mais il ne peut se cacher", a-t-il ajouté.
"Je ne vois aucun mérite dans une telle décision", a pour sa part lancé Allan Tupper, professeur en science politique à l'Université de Colombie-Britannique.
Aucun de ces deux universitaires ne voit une solution, qu'elle soit politique ou de procédure, qui puisse sauver le gouvernement de Stephen Harper face à des partis d'opposition unis et en colère.
Habituellement, la prorogation de la Chambre des communes met un terme à une session après qu'un gouvernement ait complété son programme électoral. Cela lui permet de gagner du temps afin de proposer de nouvelles politiques et de préparer un discours du Trône en vue d'une nouvelle session.
Mais dans ce cas-ci, la prorogation reporterait un vote de censure et, partant, la chute du gouvernement.
La signature de la Gouverneure générale du Canada est requise pour proroger la Chambre des communes.
Or, Michaëlle Jean est actuellement en visite d'Etat en République tchèque et son retour est prévu pour samedi. Le personnel de Mme Jean a cependant indiqué qu'elle suivait la situation de près et qu'il y avait un plan au cas où elle devrait revenir rapidement au Canada.
Selon Ned Franks, un retour prématuré de la Gouverneure générale indiquerait l'intention de Stephen Harper de proroger les Communes.
M. Franks croit que le premier ministre pourrait probablement obtenir l'approbation de la Gouverneure générale, parce qu'il n'est pas clair qu'elle puisse s'y opposer.
"A ma connaissance, la question n'a jamais été soulevée auparavant", a-t-il expliqué.
Michaëlle Jean pourrait toutefois imposer certaines conditions au gouvernement; des conditions semblables à celles en vigueur durant une campagne électorale. Ainsi, Stephen Harper ne pourrait pas prévoir de nouvelles dépenses ou faire des nominations ministérielles.
Mais Allan Tupper et Ned Franks croient que Stephen Harper devrait plutôt travailler avec les autres formations politiques pour faire face aux problèmes économiques au Canada.
Lundi, la première session de la 40e législature ne comptait que neuf jours de travail. Si elle devait se terminer cette semaine, cette session figurerait parmi les plus courtes de l'histoire du Canada.
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